mardi 21 janvier 2020 02:22:28

Exportations algériennes vers l’Afrique : Quelle parade à l’instabilité macroéconomique ?

L’Algérie ne cesse de relever son ambition et sa détermination de conquérir le marché africain. Un travail minutieux y sera nécessaire. Les statistiques enregistrées appuient cet impératif effort à consentir.

PUBLIE LE : 12-12-2019 | 0:00
D.R

L’Algérie ne cesse de relever son ambition et sa détermination de conquérir le marché africain. Un travail minutieux y sera nécessaire. Les statistiques enregistrées appuient cet impératif effort à consentir. En 2018, les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’Afrique étaient de l’ordre de 206 millions de dollars seulement, soit 13% du montant global des exportations vers le continent noir. S’y ajoutent d’autres préalables comme l’amélioration de la logistique et l’accompagnement des banques en faveur des exportateurs. Ce marché, commente Mohamed Boukhari, économiste, est associé à des «risques élevés qu’il est impératif de prendre en considération». Par risques, l’universitaire désigne «l’instabilité macroéconomique, la méfiance envers les institutions et les retards en matière d’infrastructure». Une situation qui rend, selon lui, le soutien et l’accompagnement de l’Etat «indispensables pour juguler ces risques et permettre aux entreprises algériennes de s’implanter en Afrique». A ces défis et risques, le marché africain présente des atouts qu’il faut exploiter. La croissance qui y est enregistrée ces dernières années est un acquis irréversible, qui offre des opportunités d’investissement en dehors du secteur des matières premières.
Au niveau institutionnel, l’Algérie semble aussi réaliser l’importance des marchés africains et la nécessité de s’orienter vers ces niches. Elle envisage d’entamer des négociations avec la Communauté économique des pays d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), représentant un marché de 300 millions de consommateurs, en vue de conclure un accord commercial préférentiel entre les deux parties. Confirmant cette tendance d’aller vers l’Afrique, le ministre du Commerce affirmait que l’Algérie va orienter les exportations hors hydrocarbures vers l’Afrique, «un continent où il existe une marge de manœuvre en termes de commerce et de partenariat interafricain». A ce sujet, M. Djellab indiquait que pendant la période 2019-2020, se tiendront quelque 53 salons internationaux, dont 25 en Afrique, auxquels l’Algérie participera. Notre pays abritera, faut-il le rappeler, le premier Salon Import-Export africain «Impex-2020», du 13 au 15 avril prochain, au Centre international des conférences (CIC) à Alger.
Un évènement qui s'inscrit dans le sillage de l'accompagnement des accords douaniers interafricains ayant abouti à la création de la Zone de libre-échange continentale africaine qui érigera, selon M. Djellab, le continent en «force économique mondiale par excellence». D’autres mesures sont prises pour parvenir à une meilleure intégration économique avec le reste du continent africain. Il est question de la création de Zones économiques spéciales dans les espaces frontaliers de son Grand Sud dont l’objectif est de mettre en valeur la diversification du tissu industriel national. Par ailleurs, il y a lieu de préciser que cette conquête du marché africain nécessitera un meilleur accompagnement des PME, car les opérations d’exportation nécessitent un savoir-faire, des frais spécifiques lourds, une confrontation à de nombreux intermédiaires et une prise de risques élevés.
Fouad Irnatene

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