samedi 18 janvier 2020 14:15:19

Discours à la nation du président Tebboune : Une feuille de route pour l’Algérie nouvelle

Tourner la page des différends, de la désunion et de la discorde

PUBLIE LE : 21-12-2019 | 0:00
Ph. : Billal

Pour son premier discours à la nation, à l’issue de sa prestation de serment, le président élu Abdelmadjid Tebboune a agréablement surpris l’opinion par sa façon de secouer l’ordre établi, convergent à le constater  de nombreux analystes et commentateurs politiques.

Abdelmadjid Tebboune entre déjà dans l’histoire en décrétant la suppression, voire le bannissement du  prédicat «fakhamatouhou». De cette première décision à forte portée symbolique, le message à retenir n’est autre que celui certifiant, d’une manière quasi solennelle et surtout officiellement admise, la fin du régime déchu.
La nouvelle ère est donc effectivement engagée avec ses nouvelles mœurs et pratiques politiques par lesquelles tout commis de l’État se définit désormais uniquement par son rôle de responsable au service de sa patrie et redevable devant son peuple, loin de tout abus de pouvoir et de  toute dérive autoritaire. C’est là d’ailleurs l’un des principaux objectifs du président élu Abdelmadjid Tebboune à travers la révision de la Constitution, un chantier qu’il compte mener dans les prochaines semaines par le biais d’une large concertation associant les experts de loi et les représentants de la société civile.
Une fois élaborée, la nouvelle mouture de la Loi fondamentale, où il sera notamment question d’un rétrécissement des prérogatives du président de la République, sera soumise à l’appréciation du  peuple par voie référendaire, comme l’a annoncé M. Tebboune, lors de sa campagne électorale. Telle qu’annoncée dans son discours de jeudi au palais des Nations, la nouvelle mère des lois permettra l’émergence d’un régime consacrant une meilleure séparation des pouvoirs, offrira davantage d’attributs au Parlement dans sa mission de contrôle de l’action de l’Exécutif, garantira les libertés individuelles et  collectives, y compris celle de manifester, et saura se distinguer, pour ainsi dire, par de nouveaux  amendements destinés à durcir la lutte contre la corruption. L’engagement du nouveau président à l’instauration de la nouvelle Algérie en parfaite concordance avec les attentes et aspirations légitimes du hirak est entier. Cela se confirme autant à travers son  discours que dans les premières décisions  qu’il a validées en sa qualité de premier magistrat du pays. L’État sera attentif aux attentes d’un changement fondamental du système.

Tourner la  page des  différends,  de la désunion et de la discorde

«Notre succès aujourd’hui est le fruit du mouvement populaire initié par notre peuple qui, par sa prise de conscience, a refusé l’effondrement de l’Algérie et de ses institutions», a souligné M. Tebboune, appelant les Algériens «à tourner la page des différends, de la désunion et de la discorde, et à œuvrer ensemble pour une Algérie stable».
«Nous sommes tous des algériens, et il n’y a pas ceux qui le sont plus que d’autres, si ce n’est l’effort sincère et loyal au service de notre chère Algérie», a également soutenu le président de la République, rappelant que «nous n’avons d’autre choix que de mettre la main dans la main pour réaliser les rêves de nos prédécesseurs, de notre jeunesse actuelle et des futures générations de l’Algérie à l’édification d’une nouvelle République forte et crainte, stable et prospère», mettant en avant l’impératif de ne jamais dévier de la Déclaration du 1er Novembre, «sous peine d’être ébranlés par les facteurs de la division et de la faiblesse». Voici donc les propos phare qui attestent, d’une manière claire et sans ambages, de la volonté du président de la République d’engager le processus du renouveau national en parfaite adéquation avec les attentes et les aspirations de la base citoyenne.
D’autre part, on retiendra  de ses décisions prises jeudi, celle portant la fin de fonction de Salah Eddine Dahmoune, le désormais ex-ministre de l’Intérieur, dont les récents propos avaient provoqué le courroux du Hirak. Peu avant cette décision, le président de la République a accepté la démission du  Premier ministre Nourredine Bedoui, avant de désigner le ministre des Affaires étrangères, Sabri  Boukadoum, pour assurer l’intérim à la tête du gouvernement  qu’il a chargé de poursuivre la  gestion des affaires courantes.
Ce qui est à même de confirmer la thèse selon laquelle la formation du nouvel exécutif interviendrait au terme des travaux d’ateliers que le  nouveau Président compte engager sous peu autour des thèmes traitant, notamment de l’élaboration des nouvelles moutures de lois, y compris la Loi fondamentale, des mécanismes idoines visant une meilleure promotion de la jeunesse, de la relance économique suivant un modèle diversifié et compétitif,  ou encore  des voies et moyens tendant à relever le niveau de vie des Algériens, à travers la consolidation des acquis sociaux et l’amélioration de l’Éducation et de la Santé publiques. Sans oublier le dialogue avec le Hirak populaire, également inscrit parmi les priorités du  l’heure du  nouveau Président élu.
 Karim Aoudia

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