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M. Gérard Aïssa Ruot, directeur du village SOS, à El Moudjahid : « Multiplier les villages à l’EST, à l’Ouest et au Sud »

"Il est nécessaire de multiplier SOS Villages et de revoir le fonctionnement de celui qui existe, notamment en termes de finances, assurées par des parrainages"

PUBLIE LE : 07-12-2019 | 23:00
D.R

El Moudjahid : Qu’est-ce qu’un village SOS  Kinderdorf et qui sont les enfants concernés par ce type d’institutions ?
Gérard Aïssa Ruot : SOS Kinderdof est une fédération d’associations  dans le monde pour la prise en charge des enfants ayant perdu le soutien familial. C’est une organisation  internationale, créée en 1949 à ISMT, en Autriche, au lendemain de la  guerre mondiale, pour répondre à  tous ces orphelins qui avaient à l’époque perdu leurs parents. Aujourd’hui, 70 ans après, le modèle est adopté par 136 pays, à travers une maman, des frères et sœurs, réunis dans un même foyer, pour empêcher l’éclatement de la famille.  
 
Pouvez-vous revenir sur  les circonstances à l’origine de  la construction du SOS Village d’enfants Algérie ?
Kinderdorf  est une organisation humanitaire qui offre aux enfants en détresse, pas seulement de la chaleur familiale, mais également l’encadrement personnalisé et un environnement  nécessaire à son épanouissement et à une insertion sociale à long terme. Nous répondons  à des besoins qui existent. C’est ainsi que l’organisation est intervenue pour construire, deux ans après le tremblement de terre  de Chlef, en 1982, le village, suite à une proposition formulée par  Kinderdorf.
Une convention a été signée, pour la  création d’un ou plusieurs villages pour enfants, privés de protection familiale, en 1985, qui a fait l’objet d’un avenant en avril 2005, rendant obligatoire la gestion et le fonctionnement des institutions en question, conformément à  la réglementation en vigueur, notamment la loi n°90- 31 portant sur  les associations, le décret du  07 février 2002 définissant le statut et les modalités de création, d’organisation et de fonctionnement des établissements et œuvres privés de bienfaisance, ainsi que le décret exécutif du 13 octobre 1992 portant organisation de l’accueil et  la garde de la petite enfance.
La gestion de  ce type de centres est confiée à  l’Organisation SOS Kinderdorf International. L’avenant n’est pas limité dans le temps, tant que les deux parties, à savoir les autorités algériennes et l’organisation, ne  dénoncent pas la convention.
Les principes de prise en charge dans les misons familiales, c'est-à-dire au village, sont fixés, pour l’âge des   enfants admis à entre 03 et 15 ans, et là déjà, y a un problème puisque de 0 à 03 ans,  ils sont censés  être pris en charge par les pouponnières,  lesquelles reçoivent, conformément  aux mêmes dispositifs réglementaires,  la petite enfance, c'est-à-dire de  0 et 06 ans.
 
Peut-on avoir une  idée sur l’organisation de la vie à l’intérieur des villages SOS, lesquels, contrairement aux foyers classiques pour l’enfance assistée, sont des espaces ouverts, dont la mission première n’est pas d’assister l’enfant, mais plutôt de lui offrir toutes les chances pour aller vers l’autonomie ?
Il faut signaler, d’abord, que dans chaque maison familiale  des villages, nous avons une mère professionnelle qui reçoit une formation de deux années, avant d’être recrutée. Elle doit également répondre  à d’autres critères d’accessibilité qui fixent  l’âge à plus de 30 ans, et la 3e année secondaire, pour le niveau d’instruction.
Il est impératif également qu’elle soit libre de tout engagement. Ceci concerne les maisons familiales. Pour la catégorie d’enfants  de 15 à 18 ans, ils sont  dans des appartements encadrés par  un éducateur.  Ici, on sépare les garçons des filles.  
A  20 ans,  les  enfants  sont indépendants et ont leur propre budgets, sans pour autant perdre l’œil  de leur éducateur de base et vont vers  l’autonomie. Généralement, ils quittent le village à  23 ou 25 ans.
 Notre devise a toujours été de faire en sorte que l’enfant vive avec sa famille biologique ou élargie tant qu’il n’est pas maltraité. Aussi, nous avons investi dans cet aspect,  à travers  le programme de renforcement des familles, pour garantir la chaleur familiale à l’enfant et sa stabilité.
 Il faut savoir qu’en  France,  par exemple, il existe 15  SOS Villages, où  près de 90% des enfants pensionnaires sont retirés aux parents par les juges, pour maltraitance.  En Algérie, depuis la création du village de Draria,  68,32% des enfants ont été réinsérés dans leur famille biologique et 10% de ceux qui sont entrés au centre sont indépendants socialement.   
Nous avons 44 petits enfants. Les parents et les pensionnaires maintiennent leur relation avec leur  mère professionnelle, la fratrie et la  communauté, même quand ils vont faire leur vie, en fondant une famille ou rejoignant le monde du travail.   Aujourd’hui, tous les enfants  quittent le village avec un diplôme universitaire ou professionnel.
Nous avons 7 professeurs pour  assurer des cours de soutien, en externe, et 3 autres en mode interne, pour tous les niveaux, et 6 salles pour les cours d’une superficie de 180 m2.

Un dernier mot, pour conclure...    
Notre but est de construire d’autres villages, à l’est, à l’ouest et au sud du pays, pour  offrir à tous les enfants en détresse, la possibilité de bénéficier d’une famille.   
On aimerait bien prendre plus d’enfants, mais, pour cela,  il est nécessaire de multiplier  SOS   Villages et de revoir le fonctionnement de celui qui existe, notamment en termes de finances, assurées par des parrainages.                                                                        
Propos recueillis par : S. D.

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