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Tizi-Ouzou : Un festival du tapis pour honorer les tapissières d’Aït Hichem

Le pittoresque village d’Aït Hichem abrite du 27 juillet au 1er août le Festival du tapis, en hommage à ses femmes tisseuses qui ont fait sa notoriété, et de leur rôle dans la préservation de ce segment important du patrimoine culturel.

PUBLIE LE : 28-07-2010 | 20:57
D.R.

Le pittoresque village d’Aït Hichem abrite  du 27 juillet au 1er août le Festival du tapis, en hommage à ses femmes tisseuses  qui ont fait sa notoriété, et de leur rôle dans la préservation de ce segment  important du patrimoine culturel.         
 En effet, c’est le tapis baptisé du nom éponyme qui a fait connaître,  au-delà des frontières nationales, ce village perché à 1.200 m d’altitude environ  sur une crête de Aïn El Hammam, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tizi-Ouzou.          
Sa renommée, ce village la doit, incontestablement, à ses tisserandes,  ces femmes aux doigts de fée qui se sont ingéniées à conférer une beauté à ce  produit artisanal, tout en lui permettant de préserver son authenticité et de  traverser des siècles sans subir la moindre ride.          
Dès leur jeune âge, les filles d’Aït Hichem sont initiées au tissage,  représentant leur ressource de vie, voire même leur raison d’être.         
 Enseigné de mère en fille, ce métier constitue également, pour ces  gardiennes de valeurs ancestrales, un moyen d’expression de leurs sentiments  de femmes, guère avantagées par les dures conditions de vie dans cette région  montagneuse.          
Derrière la beauté esthétique du tapis se cache, en effet, de lourdes  peines et souffrances, souvent refoulées par ces braves femmes, mais qu’elles  s’évertuent d’exprimer discrètement et d’une manière artistique pour s’extérioriser  tout en gardant leur dignité. En attestent ces motifs berbères qu’elles confectionnent  patiemment derrière leur métier à tisser, pour donner forme à autant de symboles  chargés de sens.          
A travers ces motifs de décoration du tapis, les tisseuses ne font,  en vérité, que traduire leur dure condition féminine.           
Tout en ourdissant la laine, elles chantent de longues complaintes (Ichawiqen)  pour se donner courage et avancer dans la besogne.          
Le tissage est un métier fastidieux, nécessitant l’accomplissement de  plusieurs étapes pour donner corps au produit souhaité, dans ses multiples gammes,  dont les plus célèbres sont "Aavane" et "Akhellal".
Des modèles uniques d’anciens tapis sont encore conservés par des familles.          
De cachet typiquement berbère, le tapis d’Aït Hichem se singularise  par la richesse de ses motifs, porteurs d’une symbolique aussi riche de messages,  et dont l’histoire raconte le vécu des femmes tisseuses.

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