mercredi 16 octobre 2019 13:18:57

Conférence sur la Zone de libre-échange commercial africain : Pour que l’Afrique prenne son destin en main

M. Djellab : « L’Algérie doit se positionner sur le marché africain d’ici 2024. »

PUBLIE LE : 08-10-2019 | 0:00
Ph. Louiza M.

Une Conférence nationale sur les enjeux de la Zone de libre-échange commercial africain (ZLECAf) et la stratégie nationale adaptée a eu lieu, hier à Alger, en présence de plusieurs ministres et de représentants d’institutions africaines.

Un volume du commerce intra-africain «très en deçà» des attentes. Des échanges «ne dépassant pas les 15%, soit 2% du commerce mondial». Un taux d’intégration «le plus faible comparativement aux autres blocs économiques du monde». Ces contre-performances, énumérées par le ministre du Commerce, témoignent à elles seules de la nécessité pour les pays du continent de saisir l’opportunité que leur offre la Zone de libre-échange.
S’exprimant, lors d’une conférence dédiée hier à cet espace continental, Saïd Djellab relève que cette réalité constitue, pour les pays africains, «un défi à relever et doit être considérée comme une marge de progression importante». Une marge estimée, selon les études de la CEA, à 35 milliards de dollars, soit un accroissement de 52% du commerce intra-africain. Les pays du continent, précise le ministre, disposent d’un «potentiel réel considérable dont on doit tirer profit, dans le cadre d’une intégration économique et d’une zone de libre-échange pana-africaine».
Et c’est dans cette optique que la Zlecaf constitue «un des projets phare de l’Agenda 2063 de l’UA qui traduit un cadre commun pour une croissance inclusive et développement durable pour l’Afrique, à réaliser au cours des 50 prochaines années». Cet agenda, enchaîne M. Djellab, résume «non seulement les aspirations pour l’avenir de l’Afrique, mais identifie également les principaux programmes phare susceptibles de stimuler la croissance et le développement économiques de l’Afrique, et de conduire à une transformation rapide du continent».

M. Djellab : « L’Algérie doit se positionner sur le marché africain d’ici 2024. »

Comme les défis, les opportunités sont également légion. Dans son allocution, le ministre du Commerce dit, optimiste, qu’une fois en place, la Zlecaf couvrira un marché de 1.2 milliard d’habitants et un PIB combiné de 2.5 milliards de dollars, et créera un marché de 3000 milliards USD, «sans aucun droit de douane ni restriction aux frontières». M. Djellab, après avoir rappelé le lancement formel du la phase opérationnelle de l’Accord portant création de la Zlecaf à Niamey, souligne que la première phase des négociations, qui comprend l’accès aux marchés des marchandises et des services, «arrive à son terme, avec, à la clé, un démantèlement tarifaire de 90% des lignes tarifaires à partir du mois de juillet 2020, sur une période de 5 ans, pour les pays non PMA, et de 10 ans, pour les pays PMA». Sur ce sujet, le ministre apporte davantage d’éclaircissements, lors d’un point de presse tenu, à l’issue de ladite conférence, précisant que le démantèlement tarifaire soulagera les opérateurs économiques algériens qui, parfois, paient entre 60 à 70% des droits douaniers. Appelant les entreprises à se préparer énergétiquement à ce processus, M. Djellab dit, formel, que «l’Algérie doit se positionner sur le marché africain d’ici 2024 tout au plus». Indiquant que les pays, même avec des mêmes objectifs et stratégies, qui réussiront le plus, sont ceux qui détiennent le triptyque : logistique développée, diplomatie commerciale avérée et une meilleure introduction des TIC dans le processus d’industrialisation.

L’Algérie, carrefour d’échanges économiques

Qu’en est-il du rôle de l’Algérie ? Le ministre le trouve «important», à travers une «participation active» aux différentes réunions des organes de l’UA, ainsi que son travail ininterrompu de soutien aux actions de coopération visant l’accélération de l’intégration régionale. S’ajoute «l’engagement solennel» de l’Algérie pour entamer le processus de ratification dudit Accord. Pour le ministre du Commerce, l’Algérie, munie d’atouts indéniables, «justifie sa vocation de carrefour d’échanges économique régional». L’intégration économique de notre pays dans le continent africain constitue un «choix stratégique qui passe impérativement par le commerce intra-africain et le partenariat». Enchaînant, M. Djellab indique que l’Algérie «attache une haute priorité au développement des relations exemplaires avec ses partenaires africains, découlant de sa conviction que l’intégration régionale aura un impact positif et important sur la croissance et l’efficacité économiques». Sur ce point, l’orateur égrène les projets «structurants et intégrationnistes» menés par l’Algérie, lesquels nécessitent «une stratégie nationale servant de feuille de route pour la pérennisation des acquis et la dissolution des obstacles». Dans le même ordre d’idées, l’orateur cite la diversification économique et autres mesures qui «devraient nécessairement englober l’identification des opportunités de la valeur ajoutée et les opportunités de lien avec les chaînes de valeurs et des interventions à moyen et long termes».

Zones économiques à Tamanrasset, Illizi et Tindouf

C’est dans ce souci de pérenniser cette dynamique d’œuvrer constamment à la consolidation et à la diversification des relations tant bilatérales que multilatérales dans les domaines économique et commercial, annonce M. Djellab, que le gouvernement prévoit la mise en place de zones économiques spéciales à Tamanrasset, à Illizi et à Tindouf, voire dans les espaces frontaliers du grand Sud algérien, pour en faire un point d’intégration économique en Afrique». Ces zones, explique le ministre du Commerce, figurent dans le projet de loi de finances pour 2020, et consistent à créer des investissements dans les domaines de la logistique, de l’industrie et des technologies développées.
«Il y a une stratégie qui se construit, explique-t-il, pour que l’Algérie puisse jouer pleinement son rôle dans la dynamique économique africaine».
Dans le même registre, M. Djellab a mis en exergue la nécessité de «mettre en avant le rôle des Conseil d’hommes d’affaires qu’il nous incombe d’œuvrer pour les doter d’un rôle moteur qui leur revient, à savoir leur contribution à la croissance des échanges et le partenariat».

Règle 51/49 : libéralisation  des investissements

Interrogé sur le maintien de la règle 51/49 applicable aux investissements étrangers en Algérie, et annoncée dans l'avant-projet de loi de finances pour 2020, M. Djellab indique que son maintien concerne les secteurs stratégiques, tandis que d’autres verront la libéralisation de l’initiative d’investissement.
«Le bilan est fait. Pour aller dans cette dynamique continentale, il faut libéraliser l’investissement», soutient le ministre.
Et met en relief la nécessité de garantir, dans le cadre de cette dynamique, un meilleur accompagnement aux entreprises, pour une meilleure présence commerciale.
    Fouad Irnatene

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