mercredi 12 aot 2020 13:16:28

Nucléaire : L’Iran poursuit son plan de réduction de ses engagements

Berlin, Paris et Londres appellent à retirer toutes les mesures

PUBLIE LE : 06-01-2020 | 23:00
D.R

L'Iran a annoncé, dimanche dernier, ce qu'il a présenté comme la «cinquième et dernière phase» de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire, affirmant qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses».

L’ annonce de Téhéran intervient dans un climat de tensions accrues entre les Etats-Unis et Téhéran après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué vendredi dernier par une frappe aérienne américaine à Bagdad. Dans un communiqué, le gouvernement iranien indique néanmoins que «la coopération de l'Iran avec l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui soumet son programme nucléaire à un strict contrôle, NDLR) se poursuivra comme avant». Le gouvernement explique qu’»en conséquence» de sa décision sur les centrifugeuses, «il n'y a plus aucun obstacle entravant le programme nucléaire de la République islamique d'Iran sur le plan opérationnel», qu'il s'agisse de «la capacité à enrichir l'uranium, du niveau d'enrichissement de l'uranium, de la quantité de matériau enrichi, ou de la recherche et développement». Téhéran ajoute cependant que «le programme nucléaire de l'Iran continuera désormais uniquement sur la base des besoins techniques du pays».   
Jusqu'à présent, la République islamique a toujours indiqué avoir besoin d'enrichir l'uranium à hauteur d'environ 5%, pas plus, niveau suffisant pour produire le combustible nécessaire à la production d'électricité dans une centrale nucléaire. Le gouvernement répète en revanche qu'il est prêt à faire machine arrière à tout moment sur ses annonces. «Si les sanctions contre l'Iran, réimposées et durcies par les Etats-Unis depuis 2018, sont levées et que l'Iran bénéficie des retombées» attendues de l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015, la République islamique d'Iran est prête à revenir à l'application pleine et entière de ses engagements», indique-t-il.

L'UE «regrette profondément»

De son côté, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a déclaré, hier, «regretter profondément» la dernière annonce de l'Iran sur la levée de toute limite sur l'enrichissement d'uranium.
«La mise en œuvre complète de l'accord sur le nucléaire par tous est maintenant plus importante que jamais, pour la stabilité régionale et la sécurité mondiale», a-t-il, en outre, indiqué sur Twitter.
Il a également affirmé «travailler avec tous les participants sur la voie à suivre». Le haut représentant a souligné que l'UE s'appuierait sur le travail de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) pour évaluer les conséquences. «Nous devons nous fier à (elle) et voir ce que dit l'Agence internationale pour l'énergie atomique à propos des faits sur le terrain», a expliqué Peter Stano, son porte-parole, lors d'un point presse quotidien.
Dimanche dernier, Josep Borrell a lancé une invitation au ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à se rendre à Bruxelles, exhortant une nouvelle fois à la «désescalade» des tensions au Moyen-Orient. «Il y a une compréhension mutuelle que l'engagement devrait se poursuivre, mais c'est aux Iraniens de nous faire savoir comment ils veulent procéder», a dit Peter Stano. Le porte-parole a également souligné qu'»il y avait beaucoup d'activité, beaucoup de coups de téléphone».

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Berlin, Paris et Londres appellent à retirer toutes les mesures
 
L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé, dimanche dernier, l'Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2015, alors que Téhéran vient d'annoncer qu'il s'affranchissait de toute limite sur l'enrichissement d'uranium. «Nous appelons l'Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l'accord nucléaire», ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Jonhson. L'accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d'intenses négociations entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l'Allemagne. L'Iran s'y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales. Mais en 2018 le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord et le rétablissement de sanctions.   

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