jeudi 05 dcembre 2019 17:13:26

Déficit de la Caisse nationale des retraites : Sommes-nous au point de non-retour ?

Réforme de la retraite ou retraite de la réforme ? Les chiffres que vient de communiquer le ministre des Finances traduisent la difficulté à pallier le déficit de la Caisse nationale des retraites.

PUBLIE LE : 10-11-2019 | 0:00
D.R

Réforme de la retraite ou retraite de la réforme ? Les chiffres que vient de communiquer le ministre des Finances traduisent la difficulté à pallier le déficit de la Caisse nationale des retraites.

Un déséquilibre qui, prévient Mohamed Loukal, avec l'absence de réserves à court terme et la non-application de réformes à moyen et long terme, risque d’atteindre les 800 milliards DA/an en 2021 et se creusera avec une moyenne annuelle de 2,5%, voire 3% tout au long de la prochaine décennie. Depuis des années, la CNR bénéficie de plusieurs mesures décidées par les pouvoirs publics pour faire face à son déficit et répondre aux besoins.
    Jusqu’à quand la Caisse continuera-t-elle à devoir sa survie à l’assistance de l’Etat ? Aujourd’hui, le contexte diffère. A tous points de vue. «Il n'est plus possible de compter sur le concours du budget de l'Etat pour couvrir ce déficit de manière entière et permanente», affirme, formel, le ministre devant les députés.
A ses yeux, la situation économique explique relativement l'état dans lequel se trouve la CNR, et le traitement efficace et durable dudit déficit financier est tributaire de l'amélioration de la croissance économique. De son côté, Slimane Melouka, premier responsable de la CNR, indiquait que le déficit de la CNR augmente de 100 milliards de DA en moyenne chaque année, passant de 250 milliards de DA en 2015, à environ 350 milliards de DA en 2016, ensuite à 470 milliards de DA en 2017 et à 560 milliards de DA en 2018, pour se stabiliser à 610 milliards de DA en 2019. Côté experts, Mourad Goumiri, professeur associé et expert financier, précise que les données statistiques actuelles «ont complètement changé et l’espérance de vie tourne autour de 65 ans pour les hommes et 70 ans pour les femmes, et va encore en s’améliorant, du fait des politiques publiques sanitaires (progrès techniques médicaux, vaccination, couverture sanitaire, éducation des femmes, allocations familiales…)».
Cette transformation démographique substantielle, prévient-il, «va impacter lourdement le taux de croissance naturelle, d’une part, et déséquilibrer la Caisse des retraites et celles d’assurances sociales (CNAS, en particulier), d’autre part». Déplorant les politiques menées jusque-là, l’universitaire indique qu’«au lieu d’introduire des réformes justifiées par ces données, de manière homéopathique, ils ont continué à les ignorer, mettant en très grave danger les équilibres financiers des caisses de retraite, à moyen et long terme, jusqu’à arriver à les financer par le budget de l’Etat (500 milliards de DA en 2018), sans que cela représente une solution cohérente et durable pour cette situation itérative».
Sommes-nous au point de non-retour ? Pour l’universitaire, «une remise à plat complète et profonde doit être opérée à l’intérieur même de la CNR».  Objectif : «Eradiquer tous les abus multiformes qui ont été introduits dans le système des retraites (régimes spéciaux), afin de retrouver des équilibres financiers internes, à moyen et long terme, en définissant des règles justes et équitables, qui devront passer par une réduction substantielle des niveaux des retraites, pour celles les plus élevées (sans effet rétroactif) et de revenir sur un âge de départ à la retraite, raisonnable et compatible avec les équilibres financiers».     
Fouad Irnatene



 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions