lundi 06 avril 2020 04:03:30

Des événements qui ont constitué la proclamation «solennelle» de l’indépendance

Les manifestations du 11 décembre 1960 ont été, après 6 ans de guerre, la proclamation «solennelle» de l'indépendance de l'Algérie, a relevé Larbi Alilat, membre du réseau d'Alger lors de ces manifestations à Belcourt, actuellement Mohamed-Belouizdad.

PUBLIE LE : 12-12-2019 | 0:00
D.R

Les manifestations du 11 décembre 1960 ont été, après 6 ans de guerre, la proclamation «solennelle» de l'indépendance de l'Algérie, a relevé Larbi Alilat, membre du réseau d'Alger lors de ces manifestations à Belcourt, actuellement Mohamed-Belouizdad. «Si le 1er novembre 1954 a été le déclenchement de la guerre de libération, le 11 décembre 1960 la proclamation solennelle de l'indépendance de l'Algérie», a souligné dans un entretien à la presse en 2010, Larbi Alilat, un des membres du réseau «El Malik» qui avait infiltré les manifestations après une réunion tenue à Belcourt la nuit du 11 décembre 1960.
«Le monde entier a su, ce jour du 11 décembre 1960, qu'il n'y aura plus de concessions. Le peuple algérien n'acceptait plus aucune autre solution que l'indépendance totale», a-t-il dit.
«Ces manifestations étaient censées accueillir le général De Gaulle, arrivé en Algérie 2 jours avant pour promouvoir, auprès du peuple algérien, son projet controversé d'élections ‘’libres pour une autodétermination’’», a tenu à rappeler M. Alilat, qui était également responsable dans la wilaya III puis dans la Wilaya IV historiques. M. Alilat a affirmé que c'est le Mouvement pour la communauté (MPC), allié de De Gaulle, qui a initié les manifestations et que le FLN n'a fait que les récupérer par la suite. Pour lui, le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), basé à Tunis, appelait les Algériens à ne pas se mêler, au début des manifestations, puisqu'il s'agissait d'une ‘’affaire franco-française’’». «Partout où De Gaule passait, la tension montait entre les Ultras, qui rejetaient le projet de ‘’l'Algérie algérienne de De Gaulle’’ et les Gaullistes qui le soutenaient», a-t-il ajouté.
«Les manifestations du 10 décembre 1960 à Belcourt étaient tellement impressionnantes, notamment après l'incendie de l'immeuble Nizière, que notre groupe, au cours d'une réunion informelle, à la Rue de la Liberté, pas loin des Halles, décida d'empêcher une victoire à 100% gaulliste», a-t-il témoigné. «Ce sont Bettouche Belkacem et son adjoint Benslimane Youcef, tous deux enfants d'Alger et anciens de la 1ère bataille d'Alger, qui se chargèrent de transmettre aux militants l'instruction de lancer des slogans dictés par le FLN, tels que ‘’Vive le GPRA’’, ‘’Vive Ferhat Abbas’’, ‘’Vive le FLN’’», a-t-il ajouté. «Nous avions eu tellement peur que de Gaulle réussisse son projet que nous n’avons pas pu rester les bras croisés», a-t-il indiqué.
Dans une conférence de presse le 12 décembre 1960 à Tunis, le président du GPRA, Ferhat Abbas, avait déclaré, rappelle-t-on, que «dans le but de tromper l'opinion internationale, le gouvernement français a voulu, de toute évidence, faire plébisciter sa politique dans notre pays».
L'armée et l'administration colonialiste, qui ont laissé se développer les manifestations et les provocations des ultras, ont tenté de susciter, par ailleurs, chez les Algériens des mouvements en faveur des statuts», avait-il dit, soulignant que le peuple algérien «avance à grands pas vers la liberté».

 

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