mercredi 16 octobre 2019 13:30:15

Tourisme : Une autre lecture s’impose

La sécurité des personnes et des biens doit être assurée

PUBLIE LE : 09-10-2019 | 0:00
D.R

Au prochain colloque international d’Oran sur la promotion du tourisme en Algérie, il nous a semblé qu’il faudrait peut-être faire préalablement la lumière sur un point capital : ce n’est pas le tourisme qui conduit au développement véritable — même si l’industrie y afférente est considérée à maints égards comme structurante, et le secteur en question comme un facteur d’harmonisation des autres secteurs d’activité — mais bel et bien le développement général du pays qui rend le tourisme profitable pour les touristes et pour les sociétés qui les accueillent.

C’est, en principe, l’un des thèmes que va probablement devoir traiter le colloque international sur la promotion du tourisme en Algérie, en ce mois d’octobre à Oran. Certes l’initiative est des plus louables, d’autant que la rencontre va réunir pratiquement tous les professionnels du secteur : agenciers, gestionnaires d’hôtels, porteurs de projets et de guides touristiques, etc. Et qu’elle va proposer des solutions qui sont censées contribuer au développement du tourisme algérien à l’international.
Cependant, et on ne le répètera jamais assez, il ne faudra pas perdre de vue que le passage à l'acte d'entreprendre, qui se trouve être la finalité de tout investissement, soit-il à caractère humain, matériel et/ou financier, reste grandement conditionné, en dehors des facteurs de coût et de qualité, par l'image générale qu'on a du pays, ici l’Algérie. Et, prioritairement, par les paramètres sécuritaire et politique qui, le cas échéant, sont autant, sinon plus persuasifs, ou dissuasifs,  que la notoriété des seuls gisements en hydrocarbures et autres potentialités que le pays recèle (sites naturels et monuments historiques, culturels, etc.)

La sécurité des personnes et des biens doit être assurée

Autrement dit, pour rendre notre pays attractif et son tourisme compétitif, les futurs participants et intervenants au colloque d’Oran devraient préalablement avoir à l’esprit que de nombreux arguments autres que touristiques et/ou culturels vont, condition «si ne qua non», devoir être mis paradoxalement  en exergue. Pourquoi ? C’est  simple et compliqué à la fois : grosso modo et selon les experts et spécialistes du tourisme mondial, les véritables critères d'attractivité «touristique» non édictés, d'un pays donné sont, contrairement aux idées reçues, notamment chez nos propres responsables en charge du secteur, contrairement donc aux idées reçues, des critères non touristiques, comme par exemple : la politique étrangère du pays réceptif qui doit être modérée ; la sécurité des personnes et des biens qui doit être assurée sur son territoire de jour comme de nuit ;  le  marché national qui ne doit pas être tendu, voire qui ne doit être confiner ni à la pénurie, ni à la limitation horaire ; les réseaux de communications -et forcément celui des télécommunications- qui doivent  être denses tous azimuts et réguliers H/24 et 7/7 jours, les tarifs hôteliers et la billetterie des transports desservant le pays qui doivent être bas, ou tout au moins abordables, surtout non prohibitifs ; un bon climat des affaires et un environnement humain favorable ou tout au moins non hostile, à la chose touristique et à ses corollaires tels que l’hôtellerie, les loisirs, etc.
Enfin l'autre aspect, et non des moindres, qui ne devrait pas manquer d’être d'abordé est celui de la formation, du perfectionnement et du recyclage professionnels, sans oublier la sensibilisation des personnels, volets dont, de toute évidence, l’importance et l’urgence ne sont plus à souligner. D'autant que dans ce domaine très sensible, toutes les activités liées à la chose touristique —et, par extension, à l'hôtellerie, la restauration, l'artisanat, l'organisation des voyages, etc.— toutes ces activités obéissent, ou du moins sont censées obéir à des normes et standards internationaux stricts, rigoureux.  Et, par voie de conséquence, devraient se départir une bonne fois pour toutes de l’approximation et du système «D»  locaux, voire des comportements et  mentalités rétrogrades : autant d’éléments négatifs, faut-il le souligner, qui de facto constituent de lourdes entraves au développement touristique  car ils sont caractérisés, dans bien des cas qui sont légion, par le bricolage, l’indiscipline, le laisser-aller, l’indifférence, la surenchère moralisatrice, voire l’intégrisme religieux, pour ne pas dire par l’incivisme pur et simple qui n’a de cesse de causer un préjudice incommensurable à l’environnement naturel d’une manière générale, à la biodiversité sous toutes ses formes en particulier.

C’est le développement général du pays qui rend le tourisme profitable

En définitive, on voit bien que les critères d’attractivité exclusivement touristiques et culturels ne viennent qu'en septième, voire en huitième position. Il va sans dire donc, que ce n’est pas le tourisme qui conduit au développement véritable, mais bien le développement général du pays qui rend le tourisme profitable pour les touristes et pour les sociétés qui les accueillent.
Il s’agirait ainsi, sans plus tarder, de faire préalablement la lumière sur un point capital et d’ailleurs, on n’aura de cesse de le répéter : ce n’est pas le tourisme qui conduit au développement véritable —même si l’industrie y afférente est considérée à maints égards comme structurante, et le secteur en question comme un facteur d’harmonisation des autres secteurs d’activité—, mais bien le développement général du pays qui rend le tourisme profitable pour les touristes et pour les sociétés qui les accueillent. Car, tout compte fait, ni les uns (les touristes) ni les autres (les pays récepteurs) ne peuvent, dans le fond, se permettre de perdre la moindre parcelle du trésor que recèle le patrimoine culturel, historique et naturel de notre planète, au titre duquel figurent, ne l’oublions pas, de nombreux sites archéologiques et réserves de biosphère algériens classés et/ou en cours de classement. Pour tout dire, le plus grand service qu’on puisse rendre au tourisme algérien —et à l’Algérie en général— est, d’une part, de se retrousser résolument les manches et, d’autre part, se remettre au plus vite à cette vaste entreprise qui consiste tout simplement à développer le pays de façon durable, sur tous les plans, sans en négliger aucun. Sans quoi nous ne saurions même pas envisager, à moyenne et longue échéances, ne serait-ce qu’un embryon d’industrie touristique et, bien évidemment, tout ce qui lui est corollaire.
Kamel Bouslama
 

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