mercredi 16 octobre 2019 13:31:53

Patrimoine naturel : L’arganier à la rescousse de la steppe

Culture de l’arganier à Tindouf

PUBLIE LE : 10-10-2019 | 0:00
D.R

La steppe algérienne est en train de connaitre une renaissance dans son écosystème caractérisé par des ressources naturelles limitées, un sol pauvre des formations végétales basses. Après la culture de l’Alfa, qui demeure un élément phyto écologique de première nécessité, l’arganier (argan) cet arbrisseau aux relents d’une très grande valeur agroalimentaire et pastorale, s’invite progressivement dans le vaste plateau de la Hamada, à Tindouf, pour devenir l’arbre endémique tant convoité dans la région.
Dans l’économie rurale, l’arganier peut constituer un système sylvo-pastoral basé sur le ramassage des fruits et du bois de feu et la pratique du parcours extensif. Cette espèce assure l’équilibre écologique du milieu qu’elle colonise, grâce à son système racinaire puissant et profond, permettant la protection et la conservation des sols contre les processus d’érosion hydrique et éolienne. Sur le plan de la biodiversité, le cortège floristique spécifique à la formation à base d’arganier totalise plus de 50 espèces et sous-espèces végétales vasculaires et constitue un carrefour de flores d’origines diverses. Il y va de même pour la diversité des espèces animales, qui trouvent en l’agrainerai, un écosystème propice à la création de refuges. En effet, la typologie des habitats qu’abrite cet écosystème, leur diversité ainsi que leur agencement spatial, a permis à un grand nombre d’espèces des zones arides d'y créer leur refuge. Dans ce contexte, nous citons la présence de la gazelle Dorcas et une forte présomption quant à l’existence de la gazelle Dama, ceci pour ce qui est des antilopes. Concernant les canidés, l’hyène rayée y trouve, là aussi, un milieu favorable. Quant à l’écureuil de Barbarie, en situation de déclin éminent, sa présence est avérée au niveau de la région, à certains endroits, notamment dans les encaissements d’oueds et surtout les escarpements rocheux. Le ratel du cap fréquente aussi cet écosystème à travers de sporadiques apparitions. L'arganier est menacé de disparition, car les signaux d'alarme se multiplient ces derniers temps à propos de cet arbre : il subit diverses agressions. Les problèmes auxquels cet arbre est confronté sont multiples : l'arganeraie régresse en termes de superficie et surtout de densité. L'aire de l'arganier se dégrade d'année en année sous l'effet conjugué du pâturage et de l'utilisation du bois pour la production du charbon.

Culture de l’arganier à Tindouf

La mise en œuvre du projet de protection et de valorisation de l'arganier, dont a bénéficié la wilaya de Tindouf au titre du fonds de développement du sud, sera effective dans les prochains jours, indique-t-on auprès de la conservation des forêts. Ce projet, lancé pour un coût de 30 millions de dinars dans la localité de "Touirat", distante de 120 kilomètres du chef-lieu de wilaya de Tindouf, s'est concrétisé jusqu'alors par la réalisation d'un centre forestier, qui veillera sur l'évolution de cette variété rare d'arbres très demandée, en tant que fourragers et produits charbonneux. Cette opération a été précédée par une première expérience dans cette région portant sur la plantation de 20 hectares d'arganiers et la création d'une pépinière pour la production des plants et assurer la réussite de la plantation de cette variété d'arbres à l’échelle nationale.
Mohamed Bentaleb
 

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