dimanche 15 dcembre 2019 07:44:32

M. Boukadoum, aux Nations Unies : « L’Algérie, attachée à l’édification de l’UMA »

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s'est entretenu, à New York, avec plusieurs de ses homologues et des responsables d'organisations régionales et internationales

PUBLIE LE : 29-09-2019 | 1:00
D.R

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s'est entretenu, à New York, avec plusieurs de ses homologues et des responsables d'organisations régionales  et internationales, a indiqué, hier, le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie algérienne a rencontré, en marge des travaux de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations unies, ses homologues du Mali, du Mozambique, du Vietnam, de Saint-Vincent et les Grenadines, des Iles Marshall, d'Argentine ainsi qu'avec le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies et le président du Comité international de la Croix-Rouge. Lors de son entretien avec le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Tiébilé Dramé, le ministre malien a souligné, à cet occasion, l’importance que représente pour son pays la   poursuite par l’Algérie de l’engagement constructif, positif et crucial aux côtés du Mali, autant sur le plan bilatéral que dans le cadre du Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation   nationale au Mali, issu du processus d’Alger, au sein duquel l’Algérie assure le rôle de chef de file de la médiation internationale.  M. Boukadoum a eu également un entretien avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mozambique, M. Jose Antonio Pacheco. L’entretien a été l’occasion de passer en revue l’état des relations   bilatérales, qualifiées d’excellentes par les deux ministres, et l’exploration des perspectives de leur renforcement. MM. Boukadoum et Pacheco ont réitéré l’engagement des deux pays à   poursuivre leurs efforts en vue de donner une nouvelle dynamique aux relations bilatérales et à les élargir à de nouveaux domaines de   coopération, notamment l’énergie et le commerce, précise la même source. Il a, par la suite, eu un entretien avec le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères de la République du Vietnam. Les deux ministres se sont félicités de la qualité des relations entre les deux pays, exprimant leur volonté de les hisser au niveau du potentiel réel et des relations historiques et d’amitié entre les deux pays. Il a été convenu, dans cette perspective, d’œuvrer de concert pour consolider la coopération économique et la concertation sur les questions internationales d’intérêt commun. Son entretien avec le vice-Premier ministre, ministre des Affaires   étrangères, Sir Louis Straker, de Saint-Vincent et les Grenadines, a porté sur les questions inhérentes à la coopération bilatérale et la nécessité de la consolider davantage. Les deux ministres sont convenus, à cette occasion, de la signature d’un mémorandum d’entente sur le programme de bourses universitaires entre les deux pays.  Ils ont également procédé à un échange de vues sur la situation d’actualité qui prévaut dans la région du Sahel. Pour ce qui est de son entretien avec le ministre des Affaires étrangères   et du Commerce des Iles Marshall, M. John Silk, les deux ministres sont convenus de la signature d’un communiqué conjoint établissant les relations diplomatiques entre les deux pays. Qualifiant cette étape de "moment historique", les deux ministres ont souligné la nécessité de maintenir les consultations et la concertation dans les fora internationaux sur les questions d’intérêt commun. Par ailleurs, il s'est entretenu avec son homologue de la République d’Argentine, M. Jorge Faurie, les deux ministres sont convenus de la   nécessité de conjuguer leurs efforts pour étendre les bonnes relations qui existent sur le plan politique entre les deux pays au domaine économique à l’investissement et au partenariat.  M. Boukadoum a notamment évoqué avec le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies, M. Jean-Pierre Lacroix, les conditions de déploiement des opérations de maintien de la paix, en Afrique de manière générale et dans notre voisinage immédiat. Il a, à cet égard, mis l’accent tout particulièrement sur la Minusma et la Minurso. Le chef de la diplomatie algérienne s'est entretenu également avec le président du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), M. Peter   Maurer.  L'échange a porté sur l'état de la coopération entre cette organisation et les institutions algériennes concernées.  M. Boukadoum et son interlocuteur se sont félicités des relations historiques entre l’Algérie et le CICR qui remontent à la période de la   guerre de Libération nationale et sont convenus d’œuvrer à leur consolidation.  M. Maurer a salué les efforts consentis par l'Algérie en matière de promotion du droit international humanitaire, louant, à cet égard,   l'organisation par notre pays de plusieurs activités en la matière.

Réunion ministérielle du Mouvement  des Pays Non Alignés   

M. Boukadoum, a pris part, jeudi dernier à New York, à la réunion ministérielle du Mouvement des Pays Non Alignés, dans le cadre de sa participation aux travaux de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies. A cet égard,il a réaffirmé "l'attachement de l’Algérie au multilatéralisme, aux fondements et à l'esprit qui ont prévalu à la création du mouvement, en particulier le respect des principes de la Charte des Nations unies,   notamment le respect de l'intégrité territoriale, la souveraineté des Etats, le règlement pacifique des différends et du droit à l'auto-détermination des peuples dans leurs luttes contre l'occupation étrangère". Organisée sous le thème "Défendre les principes de la souveraineté en tant que moyens de préserver la paix et la sécurité internationales et de  favoriser les relations amicales et la coopération", cette réunion intervient en fin de mandat de la présidence vénézuélienne du mouvement des pays non alignés et à quelques semaines du Sommet du Mouvement prévu à Bakou, les 25 et 26 octobre 2019. Le ministre des Affaires étrangères a insisté lors de cette réunion sur   "la pertinence des principes fondateurs du mouvement face aux défis posés par la mondialisation et l'unilatéralisme", en rappelant "l'apport historique du Mouvement à l’émancipation de la colonisation de la majorité de ses pays membres". Il a appelé, à ce titre, le Mouvement à "soutenir la cause palestinienne, à œuvrer au parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental et à poursuivre le soutien constant du Mouvement à la cause sahraouie et au droit de son peuple à l'auto-détermination". 
Abordant les crises et les conflits secouant la région, le chef de la diplomatie algérienne a souligné que "l’Algérie est en faveur du dialogue inclusif, des solutions politiques et de leur appropriation par les parties   aux conflits". M. Boukadoum a, par ailleurs, appelé à davantage de mobilisation contre le terrorisme et le crime transnational et a souligné "l'urgence d’adopter des réformes en matière économiques et du développement durable".
 
L'Algérie attachée à l'édification de l'UMA

«L'Algérie demeure attachée à son choix stratégique visant à poursuivre l'édification de l'UMA dont le coup d'envoi avait été donné à Alger il y a trois décennies», a souligné M. Boukadoum dans son intervention,   ajoutant : «Mon pays est pleinement disponible à traduire cet objectif   auquel aspirent nos peuples». 
Déplorant, par ailleurs, l'absence de la dynamique qu'avait envisagée le SG, concernant la question du Sahara occidental, le chef de la diplomatie a indiqué avoir «reçu, non sans regret, la nouvelle de la démission de l'émissaire personnel du SG de l'ONU, Horst Köhler, et nous souhaitons vivement que l'esprit de dialogue règne entre les frères dans le Royaume et le Front Polisario dans le but de parvenir à une solution définitive garantissant au peuple sahraoui son droit légitime à l'autodétermination, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et aux résolutions de l'AG et du Conseil de sécurité y afférentes».

Œuvrer pour un monde en paix

Le ministre a affirmé, vendredi, lors de la 74e session de l’AG de l’ONU que l’Algérie «souligne clairement son engagement à œuvrer dans un monde où règnent paix et vivre ensemble, notamment dans son voisinage et sa région, un monde où le multilatéralisme sera l’outil privilégié et où l’ONU sera l’inspirateur et le moteur d’un monde que nous voulons plus sûr, plus solidaire et plus respectueux de la nature». 
«Les défis d’un monde multilatéral sont intimement liés à la question de la réforme des Nations unies, laquelle revêt une importance particulière car les mécanismes de l’Organisation, fondés sur des équilibres de l’après-Deuxième Guerre mondiale ne répondent plus efficacement à la composante de la communauté internationale et aux défis de l’époque», a ajouté le ministre, mettant en avant l’impérative actualisation des mécanismes de l’ONU.
«La politique du deux poids, deux mesures et l’impunité que nous avons constatées durant les précédentes décennies ont eu un impact grave sur l’autorité morale du système multilatéral et le respect du drapeau des Nations unies, ce qui rend l’aspiration à la réforme une revendication légitime et urgente», a-t-il poursuivi. Pour M. Boukadoum, la rénovation du processus de gouvernance des Nations unies «nécessite de mettre l’accent sur le rôle pivot de l’Assemblée générale et de démocratiser le Conseil de sécurité», ajoutant que la démarche entreprise par l’Union africaine (UA) pour la réforme du Conseil de sécurité «est intéressante et l’Algérie demeure disposée à contribuer efficacement à ce processus». Le chef de la diplomatie a affirmé que l’Algérie «restera fidèle à son engagement de contribuer positivement à la réalisation du progrès escompté s’agissant des questions du désarmement et du renforcement des mécanismes multilatéraux pertinents, y compris la session de la Conférence du désarmement que présidera l’Algérie début 2020».  Abordant les crises dans la région arabe, M. Boukadoum a estimé que «l’incapacité» de la communauté internationale à adopter les bonnes approches pour leur règlement en accord avec les principes de la Charte des Nations unies et du Droit international avait «aggravé» ces crises et «nourri» l’extrémisme et la violence. Evoquant la question palestinienne, il a affirmé qu’il s’agissait d’«une question centrale étroitement liée à plusieurs autres crises et à la sécurité régionale au Moyen-Orient et dans le monde», regrettant que «les nombreuses résolutions onusiennes contraignantes et l’initiative arabe constructive soient hélas restées lettres mortes, éloignant la perspective de règlement de cette question selon les exigences de la légalité internationale».
Concernant la Libye, M. Boukadoum a réaffirmé que le règlement de la crise libyenne ne saurait se concrétiser «sans les Libyens et les pays voisins», soutenant que «l’intervention étrangère ne peut pas être l’approche idoine de règlement». S’agissant de la situation en Syrie, l’Algérie estime qu’«il est aujourd’hui important de se concentrer sur les impératifs de la solution politique et de la réconciliation nationale afin de permettre à tous les Syriens de revenir dans le giron de la société et de prendre part à la reconstruction», a souligné le ministre des Affaires étrangères. M. Boukadoum a, par ailleurs, souhaité que la voie du dialogue au Yémen aboutisse dans le respect de la légalité nationale et internationale avec la poursuite des efforts de lutte contre le terrorisme et les actes d’agression inacceptables.
Evoquant l’insécurité dans la région du Sahel qui a été le facteur de prolifération des groupes terroristes, M. Boukadoum a indiqué que l’Algérie «de par son positionnement géographique et sa longue expérience dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent sur son territoire, et étant le socle de la stabilité en Afrique et dans la Méditerranée, a mis en place une politique globale conciliant lutte, sans relâche, contre ce fléau mondial et réformes profondes dans tous les domaines».
Dans son intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU, le chef de la diplomatie a souligné qu’«un grand intérêt» devait être accordé au volet de l’immigration, appelant à organiser le phénomène de l’immigration dans le cadre d’approches globales et équilibrées qui prennent en compte aussi bien les intérêts des pays d’origine, de transit et de destination que les raisons profondes de ce phénomène.
«L’Algérie, qui est pleinement convaincue des principes de l’ONU et des idéaux de la paix et du respect mutuel, veut établir des relations de solidarité et de stabilité», a-t-il soutenu, ajoutant «les Algériens aspirent à la prospérité de leur pays pour qu’il puisse poursuivre sa démarche active pour le maintien de la paix, de la sécurité et du vivre ensemble en paix dans son espace géographique, dans la région du Sahel et de la Méditerranée, en Afrique et à travers le monde».

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