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Boumerdès et Boudouaou : L’espoir des jeunes

C’est l’histoire de deux jeunes, amis depuis plus de 20 ans. Croisés à Boumerdès, précisément devant le centre de vote Mohamed Kerchou sis à la Cité du 11-Décembre, les deux potes débattent dans un respect envieux.

PUBLIE LE : 13-12-2019 | 0:00
Ph. Wafa

C’est l’histoire de deux jeunes, amis depuis plus de 20 ans. Croisés à Boumerdès, précisément devant le centre de vote Mohamed Kerchou sis à la Cité du 11-Décembre, les deux potes débattent dans un respect envieux. L’un, Djamel, affirme n’avoir jamais voté. Un scrutin libre est à ses yeux «une chimère» en dépit des garanties fournies. L’autre, Mohamed, brandit déjà sa carte truffée de cachets et essaie de le convaincre. D’un ton presque professoral, il justifie son choix et affirme l’assumer. Pour lui, voter c’est éviter à l’Algérie de «sombrer dans un vide constitutionnel». La discussion a duré quelques minutes, et dans un fair-play exemplaire, chacun des deux amis a fini par reprendre son chemin. Le premier regagne son domicile, le second, tout sourire, choisit son candidat.
A l’intérieur du centre, après vérification de notre identité, on passe d’un bureau à l’autre. Un jeune couple par-ci, une septuagénaire par là, les votants rencontrés espèrent tous «des lendemains meilleurs à l’Algérie». Les plus âgés, à l’image de aâmi Mouloud, cloué dans son fauteuil roulant, pensent aux jeunes générations. Bercés par les dessins arc-en-ciel des bambins, le centre étant une école primaire, ainsi que des formules nous rappelant que les noms propres prennent une majuscule, on passe une bonne dizaine de minutes d’un bureau à l’autre. Côté organisation, tout se déroule dans les normes. Sollicité, Amraoui Abderrahmane, chef du centre, affirme qu’à 10 heures, 79 votants sont enregistrés sur un total de 2.792 inscrits, soit un taux de 2,82%. Dehors, les boutiques sont ouvertes, la circulation fluide. Plus loin, à quelques encablures, on s’arrête devant le centre du 1er-Novembre jouxtant le siège de la radio locale. Et ce n’est qu’après plusieurs minutes, que l’accès nous a été accordé. A 14 heures, les statistiques données par le responsable du centre, joint au téléphone, indiquent un taux de participation de 9%. Les votants sont répartis sur 12 bureaux dotés de 78 encadreurs. Au milieu d’une discussion avec l’une des rares femmes ayant accepté de nous livrer son opinion, un groupe d’hommes, 6 au total, commentent le déroulement du scrutin. «Tout se passe bien. En dépit d’une situation politique marquée par des tensions accrues, notre wilaya pourra atteindre, sinon approcher, le taux de l’élection de 2014 qui était de 39,19%», souligne Salah, retraité ayant exercé durant sa carrière dans le domaine pétrolier.
Les cadrans de la montre indiquent 11h30. Direction centre de vote frères Boudjdour. La participation semble meilleure. A 11h15, un taux de 12,63% est atteint. «Avec les élections, j’ai noué une relation de fidélité. Je n’ai jamais manqué un rendez-vous», indique un électeur.  Et les jeunes ? Absents ? Abstentionnistes ? A l’extérieur, dans les cafés et restaurants, la discussion bat son plein sur les matchs de foot européens qu’ils revivent minute par minute. Folie footballistique !  Exception, l’on distingue un adolescent, démarche féline, qui ne veut pas attendre la dernière minute. «Plus qu’un devoir, le vote est une obligation». De la bouche d’un étudiant, à son 20e printemps, né un mois après l’horrible assassinat de son père, policier, par les groupes terroristes, les mots prennent tout leur sens.              
Fouad Irnatene
 

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