vendredi 13 dcembre 2019 15:48:54

Tribunal de Sidi M’hamed : Report du procès pour corruption

La défense réclame le report de l’examen de l’affaire pour après la présidentielle

PUBLIE LE : 03-12-2019 | 0:00
Ph : Billel

Le pôle judiciaire spécialisé près le tribunal de Sidi M’hamed a décidé, hier, le report  du procès pour corruption dans la filière du montage automobile à demain,  pour des raisons liées à l’organisation.

Une ambiance particulière régnait hier au tribunal de Sidi M’hamed. Un dispositif sécuritaire impressionnant a été mis en place, en prévision du procès d’anciens hauts responsables et de concessionnaires. Outre les éléments de maintien de l’ordre déployés dès les premières heures de la matinée, des unités de la Police judiciaire et des équipes cynophiles procédaient au contrôle des lieux.  Les éléments de la BRI (Brigade de recherches et d’intervention) étaient mobilisés à l’entrée des fourgons de transport des détenus. De nombreux citoyens étaient déjà sur place vers 7h30 du matin. « Nous sommes venus vers 5h00 du matin pour y assister », ont confié certains d’entre eux. Des étrangers, notamment des Coréens, étaient également présents. Quand la grande porte du tribunal a été ouverte vers 8h30, c’est la bousculade. L’accès au premier étage où se trouve la salle du pôle judiciaire spécialisé qui abrite le procès a été interdit.
Un cordon de policiers et gardiens relevant de l’administration pénitentiaire d’El-Harrach étaient mobilisés dans les escaliers. Ce n’est que vers 9h45 qu’on a autorisé l’accès. Et c’est la bousculade. Les citoyens, les premiers, se sont précipités vers la porte de la salle d’audience. Tout le monde voulait voir notamment les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, au box des accusés. Chacun se demandant : « Comment sont-ils devenus? Est-ce qu’ils seront menottés? »
Les policiers ont trouvé des difficultés à maîtriser la grande foule qui a refusé de suivre le procès via l’écran géant installé dans le grand hall. « Le ministre de la Justice a assuré que c’est une audience publique. Nous sommes invités pour y assister », ont clamé des citoyens. Devant la porte d’entrée à la salle d’audience, l’accès est interdit aux journalistes et aux avocats. La tension monte quand on annonce l’arrivée des accusés à la salle en absence de journalistes et certains avocats de la défense. Il s’agit des deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, des anciens ministres de l’Industrie, en l’occurrence Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda, l’ancien ministre des Transports Abdelghani Zaâlane, des trois concessionnaires Hassan Larbaoui, Ahmed Mazouz et Mohamed Bairi, tous en détention provisoire, de même que l’ex-wali de Boumerdès, Nouria Zerhouni. L’homme d’affaires Ali Haddad était également présent dans la salle. Le dispositif a été renforcé par des unités de maintien de l’ordre qui ont bouclé le hall, sommant les présents de quitter le lieu. S’ensuivit une autre bousculade. Heureusement, la situation a vite été maîtrisée avec l’intervention des officiers de la Police judiciaire et des cadres de la cellule de communication près la Sûreté de wilaya d’Alger. Ceux-ci ont vite fait d’aménager un couloir pour l’accès aux journalistes. Vers 11h30, des avocats du Collectif de la défense annoncent le report du procès d’une durée de 48 heures. Selon Me Kamel Bouguessa, avocat à la Cour suprême, qui a assisté à l’audience, ce report est expliqué par « des conditions inadéquates » pour la tenue du procès dans la sérénité. Le collectif de la défense a demandé le renvoi du procès. Le tribunal devrait examiner, lors de ce procès, plusieurs affaires liées à la corruption dans la filière du montage automobile. L’on signale l’absence des familles des ex-hauts  responsables, seul Rebbouh, le frère de l’homme d’affaires Ali Haddad, était présent.

La défense réclame le report de l’examen de l’affaire pour après  la présidentielle

Par ailleurs, les avocats du collectif de la défense ont tenu une  assemblée générale à la salle 2 à l’intérieur du tribunal. Ils ont décidé, à l’issue d’un débat houleux, de boycotter les audiences de ce procès prévu pour demain. Dans son intervention, le bâtonnier du bureau d’Alger, Me Abdelmadjid Selini, a relevé des vices de procédures, notamment dans le transfert des dossiers du parquet près la Cour suprême au tribunal de Sidi M’hamed, signalant « une précipitation » dans l’enrôlement de cette affaire.
De son côté, Me Khaled Bourayou a souligné que l’enrôlement s’est fait en une semaine « alors que le Code de procédure prévoit un délai minimum de vingt jours ». Dans son intervention, Me Khaled Berguel a indiqué que « les arrêts de renvoi ont été pris tous le même jour et les avocats n’ont pas été informés », ajoutant que ce procès sera suivi par l’opinion internationale, d’où l’impératif de réunir toutes les conditions pour un procès équitable. Les avocats étaient unanimes : programmation du procès pour après les élections présidentielles du 12 décembre. « Il s’agit de dossiers lourds, nous demandons le report pour un procès équitable », ont-ils insisté.
Me Abdelmadjid Selini a également rejeté la décision du président de l’audience de jumeler toutes les affaires en un seul procès. « Cela constitue un jugement préalable. Une telle décision ne peut être prise qu’après écoute des parties et délibération », a-t-il affirmé dans un autre point de presse.              
Neila Benrahal

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