mardi 18 fvrier 2020 18:44:30

Sidi Bel-Abbès : La population «indigène» s’en souvient…

Dans une ville réputée pour être le bastion de la légion étrangère de par cette concentration des forces de l’occupation qui quadrillaient tous les quartiers des «indigènes», car le centre-ville abritait uniquement les colons, il était parfois difficile même de circuler sans être interpellé.

PUBLIE LE : 12-12-2019 | 0:00
D.R

Dans une ville réputée pour être le bastion de la légion étrangère de par cette concentration des forces de l’occupation qui quadrillaient tous les quartiers des «indigènes», car le centre-ville abritait uniquement  les colons, il était parfois  difficile même de circuler sans être interpellé.
La résistance urbaine à travers  son organisation a imposé un rythme tel pour mobiliser perpétuellement les troupes coloniales, décidément prises de panique et à l’affût devant l’engagement et la bravoure de ces fidaiyine qui ont développé des réseaux de soutien à la révoltions un peu partout.  Et le  quartier populaire «El Graba», ce foyer du nationalisme, a été souvent le lieu privilégié de rencontres pour échanger les informations sur une lutte et s’informer de la ligne de conduite à adopter durant cette épreuve vécue, toutefois, dans l’union et la solidarité.
C’est curieusement à partir du lieu appelé communément «Dar El Askri» (maison du soldat) que le coup d’envoi a été donné par des centaines d’habitants venus exprimer leur rejet à l’ordre établi et leur soutien à l’action du FLN, surtout que le problème algérien était plus que jamais d’actualité au plan international. La manière fut forte pour afficher une totale adhésion à une lutte et lui attribuer le caractère populaire.
La réaction de l’occupant ne s’est pas fait attendre, se rappelle Hadj Taleb, pour encercler le quartier El Graba, battre ces paisibles citoyens  et procéder à des arrestations.  «Ils ont usé de tous les moyens pour réprimer cette marche», raconte notre interlocuteur avant d’évoquer la présence de l’élément féminin également dans cette manifestation et relever son engagement. L’enfer a été vécu en cette journée hivernale mais sans pour autant atténuer de l’intensité d’un combat si nécessaire pour le recouvrement de la souveraineté.
Tout le reste du mois, se remémorent encore certains vieux nationalistes, a été consacré au contrôle de la population et du mouvement de la circulation au niveau de cette cité à la vocation commerciale. Presque un recensement de toutes les habitations fut opéré pour mieux maîtriser le flux de la foule et identifier les résidents. Des interpellations sont au quotidien effectués par les postes de police implantés aux alentours et veillant à la préservation de l’ordre colonial. Selon quelques sources, on nous signale qu’une dizaine de personnes ont été incarcérées à la maison d’arrêt de Sidi-Bel-Abbès  pour trouble à l’ordre public et rébellion.
Des incarcérations qui ont davantage mobilisé la population et conduit l’organisation urbaine de résistance à se restructurer plus, à multiplier leurs actes et semer le doute au sein des forces de l’occupation. 59 ans après, les souvenirs lancinants reviennent à la mémoire pour méditer sur l’esprit de sacrifices consentis par un peuple et évaluer ce long parcours d’une lutte menée avec foi et dans la solidarité pour que vive une Algérie libre, indépendante et souveraine. Le prix a été chèrement payé pour que nul n’oublie…
A. Bellaha

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