jeudi 14 novembre 2019 06:20:32

80e anniversaire de l’exil espagnol en Algérie : Une histoire méconnue

Réhabiliter la mémoire de ces milliers d’Espagnols ayant fui leur pays pendant la guerre civile ou durant l’ère Franco et ayant trouvé refuge en Algérie est l’objectif que s’est fixé le séminaire «Mémoire de l’exil espagnol en Algérie» organisé hier à Alger par l’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantes d’Alger et Oran.

PUBLIE LE : 21-10-2019 | 1:00
Ph. : Wafa

Réhabiliter la mémoire de ces milliers d’Espagnols ayant fui leur pays pendant la guerre  civile ou durant l’ère Franco et ayant trouvé refuge en Algérie est l’objectif que  s’est fixé le séminaire «Mémoire de l’exil espagnol en Algérie» organisé hier à Alger  par l’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantes d’Alger et Oran.

Pour Juan Luis Rodman, professeur d’espagnol et un des organisateurs de cette rencontre, «ce séminaire a été conçu comme une façon de donner une image à l’international à tous les exilés républicains qui sont partis d’Espagne durant et après la guerre civile».
Ainsi si la plupart — ils seraient plusieurs milliers — sont partis surtout en Amérique latine et aux USA, d’autres ont choisi le Maghreb. Mais, tiendra à souligner M. Rodman, «on ne sait pas grand-chose de ces personnes qui sont venues dans le Maghreb». Et d’ajouter que «certainement beaucoup de ces personnes sont venues pour X  raisons ou historiques, mais elles ne sont pas connues par la majorité des Espagnols». Pour le professeur Eloy Martin Corales de l’université de Barcelone, «entre 5.000 et 1.500 Espagnols se sont installés au Maghreb». Selon lui quelque 1.029 Espagnols sont venus en Algérie, et plus précisément à Oran, 858 et Alger 171. Ainsi ce séminaire animé par plusieurs professeurs espagnols et dont les communications présentées se sont intéressées à tous les aspects de l’exil des Espagnols républicains en Algérie se veut aussi une forme de réhabilitation de leur mémoire. C’est un processus que l’Espagne politique a entamé, selon le professeur Rodman, depuis quelques années déjà. «Dans la politique espagnole et depuis quelques années, plusieurs efforts ont été déployés pour préserver la mémoire historique. C’est très important pour les Espagnols. Cette guerre a fait une telle différenciation entre les deux parties de l’Espagne que ces deux parties ne se sont jamais senties unies», nous a-t-il déclaré en marge de ce séminaire. D’autant que selon lui «tous les problèmes que l’Espagne a connu depuis la mort de Franco, la transition politique vers la démocratie et même le problème des Catalans, sont une conséquence de cette période», car a-t-il estimé «si l’Espagne n’a pas réussi à panser ses plaies, c’est parce qu’il n’y a pas eu une réconciliation nationale, pas de jugements publics des personnes qui étaient dans le régime de Franco. On a juste caché toute cette histoire comme si elle n’était jamais arrivée». C’est dire que ce séminaire a le mérite d’exhumer ces Espagnols républicains qui ont fait le choix de s’exiler en Afrique du Nord pour fuir la dictature franquiste. Mais c’est aussi un travail de longue haleine. Un séminaire similaire avait été organisé l’année dernière en Tunisie. Le premier secrétaire de la Table du Sénat espagnol, M. Fernando Martinez Lopez, a émis le souhait que ce séminaire soit la première pierre d’une tradition à renouveler chaque deux ans. En attendant, c’est à Oran que la mémoire de ces exilés sera revisitée demain.
Nadia Kerraz  

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