jeudi 14 novembre 2019 06:13:41

célébration d’El-Maoulid Ennabaoui : au delà des aléas du temps

Même si la célébration de la fête du Mawlid Ennabaoui, coïncidant avec le douzième jour du mois lunaire Rabie El Awal, reste, aux yeux de la majorité des Constantinois, une occasion spéciale pour les retrouvailles en famille

PUBLIE LE : 09-11-2019 | 0:00
D.R

Même si la célébration de la fête du Mawlid Ennabaoui, coïncidant avec le douzième jour du mois lunaire Rabie El Awal, reste, aux yeux de la majorité des Constantinois, une occasion spéciale pour les retrouvailles en famille, l’on ne peut négliger le fait que la ferveur d’antan est de moins en moins de mise, et que la foule de chalands se fait, d’année en année, plus rare devant des étals qui, quelques jours auparavant, avaient commencé à opérer leur mue de circonstance. 

En effet, les murs tapissés, les bougies bigarrées et autres bâtons d’encens ne semblent plus, de l’avis même des commerçants, attirer la grande foule. Salah, 
63 ans, dont le magasin est situé au Khroub, déclare à ce propos :« Vu la conjoncture politique et économique, beaucoup de citoyens appréhendent la prochaine période, d’autant plus que la loi des finances qui vient d’être votée entrainera inévitablement, à ce qu’on rapporte, une augmentation des prix laquelle affecte, d’ores et déjà, de nombreux produits ». Pour notre interlocuteur, « cette donne a fait que les ménages ont préféré mettre un freiner sur à leurs dépenses, particulièrement celles qu’ils jugent facultatives ». Preuve en est, son échoppe, qui ne désemplissait pas lors de pareilles occasions, connaît une baisse de fréquentation notable, et Salah en arrive même à se demander s’il sera opportun de proposer, l’année prochaine, les accessoires qui font tellement plaisir aux enfants. «Parfois, je me dis qu’au rythme où vont les choses, cette occasion ne sera plus fêtée à l’avenir ! Il ne s’agit pas que de commerce et d’argent, mais j’ai bien peur que les Algériens, réduits à ne se préoccuper que de l’essentiel, en arrivent à se désintéresser totalement de ce type de célébration ».Même son de cloche chez les commerçants de la nouvelle ville Ali Mendjeli. Hormis l’engouement pour les pâtes traditionnelles (chekhchoukha, trida, rechta) pour l’incontournable repas du Mawlid, constaté notamment au niveau des boulangeries traditionnelles qui y pullulent, les habitants de la ville des ponts semblent de plus en plus circonspects à engager des frais supplémentaires. Au centre commercial Ritaj, les marchands de fruits et légumes se roulent les pouces, leur taux de fréquentation ayant baissé proportionnellement à la hausse injustifiable du prix des légumes, en même temps que ceux de la volaille qui ont pris, depuis des semaines déjà, des ailes. 
Dans la vieille ville de Constantine, plus précisément au niveau des venelles de la basse Souika, fief du commerce parallèle et des vendeurs à la sauvette de produits pyrotechniques, l’ambiance est également morose, et les pétards, fusées, toupets et autres feux du Bengale se font bien discrets cette fois. La crise est aussi passée par-là. Quoi qu’il en soit, même si le doux fumet du plat du Mawlid, de même que celui de la poudre noire, se fera moins présent, les garçons s’en iront invariablement s’amuser dehors, dès la fin du repas de fête, et les filles se consoleront en passant par le rituel séculaire du henné, ancré dans la mémoire collective depuis des générations. 
Issam Bouleksibat
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