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Arts plastiques, «La mémoire des formes» de Marco Angelini au Bastion 23 (Palais des Rais) : Symbolisme chromatique et passé recomposé

Incidemment, c’est en visitant l’œuvre de l’artiste italien Marco Angelini, exposée jusqu’au 20 octobre au Bastion 23 (Palais des Rais), que l’on s’est posé la question à brûle-pourpoint : qu’est-ce que la beauté d’une œuvre d’art ?

PUBLIE LE : 13-11-2019 | 23:00
D.R

Incidemment, c’est en visitant l’œuvre de l’artiste italien Marco Angelini, exposée jusqu’au 20 octobre au Bastion 23 (Palais des Rais), que l’on s’est posé la question à brûle-pourpoint : qu’est-ce que la beauté d’une œuvre d’art ?

A bien y regarder, la réponse ci-après pourrait paraitre des plus simples : Fondamentalement, c’est l’esthétique qui nous apprend à chercher —et donc à trouver— la beauté au fond d’une œuvre d’art, comme un dépôt qui la constitue, ainsi qu’en nous-mêmes. Depuis belle lurette, en effet, deux siècles au moins, que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou non, notre relation à l’art d’une manière générale —aux arts plastiques en particulier— et à la beauté est déterminée par deux postulats : soit la beauté est dans l’objet, et elle existe alors indépendamment de notre appréciation, personnelle ou collective, voire de notre jugement ; soit, au contraire, il y a en nous la capacité d’éprouver la beauté d’une œuvre quelle qu’elle soit et, dans ce cas-là, notre jugement de goût est d’autant plus pur que l’œuvre n’interfère pas.
Néanmoins, derrière leur opposition logique, il ne faut pas perdre de vue que ces deux grands axes de l’esthétique d’une œuvre d’art reposent malgré tout sur des critères communs : l’autonomie des parties en présence dans la relation esthétique d’une part ; et la localisation de la beauté d’autre part.
En fait, nous nous identifions nous-mêmes comme amateurs d’art —dans de rares cas comme critiques d’art—, prêts à ressentir en notre for intérieur, au terme d’un moment spécifique de contemplation, la beauté des œuvres d’art. En face de nous, nous reconnaissons l’autonomie d’un certain type d’objet —l’œuvre d’art— qui recèle en lui des qualités définissant sa beauté. Ces qualités, nous l’admettons volontiers, peuvent évoluer dans le temps, changer selon les modes ou le genre des œuvres. Mais ce sont des qualités que l’objet possède et renferme dans ses déterminations plastiques, lesquelles donnent lieu à des configurations  du même type, de même que nous renfermons et possédons dans notre sensibilité individuelle, subjective, les facultés qui nous permettent d’éprouver les beautés de l’œuvre d’art en question.
C’est comme si l’artiste avait déjà vécu dans ces lieux…
Et c’est là où on en vient, fortuitement ou non, à l’exposition  intitulée «La mémoire des formes» de l’artiste italien Marco Angelini. Alors, que peut-on dire d’emblée de la vingtaine de toiles présentées au rez-de-chaussée, dont celles réparties sur les deux étages que compte le magnifique patio du Palais des rais ? D’abord, première impression tout à fait personnelle : l’exposition semble surréaliste dans la mesure où des œuvres, qui relèvent du post moderne, sont exposées dans un décor des plus traditionnels. En l’occurrence celles de l’artiste italien Marco Angelini. Mais, si on y regarde au second degré, on s’aperçoit, après tout, que c’est plutôt un heureux mariage, et de surcroit entre les deux dimensions à priori antipodales.
Et là, autant les organisateurs que l’artiste plasticien ne s’y sont pas trompés : l’exposition, en définitive, est bel et bien à sa place. Et quel plaisir de «se perdre » quelque peu dans le dédale des étages du palais et, de façon presque imprévisible, découvrir au fur et à mesure les œuvres de Marco Angelini, exposées ici et là, sur les murs bien entendu.
Venons-en maintenant à l’œuvre proprement dite de l’artiste italien. A bien y regarder, on comprend  pourquoi celui-ci, ainsi qu’il le laisse entendre, «compte transmettre à l’observateur le lien indissoluble qui existe entre le symbolisme chromatique d’un côté et le sens figuré des objets avec le passé (ses mémoires) de l’autre, indissociable de l’allégorie du contemporain». Il nous est ainsi indiqué, dans un «flyer» distribué, que «les œuvres font connaitre les souvenirs de l’artiste, qui font revivre le présent à travers des couleurs, des formes et concepts, des signes et des significations. Une recherche expressive dominée par les matériaux les plus disparates, principalement recyclés : fer, aluminium, papier, cellophane, polystyrène, clous, vis, bandes d’enregistrement, etc.».
Cela dit, ainsi que nous l’écrivions plus haut, il vaut mieux, pour avoir soi-même une idée du travail de l’artiste, lequel est remarquable, se rendre «in situ», autrement dit au Bastion 23 qui abrite l’exposition. On s’apercevra alors que de telles œuvres, celles de Marco Angelini, peuvent à la limite nous amener à réviser les postulats de l’esthétique. Elles peuvent, en l’occurrence, nous conduire jusqu’à modifier notre relation, jusque-là si conventionnelle, aux œuvres de l’art ancien, identifiant à nouveau, «à côté de la beauté qu’elles enferment, celles qu’elles libèrent». Jusqu’au 20 novembre au Bastion 23 (Palais des Rais).
Kamel Bouslama

 

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