jeudi 14 novembre 2019 06:16:57

18e réunion ministérielle Afrique-Pays Nordiques : la paix et la sécurité à l’ordre du jour

L’Algérie n’a cessé d’appeler les partenaires de l’Afrique à être à l’écoute des Africains et à «inscrire leurs initiatives dans la continuité des efforts africains» et non pas pour «s’y substituer», a indiqué hier à Dar Es-Salam, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Rachid Bladehane.

PUBLIE LE : 09-11-2019 | 0:00
D.R
L’Algérie n’a cessé d’appeler les partenaires de l’Afrique à être à l’écoute des Africains et à «inscrire leurs initiatives dans la continuité des efforts africains» et non pas pour «s’y substituer», a indiqué hier à Dar Es-Salam, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Rachid Bladehane. 
 
Dans son intervention lors des travaux de la 18e réunion ministérielle Afrique-Pays nordiques sur la thématique de «la promotion de la paix et de la sécurité face aux menaces locales et globales», M. Bladehane a souligné que l’Algérie «n’a cessé d’appeler les partenaires de l’Afrique à être à l’écoute des Africains et à inscrire leurs initiatives dans la continuité des efforts africains et non pas pour s’y substituer». Exprimant sa satisfaction de l’inscription de la thématique de la paix et de la sécurité aux travaux de cette réunion, en mettant fort heureusement un accent particulier sur la nécessité d’une réponse commune aux défis sécuritaires, il a expliqué que «cette approche complémentaire et intégrée est propre à imprimer aux processus de règlement des crises une plus grande efficacité et efficience en ce qu’elle permet d’unifier les objectifs au service d’un seul agenda, celui de la paix et du développement». Le secrétaire général du MAE a relevé, à cette occasion, que les tentatives d’ «exclure l’Union africaine des processus de recherche de solutions aux problèmes africains constituent une entorse au principe de coopération» consacré dans la Charte des Nations-Unies, et ne peuvent qu’éloigner les perspectives de règlement des crises, du fait notamment de l’ignorance des dynamiques sociales, culturelles et économiques propres à l’Afrique mais aussi de la lecture biaisée des défis réels et des causes profondes de la résurgence des conflits et des crises en Afrique. Rappelant que la prééminence des solutions politiques négociées et les vertus du dialogue ne sont pas à illustrer, il a réitéré la position de l’Algérie appelant «constamment à un règlement politique basé sur le dialogue inclusif et la réconciliation que ce soit au Mali ou en Libye, pays limitrophes et frères, dont la sécurité, l’unité et l’intégrité territoriale constituent une priorité de l’action extérieure de l’Algérie. Mettant en exergue également, les acquis «significatifs» engrangés par l’Afrique dans le domaine de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits et des différends, il a noté cependant que «les crises et les conflits continuent de pénaliser les efforts de développement de certains Etats africains». «De plus, l’Afrique n’a toujours pas pu venir à bout des menaces sécuritaires que constituent le terrorisme et l’extrémisme violent sévissant notamment dans la région sahélo-saharienne, la criminalité transnationale organisée et les trafics de drogue, d’armes et de personnes, ainsi que des défis globaux tels que les changements climatiques et les flux migratoires illicites», a-t-il déclaré. Selon lui, outre le manque de moyens et les lacunes en matière de capacités, «ce constat est également dû, en partie, à la multiplication des initiatives concernant l’Afrique, sans pour autant impliquer les Etats africains et les organisations du continent, en particulier l’Union africaine, ainsi que les différentes ingérences que nous continuons malheureusement d’observer dans différentes régions africaines». A ce titre, il a fait savoir que l’impact de l’insécurité et de l’instabilité sur le développement de certains Etats africains «doit nous interpeller pour redoubler d’efforts» en vue de consacrer cette approche de complémentarité qui tient compte des objectifs de sécurité et de développement. «L’action est aussi à mettre sur les efforts de l’Afrique en matière d’enracinement des pratiques démocratiques, de la protection des droits de l’homme et de la promotion de la bonne gouvernance en vue de soutenir efficacement les efforts de développement humain et socioéconomique dans le cadre de sociétés africaines prospères où toutes les franges auront leur place, particulièrement les jeunes et les femmes». 
 
