vendredi 13 dcembre 2019 15:48:22

Salon international du tourisme et des voyages (SITEV-2019) : Un événement et des attentes

Pour la première fois, convenons-en, une note positive pour la 20e édition du SITEV-2019, avec pour thème «l’excellence»: et cette note positive, c’est la tenue d’une telle manifestation dans un lieu nettement plus approprié, à savoir le palais de la Culture.

PUBLIE LE : 27-11-2019 | 0:00
D.R

Initialement destiné, de par sa configuration architecturale, à abriter des événements à caractère exclusivement culturel, l’édifice en question, qui présente des contours majestueux de style néo mauresque,  semble en effet se prêter de façon on ne peut plus idoine à la manifestation. Rien à voir donc avec les Pins maritimes où, lors du dernier SILA, le lieu, nonobstant quelques rarissimes aspects relativement normés, surtout du côté des stands en littérature francophone, a pratiquement été «clochardisé» dans l’ensemble et ce, particulièrement au pavillon central purement et simplement transformé, de par et d’autre des escaliers qui mènent au premier étage, en des «massalâtes» (lieux de prière), et de surcroit sur des cartons posés à même le sol... Comme si au moins une salle aménagée avec de vrais tapis de prière, ne serait-ce qu’une toute petite salle censée réservée à cette pratique cultuelle, n’existait pas, bien évidemment en dehors du grand hall. A telle enseigne, d’ailleurs, qu’on s’était demandé, l’amalgame étant frappant, si on était dans  un salon à caractère culturel ou dans une mosquée…
Cela dit, revenons-en au Palais de la Culture, où dès l’accueil nous avons été plutôt agréablement surpris. Une note positive donc pour cet édifice où l’assistance, à bien y regarder, semblait différente pour ce genre d’événement. Bien entendu dans le sens où la bi-dimensionnalité de la manifestation est tout autre : touristique d’abord, dans la mesure où le tourisme est avant tout un facteur, voire un vecteur d’ouverture sur l’altérité ; dimension culturelle aussi, en tout cas bien plus, paradoxalement, que lors du dernier SILA où, comme nous l’écrivions plus haut, c’est plutôt la dimension cultuelle —sans le «r»— qui avait prévalu. C’est à se demander si, à l’avenir, il ne faudrait pas plutôt spécialiser les salons en fonction de leur thématique et ce, afin d’éviter la prolifération du tout-venant. Et là, bien entendu, chaque lecteur avisé comprendra de quel tout-venant il s’agit…
Ce qui nous amène à un autre point positif observé au cours de ce SITEV, à savoir la présence d’écoliers en de nombreux groupes, provenant certainement de différentes écoles : très disciplinés, en rang normé, une casquette blanche ou d’une autre couleur sur leurs têtes, histoire de les distinguer entre écoles, ils ont égayé quelque peu ce salon dont on attendait beaucoup par ailleurs ; mais qui, dans le fond,  n’a que très peu innové. Il faut dire qu’au regard des éditions précédentes, on a le sentiment que la présente a été quelque peu préparée dans la précipitation.

Trop faible participation étrangère

Trois jours à peine ont ainsi été réservés à la tenue de ce salon, dont les organisateurs, au-delà de l’approximative centaine de participants nationaux, tous métiers confondus, n’auront réussi à faire participer que trois pays —Tunisie, Ethiopie, Chine— alors qu’on indique «officiellement», par ailleurs, n’en avoir enregistré que cinq. Toujours est-il que, quel que soit le nombre exact de participants étrangers, il faudra malgré tout admettre que leur participation est plutôt insignifiante durant  la présente édition ; en tout cas bien moindre que durant celle de 2018, où une dizaine de pays étrangers ont participé. Et cette participation est bien moindre encore, ne serait-ce qu’au regard des précédentes éditions qui en sont arrivées, pour certaines d’entre elles, à enregistrer jusqu’à la participation de… trente pays ! Ce qui n’est pas peu, loin s’en faut.
Pour conclure, il nous semble devoir dire une chose : Un salon comme le Sitev, destiné à promouvoir la «destination Algérie», est plus que nécessaire. Cela contribue d’abord à faire connaitre l’Algérie sous tous ses angles ; ensuite, à donner envie de la visiter.
Cependant, les images d’Epinal proposées dans les différents dépliants et revues touristiques ne sauraient, à elles seules, attirer la clientèle dans la mesure où, au-delà de la gestion de certains établissements hôteliers qui, quelquefois laisse à désirer, l’environnement humain immédiat n’est malheureusement pas encore tout à fait acquis à la chose touristique, ce qui est très préjudiciable dans la mesure où d’aucuns continuent de penser inconsidérément que c’est «haram». On retiendra malgré tout que la participation de nombreux hôtels et agences de voyages ainsi que celle des start-up ont conféré beaucoup de couleurs et d’animation à cette manifestation culturelle ; beaucoup d’espoir aussi dans la mesure où les professionnels du tourisme, de l’artisanat, de l’hôtellerie et des voyages attendent énormément de cette manifestation et de ses retombées dans la praxis quotidienne.
Kamel Bouslama

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