mercredi 16 octobre 2019 13:27:36

M. Boukadoum : « L’Algérie espère plus d’investissements directs »

Le problème des visas, réglé prochainement

PUBLIE LE : 10-10-2019 | 0:00
Ph. A. Asselah

La visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu en Algérie, à l’invitation de son homologue algérien Sabri Boukadoum, devrait permettre de donner, dans un proche avenir, une nouvelle impulsion aux relations bilatérales.
La présence des entreprises turques, déjà forte, devrait se renforcer par de nouveaux investissements directs. Les déclarations des deux parties plaident pour cette grille de lecture. Interrogé lors de la conférence de presse conjointe sur le futur des relations entre les deux pays, le chef de la diplomatie algérienne n’ira pas aussi par quatre chemins pour exprimer les attentes d’Alger: «On espère pour le futur plus d’investissements directs», a-t-il répondu. Il faut souligner que le volume des échanges entre les deux pays est de 4 milliards de dollars et que le nombre d’emplois créés par les centaines d’entreprises turques présentes en Algérie est de 28.000, selon un chiffre révélé par M. Boukadoum. Mais les deux pays, liés par un traité d’amitié et de coopération signé en 2006, ont convenu de ne pas s’arrêter là et de réfléchir ensemble à de nouveaux horizons, d’autant que le gouvernement algérien a procédé récemment, indiquera M. Boukadoum dans sa déclaration liminaire, «à la révision de la règle 49/51», ce qui ne manquera pas, selon lui, de booster l’investissement étranger. «L’Algérie, indiquera son chef de la diplomatie, est ouverte à tous dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant ; en effet, il est de notre point de vue important de bâtir un partenariat qui réponde aux intérêts des deux pays». Un point de vue partagé par la Turquie. M. Mevlut Cavusoglu indiquera pour sa part que «son pays accorde une grande importance à ses relations avec l’Algérie et qu’il continuera à œuvrer à leur renforcement». Pour le MAE turc, «les réformes et autres mesures prises par l’Algérie dans le domaine économique ne manqueront pas de contribuer au renforcement des relations économiques». Il dira aussi qu’Ankara «apprécie les facilitations accordées aux entreprises turques», tout en ajoutant que son pays souhaite également «diversifier ses relations pour englober tous les domaines». Lors de la prochaine réunion de la commission mixte économique, les nouvelles opportunités d’investissements seront examinées, d’autant, soulignera le chef de la diplomatie turque, que « les investisseurs turcs en Algérie sont tous satisfaits de leur présence et des facilitations qui leur sont accordées».

Le problème des visas, réglé prochainement

Sur le plan des échanges humains, Ankara serait aussi disposée à faciliter la circulation des personnes, en levant ce qui a semblé être des « restrictions « imposées par les autorités turques aux Algériens désireux de se rendre en Turquie. Pour rappel, quelque 300.000 Algériens s’y rendent annuellement, selon M. Boukadoum. Interrogé sur ce sujet, le chef de la diplomatie turque dira que «cette question a été évoquée lors des entretiens», affirmant que «tous les problèmes relatifs à l’octroi des visas seront traités» lors de la tenue, prochainement, de la réunion de la commission mixte consulaire. «Nous arriverons à une solution qui satisfera les deux pays». Il dira aussi que «le visa électronique sera désormais accordé au niveau de 13 agences seulement et que des exemptions seront accordées à certaines catégories d’âge».

Soutien à la position algérienne sur la Libye

La visite du chef de la diplomatie turque a également offert une opportunité aux deux parties pour se concerter et échanger sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun. Sur ces questions, dira M. Boukadoum, «les entretiens ont été fructueux». Il ajoutera aussi qu’ «un échange politique franc et constructif a permis de constater une convergence des points de vue sur l’ensemble des questions évoquées». M. Boukadoum dira avoir expliqué à son homologue turc la position de l’Algérie sur la situation qui prévaut dans les pays voisins, notamment au Sahel, au Mali et en Libye. Il rappellera également la conviction de l’Algérie qui consiste à affirmer que «la solution aux crises qui secouent ces pays doit émaner d’un dialogue politique». De même que l’Algérie fera part de la «nécessité à ce que la région ne se transforme pas en un champ d’expérimentation des intentions et agendas étrangers qui sont éloignés des intérêts de leurs peuples et de leurs pays et qui sont incapables de restaurer la situation et la stabilité». Le chef de la diplomatie turque a affirmé que son pays soutient la position algérienne. «Il ne peut y avoir de solution militaire en Libye», indiquera-t-il, disant également privilégier la solution pacifique. Pour Mevlut Cavusoglu «le rôle de l’Algérie est important, et c’est pourquoi nous avons tenu à ce qu’elle soit présente à la conférence de Berlin sur la Libye qui devrait se tenir prochainement». Pour ce qui est de la Syrie, il dira que son pays respecte l’unité territoriale de ce pays.
Nadia Kerraz

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