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Conjoncture : Le pays doit changer de logiciel économique

Après des décennies de dirigisme, l'Algérie a raté sa libéralisation et sa diversification économiques. Aujourd’hui encore, «elle reste très dépendante des hydrocarbures».

PUBLIE LE : 12-12-2019 | 0:00
D.R

Après des décennies de dirigisme, l'Algérie a raté sa libéralisation et sa diversification économiques. Aujourd’hui encore, «elle reste très dépendante des hydrocarbures». C’est la conclusion d’une contribution sur l’état actuel de l’économie algérienne publiée, hier, par Franceinfo Afrique. «A la crise politique en Algérie s’ajoute une situation économique préoccupante», écrit l’auteur de l’analyse. «Toujours très dépendant des aléas des prix du gaz et du pétrole, le modèle algérien est au bout du rouleau. L’économie algérienne est malade de sa mono-industrie, presque exclusivement tournée vers l'exploitation des réserves gazières et pétrolières», explique-t-il. Situation paradoxale, «l’Algérie se classe pourtant dans le top 10 des producteurs mondiaux de gaz et est le 3e producteur africain de pétrole». En effet, «Les hydrocarbures représentent aujourd’hui encore 95% des recettes d’exportation et 65% du budget de l’Etat». Aussi, et «Au nom de l'industrialisation, le pays a sacrifié au passage son agriculture, collectivisant les terres, avec pour conséquences une chute de la production et une forte dépendance alimentaire. Laquelle se poursuit aujourd’hui, puisque le pays importe la moitié de ses besoins en la matière». Et dans le cas de l’Algérie, «Une économie spécialisée dans les seules matières premières se heurte à des variations importantes des cours. Si les revenus du gaz sont hauts, ils permettent de subventionner les produits de base, les logements, l'école et la santé (gratuite), les routes et les trains avec un certain succès. Mais lorsque la conjoncture se retourne, comme c’est le cas depuis 2015, alors rien ne va plus», note l’analyse. Les évènements que connaît le pays depuis le 22 févier dernier ont fait que «la situation économique est encore aggravée par l'actuelle paralysie politique et par les dizaines de patrons emprisonnés, en raison d’une campagne anticorruption menée à février dernier à va-vite pour calmer l’opinion». Les conséquences directes sur l’économie sont évidentes, à travers «une baisse d’activité d’au moins 30% dans les secteurs clés du bâtiment et des travaux publics», alors que «les commandes publiques tournent au ralenti avec des risques importants de faillites et des milliers d’emplois menacés». Jusque-là, «la rente pétrolière et gazière a permis de masquer les problèmes et de calmer l’opinion par une certaine redistribution sociale. Mais pour combien de temps encore ? Avec un pétrole à 60 dollars, les caisses de l’Etat algérien se vident à grande vitesse. La conclusion ne peut qu’être évidente, «58 ans après l’indépendance du pays, l'Algérie a besoin de changer de logiciel politique et économique».
D. Akila

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