L’Algérie a été à l’origine de la mise en place de mécanismes sous-régionaux efficients
 
A l’instar d’autres régions du monde, a souligné M. Bladehane, l’Afrique qui a été secouée par de nombreux conflits et qui continue de faire face aujourd’hui à de multiples défis sécuritaires qui grèvent ses budgets, ébranlent sa stabilité et hypothèquent lourdement ses efforts en matière de développement, a fait de la promotion de la paix et de la sécurité une priorité continentale. Les différents mécanismes mis en place par l’Union africaine dans le cadre de son Architecture de paix et de sécurité (APSA) en sont l’illustration parfaite. Cette architecture, mise en place grâce à la détermination des Etats africains, tient dûment compte de l’importance d’une réponse globale en matière de paix et de sécurité qui englobe l’impératif d’une veille stratégique à travers le Système continental d’alerte rapide (SCAR), d’une structure politique de prise de décision à travers le Conseil de paix et de sécurité (CPS), de la diplomatie préventive à travers le Panel des Sages et ses missions de médiation, ainsi que des moyens d’imposition de la paix à travers la Force africaine en attente (FAA) et le Fonds pour la paix. L’Afrique a aussi démontré ses capacités en matière de paix et de sécurité, notamment à travers l’ambitieuse feuille de route visant à «faire taire les armes à l’horizon 2020» ainsi qu’à travers les différents exercices militaires pour l’opérationnalisation de sa Force en attente et de sa capacité de réponse immédiate aux crises (CARIC). Outre ces actions salutaires, l’Union africaine revendique également son droit à prendre toute la part qui lui revient dans la préservation, la gestion et le règlement des conflits en Afrique dans le cadre du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies portant sur la coopération avec les arrangements régionaux. Ainsi, elle s’est toujours posée à l’avant-garde des processus de règlement des crises et a toujours apporté une contribution considérable en la matière. Concomitamment, d’inlassables efforts sont également consentis par les Etats africains et les regroupements régionaux, accroissant ainsi les capacités continentales en matière de paix et de sécurité. A ce propos, Bladehane a fait part des efforts de l’Algérie qui a été à l’origine de la mise en place de mécanismes sous- régionaux efficients dont notamment le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) et l’Unité de fusion et de liaison (UFL) qui constituent des espaces de coopération et de coordination importants dans la région. 
 
Entretien avec le vice-ministre des Affaires étrangères tanzanien
 
M. Rachid Bladehane s’est entretenu avec le vice-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération est-africaine de la République Unie de Tanzanie, Damas Ndumbaro. L’entretien, qui s’est déroulé, en marge de la 18e réunion ministérielle Afrique-Pays nordiques, a permis aux deux responsables de «passer en revue l’état de la coopération bilatérale et les perspectives de son développement, notamment dans le cadre des prochaines échéances de l’agenda bilatéral dont la tenue de la 5e session de la Commission mixte de coopération algéro-tanzanienne». Dans le même cadre, «ils sont convenus de la concrétisation de la visite en Algérie, sur invitation de M. Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères, de son homologue tanzanien M. Palamagamba Kabudi».  
S’agissant de la coopération économique, l’entretien a permis d’«explorer les secteurs potentiels de coopération, notamment l’énergie et l’agriculture, en mettant un accent particulier sur la nécessité de mettre en contact les communautés d’affaires des deux pays en vue de faciliter et d’encourager les investissements et les échanges commerciaux entre les deux pays». M. Bladehane a également abordé avec son interlocuteur «l’ensemble des questions de paix et de sécurité en Afrique, notamment la situation au Mali et en Libye. L’importance d’une implication plus active de l’Union africaine et le rejet des interférences étrangères ont été soulignés».
Les deux responsables sont convenus, par la même occasion, de «poursuivre le dialogue politique et de travailler de concert pour la réalisation des aspirations communes dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples frères».
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