jeudi 14 novembre 2019 06:04:18

sidi bel-abbès : traditions d’antan…

Une semaine durant, les soirées publiques et familiales se poursuivaient jusqu’à l’aube pour créer parfois des liens et vivre intensément dans la convivialité.

PUBLIE LE : 09-11-2019 | 0:00
D.R
Une semaine durant, les soirées publiques et familiales se poursuivaient jusqu’à l’aube pour créer parfois des liens et vivre intensément dans la convivialité. Des moments de bonheur étaient effectivement vécus à chaque célébration du Mawlid Ennabaoui Charif pour singulariser l’événement et lui attribuer de la résonance. Les anciens de Bel Abess se souviennent encore de l’animation du vieux quartier El Graba à la forte concentration populaire, dont la grande place Tahtaha s’érigeait, en la circonstance, en scène de spectacle où les troupes folkloriques, notamment Ashab El Baroud, les cheikhs et gouwels se relayaient pour rappeler avec des rythmes soutenus une épopée et enthousiasmer la foule. Des «qacidate» sur le prophète QSSL étaient reprises par des poètes comme pour inviter l’assistance à méditer sur la foi de l’homme, sa tolérance et sa conduite si exemplaire de son quotidien.
Dans les foyers, l’ambiance est toute autre avec la préparation des plats et gâteaux traditionnels pour se conformer au rite et donner de la saveur à cette manifestation qui se veut un attachement à une religion sacrée et une prière pour la solidarité et l’union de la nation. Des invitations sont, ça et là, pour fêter ensemble l’événement évocateur d’un jour de rayonnement sur l’humanité. Dans les mosquées et les zaouias, le récit du Coran et les causeries religieuses se prolongent  jusqu’à l’aube permettant aux fidèles de se concentrer sur les préceptes d’un Islam prônant les valeurs universelles et la conduite d’un envoyé du Tout Puissant si exemplaire pour imposer le respect et l’admiration. Et toute une rétrospective sur l’évolution de cette religion est faite par les théologiens et les hommes de culte pour interpeller la conscience collective sur la portée de son message dans l’union et la solidarité des peuples, l’instauration de la paix et de la stabilité, l’amour du bien et de son prochain.
Les enfants et les adolescents ne sont pas en reste de ces festivités. Ils envahissent les rues et artères de leurs cités, reprennent en chœur des chants pour exprimer leur joie ; toute l’agglomération en liesse pour commémorer El Mawlid, ce repère d’une nation musulmane. Autant de traditions jalousement préservées demeurent dans la mémoire de la cité, à l’instar évidemment du reste du pays. 
La foi guidait en fait le comportement du  commun des fidèles qui était soumis à des règles de conduite pour ériger cette date en une opportunité de rencontres conviviales où tout se confondait, à vrai dire, pour s’imprégner des valeurs du prophète . Nos pères et grand-pères évoquent avec regret ces soirées interminables de la Tahtaha, ce lieu mythique de la cité de la Mekkerra où le groupe Ashab El Baroud sous la conduite entre autres du regretté  Ami Bouhadjar faisaient vibrer la foule. Idem d’ailleurs dans les rues de Gambetta mais avec un autre style, le diwan, avec les adeptes venus de divers horizons notamment Mascara et Mohammedia qui s’adonnaient à des spectacles excitants. Il faisait bon vivre tout bonnement lors de cette célébration était mise à profit aussi pour la réconcilier les gens. Autres temps, autres mœurs, comme dit l’adage, même si la tendance actuellement, au gré de «l’implication de nombreuses associations religieuses», est à la réhabilitation de la tradition. Un retour aux sources tout bonnement…
Abbès Bellaha
  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions