mardi 20 novembre 2018 15:39:41

Sur les étals, les trottoirs, les camionnettes… : Les fruits ont la pêche

«Les prix affichés sont à la portée des consommateurs »

PUBLIE LE : 19-07-2011 | 19:55
D.R

Ils sont partout : sur les trottoirs, sur les camionnettes, à l'entrée des marchés et à l'intérieur. Les fruits de saison ont, cette année, « un goût particulier, celui d'un prix abordable », affirme Moussa, quelque peu surpris par les prix « bas » des fruits à Alger.

A Bab El Oued, l'un des plus vieux marchés aux fruits et légumes d'Alger, abricots, melons, pastèque, prunes et autres fruits de saison se disputent les préférences des acheteurs, et, surtout, les amateurs de corbeilles de fruits. « Moi, je préfère acheter un peu de tout : une demi-livre de prunes, de bananes, de pommes, du raisin pour constituer une bonne corbeille de fruits », indique Fares, amateur de fruits de saison. Les prix des fruits sur ce marché, l'un des plus fréquentés de la capitale pour être au cœur d'un populeux et populaire quartier, sont très abordables. La mercuriale débute avec les 20 dinars le kilogramme pour les pastèques et se termine un peu plus haut, entre 120-140 pour le raisin de table dit « gros-noir ». Tous les marchés de la capitale font en fait la « fête » aux fruits de saison, et particulièrement les moins connus, comme les nectarines (une variété de pêche) et le brugnon (une drupe qui se distingue des pêches), cueillies dans les champs de Djelfa, de Benchicao (Médéa) et même à Beni-Slimane et Bir Ghebalou. Cette année, con-sommateurs    et   commer-çants, même  les revendeurs au « noir », ceux qui vont de quartier en quartier avec leurs camionnettes, s'accordent à dire qu'il y a une abondance de fruits cette année par rapport à l'année précédente. Il y a des fruits, comme certaines variétés de raisin, qui sont même arrivés sur le marché plus tôt que d'habitude. Et ils sont là, « non plus à narguer le consommateur, mais  l'invitent  à les goûter », ajoute Fares, rappelant ces années où « les fruits étaient inaccessibles, tellement leurs prix étaient hors de portée des bourses modestes ». Les pastèques, par exemple, sont cédées entre 20 et 30 DA le kg, alors que le melon s'affiche entre 60 et 100 DA/kg, le raisin (gros-noir) se vend entre 70 et 100 DA/kg. Les prix des autres fruits tels que les abricots, très abondants cette année, les pêches, les prunes et les pommes locales oscillent entre 35 et 50 DA/kg, alors que celui des nectarines a plongé littéralement à...70 DA/kg, alors qu'il ne descendait jamais du seuil des 140 DA/kg. « Il y a eu beaucoup de fruits cette année », souligne un vendeur de fruits et légumes au marché Ali-Mellah (1er-Mai), qui reconnaît que les fruits de saison sont même arrivés à casser les prix de certains fruits importés comme la banane et les pommes. « Le prix de la banane est passé de 140 DA le kilogramme en mai à 80 DA actuellement, alors que les pommes importées, ne trouvant pas preneur, sont déshydratées et leur prix a chuté de 180  à 80 DA le kg », ajoute le même commerçant.

« Les prix affichés sont à la portée des consommateurs »
Séduits par la diversité et le goût des fruits de saison, les consommateurs « boudent indirectement les autres fruits importés », confient à l'APS des commerçants au niveau de plusieurs marchés de fruits et légumes de la capitale. « J'ai écoulé tous les fruits de saison, alors que mes bananes (importées) n'ont pas bougé. Je suis obligé de baisser le prix, quitte à perdre 40 DA », explique un jeune revendeur installé sur un trottoir en face du marché de Aïn Naâdja. L’abondance des fruits sur le marché à cette période de l'année est due en grande partie à l’entrée en production, sur une surface de 400.000 hectares, des nouvelles plantations fruitières qui concernent l’ensemble des espèces arboricoles et viticoles, indique à l'APS le directeur général de l'Institut technique de l'arboriculture fruitière et de la vigne, M. Mahmoud Mendil. « Les conditions climatiques ont favorisé cette production, bien que ces conditions aient obligé les arboriculteurs et viticulteurs à traiter plus et donc à augmenter le coût de production. Malgré cela, les prix affichés sont à la portée des consommateurs », souligne le responsable. Selon les chiffres du ministère de l'Agriculture et du Développement rural, la production des fruits à noyaux et pépins a atteint au 30 juin 2011, 3,8 millions de quintaux contre 3,4 millions de qtx à la même période la saison précédente, qui a enregistré une récolte totale de 13,5 millions de qtx contre un objectif de 11,2 millions de qtx. En terme de rendement, l'ITAFV prévoit jusqu'à 210 qtx/ha de raisin en irrigué et 50 qtx/ha en sec, 80 à 120 qtx/ha (abricots), 100 à 150 qtx/ha (en irrigué) de nèfles, 80 à 110 qtx/ha pour les prunes (en sec), 90 à 130 qtx/ha (en irrigué) pour les pêches et nectarines, 100 à 150 qtx/ha (en irrigué) pour les pommes et les poires et 30 à 50 qtx/ha (en sec) pour les figues. Selon le directeur des statistiques au ministère, M. Hocine Abdelghafour, cette abondance devrait se poursuivre durant les cinq prochaines années vu la superficie plantée, qui a atteint plus d'un million d'hectares en fruits à noyaux et pépins. M. Mendil a souligné, pour sa part, que des superficies de 13.000 et 20.000 ha sont réservées, respectivement, au développement des agrumes et de la vigne. « L'arboriculture et la viticulture bénéficient, à l'instar des autres cultures, des mesures d’accompagnement, le crédit RFIG, le crédit d’investissement Ettahadi et le crédit fédératif pour les négociants-conditionneurs et les transformateurs », a-t-il précisé.
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions