dimanche 16 fvrier 2020 22:04:56

Grand angle : Le fiasco sera-t-il évité ?

Plus le temps avance, plus l’impression que l’initiative allemande d’organiser à Berlin une conférence internationale sur la Libye vire au fiasco se confirme.

PUBLIE LE : 08-12-2019 | 0:00
D.R

Plus le temps avance, plus l’impression que l’initiative allemande d’organiser à Berlin une conférence internationale sur la Libye vire au fiasco se confirme. Plusieurs «détails» et pas des moindres confortent ce ressenti. En premier lieu, il y a cette incapacité à fixer une date précise pour ce rendez-vous que les Allemands préparent depuis plusieurs semaines. Prévue dans un premier temps pour fin octobre, la conférence sera annoncée dans un deuxième temps pour fin novembre, avant d’être de nouveau envisagée pour le début du mois de décembre. Et aux dernières nouvelles, elle n’aura pas lieu avant la fin de cette année, voire le début de l’année prochaine. Cette incapacité à arrêter une date prouve si besoin est le «cafouillage» qui entoure cette initiative. Cette situation est en vérité la conséquence directe de la manière avec laquelle la conférence est préparée. L’initiative allemande, de laquelle ont été exclus des parties libyennes et des pays considérés comme acteurs majeurs dans la recherche d’une solution à la crise que vit le pays depuis 2011, ne pouvait donc susciter qu’incompréhension et interrogations quant aux résultats recherchés. Et pour cause, alors que de l’avis de tous, seule une démarche inclusive était à même de faire avancer la recherche d’une solution politique à la crise, les Allemands ont opté pur un format exclusif. La Tunisie n’a pas manqué, du reste, d’exprimer sa réprobation suite à son exclusion de la conférence de Berlin. Lors de l’audience accordée fin novembre à l’ambassadeur italien en poste à Tunis, le président du parlement tunisien, Rached Ghannouchi, a révélé que «la Tunisie est déterminée à faire partie de la prochaine conférence internationale sur la Libye à Berlin». Début décembre, c’est au tour du président du Conseil présidentiel du gouvernement d’entente nationale libyen, Fayez Al-Sarraj, de souligner lors d’une réunion avec l’ambassadeur de l’Union européenne en Libye et l’ambassadeur allemand «la nécessité de la participation de tous les pays concernés par les affaires libyennes à la conférence de Berlin». Deux jours après cette déclaration, c’est au chef de la diplomatie russe de faire part de son étonnement concernant la non-invitation de parties considérées importantes. «La conférence de Berlin m'a étonné car les partis libyens et les pays voisins n'ont pas été invités, elle constitue donc à cet égard une occasion perdue», a estimé Sergueï Lavrov à partir de Rome où il a pris part au forum international de chefs de la diplomatie intitulé «Med Dialogues». «Quiconque à un lien avec la Libye, également l'Union africaine qui a été sans motif tenue à l'écart, doit être invité à la conférence de Berlin sur la Libye», avait-il souligné lors d'une conférence de presse commune avec son homologue italien Luigi Di Maio. «J'espère qu'on fera à l'avenir des progrès avec une approche plus inclusive», a-t-il ajouté. Reste à savoir si Angela Merkel est disposée à revoir sa démarche et sauver, peut-être, sa Conférence d’un fiasco, presque, certain.
Nadia K.

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