lundi 18 novembre 2019 19:03:55

Offensive turque en Syrie : Inquiétude à Paris, Washington et Moscou

L'Algérie suit avec une «grande préoccupation» les évènements «dangereux» survenus dans le nord de la Syrie

PUBLIE LE : 12-10-2019 | 1:00
D.R

L'offensive turque en Syrie contre des positions kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), un groupe qu'Ankara considère comme terroriste pour ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), inquiète Paris, qui demande une réunion d'urgence de la  coalition internationale, alors que Washington et Moscou se posent comme les vrais acteurs dans cette nouvelle tension dans la région où le risque de la résurgence de Daech est patent. 

Au lendemain du lancement de l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie, la France a demandé, jeudi, une réunion d'urgence de la coalition internationale sous commandement américain engagée dans la lutte contre le groupe terroriste autoproclamé "Etat islamique" (EI/Daech). "Il faut que cette coalition internationale se réunisse parce qu'on est dans une situation nouvelle et parce que le combat contre Daech risque de reprendre, parce que Daech n'attend que cette opportunité pour sortir", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur une chaîne TV française. Cette coalition, mise sur pied par Washington en 2014 pour combattre l'EI en Irak et en Syrie avec l'appui de forces locales, comprend plus de 60  pays, dont la France, la Grande- Bretagne l'Australie, le Canada mais aussi la Turquie. L'offensive en Syrie de la Turquie a provoqué un tollé international, plusieurs pays craignant une résurgence du groupe terroriste. "La France demande à ce que cette coalition se réunisse aujourd'hui et dise “voilà quelle est la situation, comment est-ce qu'on fait, qu'est-ce que vous Turcs voulez faire, qu'est-ce que vous Américains voulez faire, comment est-ce qu'on assure la sécurité des lieux (...) bref mettre tout sur la table de manière claire pour que chacun assume ses responsabilités", a relevé M. Le Drian.  Même si cela n'est pas déclaré tout haut, le président américain, Donald Trump, est en fait pointé du doigt pour avoir donné son feu vert à l'opération militaire turque en Syrie en retirant des soldats américains de la zone frontalière visée par Ankara. "Apparemment le président Trump ne s'est pas opposé à l'opération qui est menée aujourd'hui par les Turcs même si on constate qu'il y a des positions beaucoup plus raides qui sont affirmées" dans son camp à Washington, a relevé le chef de la diplomatie française. Pour Washington, Ankara n'a pas franchi les lignes rouges. A Washington, un haut responsable Américain a indiqué que l'offensive de la Turquie contre des forces kurdes en Syrie n'a pas franchi à ce stade la ligne rouge tracée par Donald Trump. Le président américain avait menacé Ankara de sanctions économiques en cas de comportement disproportionné ou "inhumain", a déclaré jeudi un haut  responsable américain. Interrogé sur la définition de cette ligne rouge, ce responsable du département d'Etat américain a expliqué que cela inclurait "un nettoyage ethnique" ainsi que des "frappes aériennes ou terrestres aveugles contre la population civile". "Nous n'avons pas vu d'exemples significatifs d'un tel comportement à ce stade, mais ce n'est que le début" de l'opération, a-t-il ajouté lors d'un échange avec la presse, sous couvert de l'anonymat.  Petite guerre de positions par ailleurs au Conseil de sécurité où, à l'initiative des Etats-Unis, les pays membres discutent d'un texte appelant la Turquie à revenir à la diplomatie.  L'initiative intervient après que les Européens, lors d'une réunion d'urgence tenue dans la matinée de jeudi, ont fait adopter à l'ensemble du Conseil une déclaration exprimant sa "profonde préoccupation" et appelant Ankara à "cesser" son offensive. France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni et Pologne ont été contraints de livrer leur déclaration seuls, tout comme les Etats-Unis qui en ont fait une séparée pour dire que Washington "n'avait en aucune manière endossé" l'opération turque. Selon  des diplomates, la Russie a été le plus gros obstacle pour une position unie du Conseil.  A l'issue de la réunion, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, n'a pas exclu l'approbation unanime d'un texte par le Conseil de sécurité. Pour cela, "il doit prendre en compte les autres aspects de la crise syrienne, pas seulement l'opération turque",  a-t-il dit, en évoquant "la présence militaire illégale" en Syrie des Etats-Unis, de la France ou du Royaume-Uni. Si la voie diplomatique échoue à faire revenir en arrière Ankara, qui veut aller plus en profondeur en territoire syrien combattre les milices kurdes des YPG, la tension ne fera qu'augmenter dans une région où Daech est en position d'attente, selon des experts français de la lutte antiterroriste.

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Réunion d'urgence du Conseil de la Ligue arabe sur la Syrie  
L’Algérie représentée par le SG des AE
 
L'Algérie prendra part, aujourd’hui, à une réunion d'urgence du Conseil de la Ligue arabe consacrée à l'examen des derniers développements survenus en Syrie, a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères. L'Algérie sera représentée aux travaux de cette réunion, qui se tiendra au  siège du Secrétariat général de la Ligue arabe au Caire (Egypte), par le  secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Rachid  Bladehane. Pour rappel, l'Algérie avait affirmé, mercredi soir, suivre avec une  "grande préoccupation" les évènements "dangereux" survenus dans le nord de la Syrie, réaffirmant son "rejet catégorique de l'atteinte à la souveraineté des pays en toutes circonstances, et sa pleine solidarité avec la Syrie et son attachement à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de ce pays frère".  A noter qu'à la suite d'une demande de l'Egypte, les ministres arabes des  Affaires étrangères se réuniront au Caire aujourd’hui, 12 octobre, pour discuter de l'intervention turque dans le territoire syrien. 
 
L'Algérie suit avec une «grande préoccupation» les évènements «dangereux» survenus dans le nord de la Syrie 
 
L'Algérie suit avec une «grande préoccupation» les évènements «dangereux» survenus dans le nord de la Syrie et réaffirme son «rejet catégorique» de l'atteinte à la souveraineté des pays en toutes circonstances, a indiqué mercredi un communiqué du ministère des Affaires étrangères. «L'Algérie suit avec une grande préoccupation les évènements dangereux survenus dans le nord de la Syrie et réaffirme son rejet catégorique de l'atteinte à la souveraineté des pays en toutes circonstances», lit-on dans le communiqué. «L'Algérie réaffirme sa pleine solidarité avec la Syrie et réitère son attachement à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de ce pays frère».
 
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