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Grand angle : Leçon

La certitude et les preuves que prétendaient détenir les États- Unis et qui impliqueraient la responsabilité de l’Iran dans les attaques du 14 septembre 2019 contre des installations pétrolières saoudiennes ont été battues en brèche par une enquête diligentée par l’ONU.

PUBLIE LE : 11-12-2019 | 23:00
D.R

La certitude et les preuves que prétendaient détenir les États- Unis et qui impliqueraient la responsabilité de l’Iran dans les attaques du 14 septembre 2019 contre des installations pétrolières saoudiennes ont été battues en brèche par une enquête diligentée par l’ONU. L’organisation onusienne a indiqué ne pas être en mesure de confirmer l’implication de l’Iran dans ces attaques. Le rapport semestriel du secrétaire général, Antonio Guterres, dit ceci : «À ce stade, il n'est pas en mesure de confirmer, de manière indépendante, que les missiles de croisière et les drones utilisés dans ces attaques sont d'origine iranienne et ont été transférés de façon non conforme avec la résolution 2231» ayant entériné l'accord international sur le nucléaire conclu en 2015 avec Téhéran. Des conclusions qui ne manqueront pas de conforter les autorités iraniennes qui n’ont eu de cesse de démentir les accusations portées par Washington et ses alliés européens. Mais, pour ces derniers, quoi que pouvait avancer Téhéran, «il est clair pour (eux) que l'Iran porte la responsabilité de cette attaque». Et pour cause, «il n'y a pas d'autre explication plausible», avaient-ils affirmé, dans une déclaration commune. En fait, Berlin, Paris et Londres ont fait corps commun avec Washington et Riyad, qui ont accusé Téhéran d’être derrière les attaques ayant visé les infrastructures pétrolières saoudiennes. Pourtant, les Yéménites Houthis, certes soutenus par l’Iran, avaient revendiqué ces attaques. Les enquêteurs de l’ONU ont fini par confirmer la version iranienne. C’est dire que la publication de ce rapport doit ainsi servir de leçon à ceux qui s’empressent d’accuser un pays tiers avant que sa responsabilité n’ait été prouvée. Car, le plus grave dans le cas de ces attaques, c’est qu’elles ont servi de prétexte pour la prise de nouvelles sanctions contre l’Iran et l’annonce de représailles qui pouvaient mettre la région à feu et à sang. «Les accusations constituent une action provocatrice et nuisible», avait réagi l’Iran, qui avait également mis les pays accusateurs devant leurs responsabilités. «Les pays signataires de cette déclaration devront assumer les conséquences de cette politique et mesurer ses répercussions néfastes sur la paix et la stabilité dans la région», avait averti Téhéran. La leçon sera-t-elle retenue ? Ce qui est certain, c’est que le rapport remet les pendules à l’heure. À moins que sa crédibilité soit remise en cause par ceux qui tiennent mordicus à voir la région plonger dans le chaos.
Nadia K.
 

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