vendredi 13 dcembre 2019 15:57:06

Sahel : Les limites du tout sécuritaire

Au Mali, plus de 900 civils sont morts depuis le début de l’année, en raison des violences que connaît le pays, d’après un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

PUBLIE LE : 03-12-2019 | 0:00
D.R

Au Mali, plus de 900 civils sont morts depuis le début de l’année, en raison des violences que connaît  le pays, d’après un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Alors que toute l’attention est concentrée sur le Nord du Mali, le centre du pays est en proie à une montée inquiétante de la violence et ce malgré le processus de désarmement lancé par les autorités fin 2018.
Toutefois, ce volet et l’intégration des groupes rebelles dans les forces de défense maliennes peine à être appliqué. L'accord de paix d'Alger entre le gouvernement malien et la coordination des mouvements de l'Azawed, négocié dans la capitale algérienne, a été signé à Bamako les 15 mai et 20 juin 2015. Depuis, des groupes armés, y compris radicaux, se développent. Les appels incessants de la communauté internationale pour l’application de l’accord d’Alger, dont la mise en œuvre accuse un retard significatif sur le terrain, ne semblent pas trouver urgence. Selon certains diplomates, la concrétisation dudit accord se heurte à des éléments objectifs pas toujours maitrisées sur le terrain. Terrorisme, grand banditisme, conflits tribaux, le territoire malien échappe peu à peu à tout contrôle et rend la région du  Sahel parmi les zones la plus dangereuse au monde. L’appel du président Ibrahim Boubacar Keita d’organiser le 14 décembre prochain un dialogue national inclusif traduit l’inquiétude des autorités malienne mais aussi l’importance que revêt ce rendez-vous pour les maliens qui y voient une occasion de discuter des problèmes qui assaillent le pays depuis 2012. «Je souhaite que personne ne soit laissé au bord de la route au cours de ce dialogue», a précisé le président Boubacar Keita.
Ce dialogue national, est sensé tout mettre à plat et faire un diagnostic profond de la crise malienne tout en proposant les solutions idoines, Mais la principale formation d'opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie, a déjà décliné l'invitation, car elle ne juge pas la rencontre «assez inclusive». Pour les chancelleries occidentales, l’accord d’Alger demeure encore l’assise et la voie idéale pour une stabilité pérenne dans ce pays et dans l’ensemble de la sous région. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé mercredi dernier les deux capitales, Bamako et Ouagadougou, à «agir plus» au plan politique pour rétablir la stabilité, et appliquer l'accord d'Alger pour mettre fin aux violences intercommunautaires et terroristes.
«Plus d'action politique au Mali pour que les engagements pris soient respectés, pour que la mise en œuvre de ce qu'on appelle le «DDR» (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) soit réellement acté, que les accords d'Alger, y compris dans la partie décentralisation, soient réellement mis en œuvre, que l'Etat malien revienne à Kidal et qu'il y ait une volonté commune affichée contre le terrorisme», a souligné le diplomate français. Sur le terrain, les Forces armées et de sécurités maliennes ont déploré cinq morts et des blessés, en moins de 24h, dans leurs rangs au centre et dans le nord. Dans le pays voisin, au Burkina Faso, quatorze fidèles, dont des enfants, ont été tués dimanche dernier pendant un service religieux lors de l'attaque d'une église protestante à Hantoukoura, dans l'Est.
Le tout-sécuritaire a déjà montré ses limites. L’accord d’Alger aura besoin d’un peu plus «d’engagement» pour assainir une région sensible et l’intégrer dans le circuit du développement.
M. T.

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