lundi 18 novembre 2019 18:55:05

Situation en Syrie : L’Algérie réitère son refus « catégorique » de l’atteinte à la souveraineté des Etats

L’Algérie a réitéré, hier, dans le cadre de sa participation à une réunion d’urgence convoquée par le Conseil de la Ligue arabe sur les derniers développements survenus en Syrie, son refus «catégorique» de «l’atteinte, en toutes circonstances, à la souveraineté des États», exprimant sa «pleine solidarité» avec l’État syrien frère.

PUBLIE LE : 13-10-2019 | 1:00
D.R

L’Algérie a réitéré, hier, dans le cadre de sa participation à une réunion d’urgence convoquée par le Conseil de la Ligue arabe sur les derniers développements survenus en Syrie, son refus «catégorique» de «l’atteinte, en toutes circonstances, à la souveraineté des États», exprimant sa «pleine solidarité» avec l’État syrien frère.

S’exprimant, à l’occasion de cette réunion, le secrétaire général (SG) du ministère des Affaires étrangères, Rachid Beladehane, a affirmé que l’Algérie «a suivi avec une grande préoccupation les évènements graves survenus dans le nord de la Syrie», réitérant «le refus catégorique par l’Algérie de l’atteinte, en toutes circonstances, à la souveraineté des États». «L’Algérie réaffirme sa pleine solidarité avec la Syrie et réitère son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de ce pays frère», a-t-il soutenu. Pour le SG du MAE, «le recours à l’option militaire n’a jamais contribué au règlement des crises internationales. Bien au contraire, elle ne fait qu’aggraver la situation et les plus grands perdants, en de telles situations tragiques, demeurent les civils désarmés». L’Algérie s’est réjouie du progrès réalisé, dernièrement, après l’accord sur la création du Comité constitutionnel qui a donné une lueur d’espoir afin de faire prévaloir la solution politique, tant prônée «par mon pays depuis le déclenchement de la crise», a affirmé M. Beladehane, déplorant le fait que les derniers développements «nous ont fait reculer de plusieurs pas». Dans ce cadre, le SG du MAE a réitéré le soutien de l’Algérie aux efforts de l’émissaire onusien en Syrie, l’appelant à «poursuivre ses efforts avec les différentes parties intervenant en Syrie pour rapprocher leurs positions et atteindre l’objectif commun du règlement politique escompté». L’Algérie «a œuvré, de toutes ses forces, depuis le déclenchement de la crise syrienne, à trouver une solution politique pacifique et consensuelle à même de mettre fin à l’effusion du sang du peuple syrien frère, et de répondre à ses aspirations légitimes à la démocratie et à la liberté, en rejetant toute ingérence étrangère dans les affaires internes de la Syrie», a-t-il rappelé. Il a regretté que «cette réunion se (tienne) pour l’examen des derniers développements en Syrie, alors que la Syrie est toujours absente de la Ligue», renouvelant son appel pour «le retour de la Syrie à la Ligue arabe». «Le règlement de la crise syrienne nous interpelle tous en vue de rassembler nos efforts en tant qu’arabes afin d’accompagner et d’aider la Syrie à recouvrer sa sécurité et sa stabilité, et d’ouvrer avec dévouement à atténuer les souffrances du peuple syrien frère, pour lui permettre de vivre en paix sur ses terres et respecter ses choix».

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Beaucoup d’interrogations

Appels à la retenue, menaces de sanctions sévères, condamnations de tous bords, Erdogan n’entends plus rien et poursuit son offensive contre la milice kurde des unités de protection du peuple, basée dans le nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. Il faut dire que la détermination du président Erdogan est surtout maintenue grâce au soutien sibyllin de Moscou qui vient de bloquer à l'ONU un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité demandant à la Turquie d'arrêter son offensive militaire. La Chine a suivi la Russie en rompant aussi cette procédure. Le projet, qui dans sa version initiale demandait seulement à Ankara de revenir à la diplomatie plutôt qu'utiliser des moyens militaires, avait été durci après plusieurs observations d'Etats membres du Conseil de sécurité faites au cours des dernières 24 heures. Le texte final soumis à une adoption demandait à la Turquie "d'arrêter son opération militaire et de faire plein usage des canaux diplomatiques pour résoudre ses préoccupations de sécurité". Il soulignait aussi la "profonde préoccupation (du Conseil de sécurité) face à l'opération militaire turque et à ses implications, notamment dans leurs dimensions humanitaire et sécuritaire". Le projet de texte réclamait également que toutes les parties protègent les civils et permettent un accès humanitaire durable en Syrie. Il mettait en garde contre une reconstitution de Daesh et soulignait qu'un retour des réfugiés en Syrie (l'un des objectifs d'Ankara avec son offensive) ne pouvait se faire qu'en sécurité et sur une base volontaire. Soumis à la Russie une première fois, Moscou a demandé un délai de réflexion supplémentaire, ce qui n’a pas été du goût de Washington qui a enclenché une procédure d'adoption de leur texte, durci au passage pour demander l'arrêt de l'offensive turque. Face à cette impasse diplomatique, les forces turques ont intensifié leurs bombardements meurtriers contre des cibles kurdes et le président Erdogan, affirmant que l'offensive se poursuivrait.   Depuis le début de l'assaut, 54 combattants kurdes et 17 civils ont péri et 100.000 personnes ont fui leurs foyers d'après l'ONU. Ankara a annoncé, de son côté, la mort de quatre soldats et de 17 civils dans la chute de roquettes kurdes sur des villes frontalières en Turquie. Près de la ville de Kobané, des informations contradictoires font état de bombardement turc contre des positons américaines. Selon le Pentagone, des troupes américaines se sont retrouvées, vendredi, sous le feu de positions turques. Washington a demandé à Ankara "d'éviter toute action pouvant conduire à une riposte immédiate" et indique que ses forces "ne se sont pas retirées de Kobané".  Pour sa part, la Turquie a nié hier avoir tiré sur des positions américaines dans le nord de la Syrie. "Il n'a absolument pas été question du moindre tir contre le poste d'observation américain", a dit le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, dans une déclaration à l'agence de presse étatique Anadolu. Autres informations contradictoires font état de la capture, hier, de la ville de Ras el Ain par des troupes turques, une information démentie par les combattants des Unités de protection du peuple (YPG). L’opération "Source de paix" n’a, en fait, servi qu’à étaler les divisons de la communauté internationale et surtout à mettre à nu les calculs mercantiles des puissants de ce monde. Quelle est la part d’implication de chacun ? l’histoire nous le révèlera un jour.              
M.  T.

 

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