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Célébration de la journée du 11 décembre 1960, Annaba : Des manifestations qui ont bouleversé l’ordre colonial

Un moudjahid témoigne de la grandeur du peuple algérien et de la répression de l’occupant. 59 ans nous séparent aujourd’hui des manifestations du 11 décembre 1960 qui ont bouleversé les forces coloniales françaises, menant directement à l’indépendance de l’Algérie.

PUBLIE LE : 11-12-2019 | 23:00
D.R

 Un moudjahid témoigne de la grandeur du peuple algérien et de la répression de l’occupant. 59 ans nous  séparent aujourd’hui des manifestations du 11 décembre 1960 qui ont bouleversé les forces coloniales  françaises, menant directement à l’indépendance de l’Algérie.

Le moudjahid Mohamed Larbi Merad, 87 ans, président de l’association caritative et culturelle Safwa, se souvient de ces événements alors qu’ il occupait le  poste de  chef de la zone 6 de la wilaya II  historique à l’âge de 28 ans. il raconte comment les dirigeants de la révolution à l’époque ont réussi à donner un nouvel élan à la cause nationale à travers ces manifestations qui ont eu un impact grandissant sur la lutte de libération dans le monde entier. Les  manifestations du 11 décembre 1960 auxquelles ont participé hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, épris de liberté et lassés par le colonialisme sauvage et exploiteur, ne sont pas le fruit du hasard, narre Mohamed Larbi Merad. Pour lui, elles ont fait l’objet d’une longue préparation dans le sillage du déclenchement de la révolution du premier novembre 1954. Ce fut, en quelque sorte, une  relève au combat livré par les éléments du de l’armée de libération nationale (ALN), estime le moudjahid Mohamed Larbi Merad.
La population de l’intérieur s’est rendue compte qu’il fallait qu’elle réagisse pour soutenir les moudjahidine, et les choses se sont précipitées à l’occasion de la venue en Algérie du chef d’Etat français, le general Charles de Gaulle. Qualifiée de tournée des papotes, la visite du General de Gaulle a commencé à partir d’Ain Témouchent, à l’ouest du pays, où la population l’a accueilli par des manifestations hostiles à l’occupation coloniale française et réclamant l’indépendance du pays, relate-t-il. La réaction du peuple algérien ce jour-l lui a démontré que la combat libérateur  n’est pas terminé et le peuple algérien est toujours là. Les manifestations du 11 décembre 1960 avaient éclaté à partir de la ville de Ain Témouchent pacifiquement pour s’étendre jusqu’à Annaba, relève  le moudjahid Mohamed Larbi Merad, soulignant, à ce propos,  que ces insurrections avaient pour objectifs de créer un climat d’insécurité dans le camp de l’occupant français et de faire entendre la cause du peuple algérien dans l’organisation des nations unies (ONU).
Le peuple est sorti dans la rue pour revendiquer l’indépendance du pays et en même temps soutenir son unique représentant, le FLN. Ces manifestations ont été réprimées par les forces coloniales par l’usage des chars blindés et des artilleries contre un peuple brandissant uniquement l’emblème national, en scandant des slogans hostiles à l’occupant, tels «l’Algérie n’est pas française, l’Algérie est algérienne, vive le GPRA, le FLN et ALN». L’ennemi s’est rendu compte que ce n’était pas une simple manifestation mais un soulèvement populaire. Ces manifestations ont vu la sortie des hommes, des enfants et bien évidemment des femmes. Ces dernières étaient vêtues  de «mlaya». A cette époque, le général de Gaulle  s’est rendu compte que la politique coloniale a échoué dans un pays où pour eux le peuple est français musulman. Ces manifestations ont duré une quinzaine de jours uniquement à Annaba car ces dernières sont venues après celles de Témouchent, Alger et Constantine, raconte-t-il. C’était une onde qui s’est propagée pour embraser toute l’Algérie. Et à chaque enterrement d’un martyr, il est automatiquement suivi par des manifestations hostiles à la présence coloniale française.
Les manifestants ont réussi à entrer non seulement au faubourg mais aussi au cœur de la ville. Il y avait même des photos qui ont été  prises par des journalistes étrangers à l’époque qui témoignent sur la répression féroce des forces coloniales. On avait demandé à la population de cesser les manifestations car on avait peur de voir les manifestants tomber au champ d’honneur l’un après l’autre sous les balles assassines du joug colonial qui ne faisait aucune distinction entre hommes, femmes et enfants. On a également appelé la population pour laisser leurs portes ouvertes lors des refoulements des manifestants pour que ces derniers puissent se réfugier. On avait le soin de calmer le jeu à un moment donné car on vivait pratiquement avec eux afin que notre structure organisationnelle reste intacte. Il y a eu quand même des dégâts et des pertes humaines. Lors des manifestations du 11 décembre 1960, j’étais  à Annaba en tant que l’un des responsables de la résistance dans cette  région où j’étais affecté en mars 1960 jusqu’à l’indépendance. Je cite au passage l’un des responsables de cette région car il est m’est cher, en l’occurrence le martyr Mohamed  Salah Dehili. Ce dernier est originaire de Mila et il est tombé au champ d’honneur avec d’autres accompagnants de lutte  en cours de route, deux jours seulement avant le cessez-le feu proclamé le 19 mars 1962. L’impact était magnifique car le général de Gaulle avait échoué sur tous les plans et la politique française était en décadence. Et à partir de ce moment-là, les troupes colonialistes et les officiers français ont créé l’organisation de l’armée secrète (OAS). Ces derniers se sont attaqués aveuglement à la population et même à la politique gaulliste. C’est à partir de là que le De Gaulle avait bien compris   qu’il fallait négocier avec le GPRA à Evian. Ces négociations ont poussé l’ennemi à reconnaitre ’indépendance de l’Algérie et l’autodétermination du peuple algérien couronné par la proclamation du cessez-le-feu le 19 mars 1962.
B. Guetmi
 

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