vendredi 13 dcembre 2019 15:55:48

Grand Angle : La neutralité à l’épreuve

L'Argentin, Rafael Grossi, est depuis hier à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui était dirigée par un intérimaire depuis le mois du juillet dernier, suite au décès du Japonais, Yikiya Amano, patron de cette dernière pendant dix ans. Rafael Grossi, qui a reçu le soutien de 24 membres du Conseil composé de 35 pays est le sixième chef de l'AIEA depuis sa création en 1957.

PUBLIE LE : 03-12-2019 | 0:00
D.R

L'Argentin, Rafael Grossi, est depuis hier à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui était dirigée par un intérimaire depuis le mois du juillet dernier, suite au décès du Japonais, Yikiya Amano, patron de cette dernière pendant dix ans. Rafael Grossi, qui a reçu le soutien de 24 membres du Conseil composé de 35 pays est le sixième chef de l'AIEA depuis sa création en 1957. Il prendra sa fonction au plus tard le 1er janvier 2020, mais le diplomate argentin n'y sera pas en terre inconnue. La «boite» il l'a connait pour y avoir exercé de 2010 à 2013 et même après il y était au titre de représentant de son pays. Toutefois l'Argentin sait certainement que son mandat à la tête de l'Agence ne sera pas une sinécure du fait notamment des tensions qui s'exacerbent autour du dossier iranien. Il est rappelé à juste titre que «l'Agence chargée de vérifier sur le terrain l'application par Téhéran de l'Accord nucléaire de 2015, signé avec les grandes puissances pour garantir que l'Iran ne se dotera pas de l'arme atomique est de ce fait soumise à de fortes pressions». Et pour cause, les Etats-Unis qui se sont retirés en 2018 de l'accord tentent de démontrer le bien fondé de leur démarche en ne cessant d'accuser l'Iran d'avoir violé ses engagements pris devant la communauté internationale. Le nouveau patron cèdera-t-il aux pressions américaines ? Des diplomates interrogés par l'AFP mettent en avant son «indépendance» et sa «capacité à résister aux pressions d'où qu'elles viennent». Car l'enjeu pour cette Agence aux compétences techniques est de maintenir sa réputation de neutralité dans le dossier iranien. Vendredi prochain, à Vienne, se tiendra une nouvelle réunion des représentants des pays partis à l'accord avec les responsables iraniens. Que va-t-il en sortir ? Difficile à dire. L'essentiel étant de ne pas enterrer définitivement l'accord qualifié en 2015 d’historique. Pour Ali Vaez, directeur du projet «Iran» à l'International Crisis Group : «Stabiliser l'accord de Vienne est la priorité immédiate. Les risques d'échec -d'une nouvelle crise nucléaire à une instabilité croissante au Moyen Orient- sont réels. Mais un succès pourrait constituer une base solide pour coopérer de manière constructive avec Téhéran et aborder des questions stratégiques vitales pour l'Iran comme pour l'Europe».
N. K.

 

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