jeudi 14 novembre 2019 06:15:05

Notre forum rend hommage au commandant Abderrahmane Mira : Un grand homme sans sépulture

Des échanges passionnants ont eu lieu, hier, des souvenirs ont afflué de la part des compagnons d’armes d’Abderrahmane Mira, mais aussi de ses fils, Tarek et Slimane, venus au Forum de la mémoire rendre hommage à leur père, à l’occasion du 60e anniversaire de sa mort. Le témoignage de son fils aîné Slimane, qui raconte les derniers moments du colonel Mira, était très poignant.

PUBLIE LE : 07-11-2019 | 0:00
Ph. Louiza M.

Des échanges passionnants ont eu lieu, hier, des souvenirs ont afflué de la part des compagnons d’armes d’Abderrahmane Mira, mais aussi de ses fils, Tarek et Slimane, venus au Forum de la mémoire rendre hommage à leur père, à l’occasion du 60e anniversaire de sa mort. Le témoignage de son fils aîné Slimane, qui raconte les derniers moments du colonel Mira, était très poignant.

Agé à l’époque d’à peine 12 ans, il raconte avoir entendu, impuissant, au loin, le déchirement du silence par des grenades et des rafales de fusil qui allaient emporter son père dans l’autre monde. C’était le 6 novembre 1959, vers 16h00, au confluent des rivières des Ayth Anane et Ayth M’qedem, près du col de Chellata, où le général Challe avait installé le fameux PC Artois pour diriger l’opération «Jumelles». Son fils Tarek rappellera à l’assistance le parcours de son père ; il raconte que Mira était gérant d’un bistrot à Aubervilliers après son émigration en France, et que son commerce servait de point de ralliement aux militants et aux diffuseurs de l’Algérie libre. Ses va-et-vient entre la région parisienne et Tazmalt et ses prises de position lui valurent d’être remarqué. Il entre alors, à l’instar de ses nombreux frères d’armes, en clandestinité. Et dès décembre 1954, il établit une liaison avec Krim Belkacem, Amar Chikhi et Ali Mellah dit Si Chérif. Tarek Mira rappelle que son père a assuré la lourde tâche de la sécurité des congressistes lors du Congrès de la Soummam. Il sera élevé au grade de commandant au début de l’année 1957 et envoyé à la Wilaya VI (Sahara) pour remplacer le colonel Si Chérif, «qui venait d’être assassiné ainsi que son adjoint Abderrahmane Djouadi». Vers la mi-juillet de la même année, il rentre en Kabylie. Il sera appelé par Krim Belkacem en Tunisie où il sera nommé contrôleur militaire aux frontières. Il revient en Kabylie, au moment où le colonel Amirouche était en route pour la Tunisie. Ses compagnons de lutte, à l’exemple de Djadoub Youcef, Aichouri Slimane et Dellis Abdellah, se sont tous accordés à dire que grâce à son itinéraire de combattant de la première heure et à ses qualités de meneur d’hommes impénitent, Abderrahmane Mira, promu commandant au Congrès de la Soummam en même temps qu’Amirouche Aït Hamouda, était naturellement le mieux placé pour succéder au chef de la Wilaya III après sa tragique disparition. D’un tempérament aussi fougueux que courageux, le commandant Mira s’engagea à redéployer l’ALN, mais le destin ne lui a pas permis d’achever cette mission. Le 6 novembre 1959, celui qui était surnommé « le Tigre de la Soummam», tombe au champ d’honneur dans une embuscade tendue par le 2e Régiment d’infanterie marine aéroportée (RIMA), près du col de Chellata au nord d’Akbou, à quelques encablures de son village natal. L’un de ses compagnons raconte que juste après son assassinat, sa dépouille a été transportée dans un hélicoptère pour être exposée dans les villages de la région, et le dernier a été son village d’origine Taghalat, douar de Béni Mellikèche, afin de montrer quel sort attendait toutes les personnes essayant d’enfreindre les lois de la République et pour les affaiblir en voyant le sort de leur chef.
Après que tout le monde l’ait vu, ils l’ont remis dans cet hélicoptère pour une destination inconnue. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouve le corps de ce héros de la Révolution. Son fils Tarek se dit «scandalisé que, 60 ans après, l’Etat Algérien ne fasse rien pour retrouver le corps de ce chahid». Le fils du colonel Amirouche, M. Noureddine Aït Hamouda, abonde dans le même sens en contestant «le manque de volonté des hautes autorités de l’Etat à rouvrir des pages de notre histoire, qui est une impérieuse nécessité».
    Farida Larbi


 

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