mercredi 16 octobre 2019 13:27:20

Affaire Saïd Bouteflika, les anciens généraux Toufik, Tartag, Nezzar et Louisa Hanoune : Le procès s’ouvre ce matin

La justice militaire les avait inculpés d’« atteinte à l’autorité de l’armée » et de « complot contre l’autorité de l’État ».

PUBLIE LE : 23-09-2019 | 0:00
D.R

Le procès de Saïd Bouteflika, frère et conseiller de l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika,  de l’ex-patron du DRS, le général Mohamed Mediène dit Toufik, de l’ex-coordinateur des Services de sécurité, le général Bachir Tartag, de l’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar, ainsi que de la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, s’ouvre, aujourd’hui au Tribunal militaire de Blida.

Les prévenus sont poursuivis pour «atteinte à l’autorité de l’Armée» et «complot contre l’autorité de l’Etat», selon le communiqué du procureur du tribunal militaire de Blida, datant du 5 mai dernier, jour de l’arrestation de Saïd Bouteflika, le général Toufik et le général Tartag, qui sont incarcérés à la prison militaire de Blida, alors que Louisa Hanoune a été arrêtée le 9 mai, date de sa mise en détention à la prison civile de Blida.
Il est reproché aux quatre prévenus, «d’atteinte à l’autorité de l’Armée» et «complot contre l’autorité de l’Etat» d’avoir organisé deux réunions secrètes les 27 et 31 mars, à la résidence d’Etat Dar El Afia pour «examiner la situation politique du pays», selon Rachid Khane, un des avocats de Louisa Hanoune.
L’ouverture de ce procès intervient une semaine juste après que l’instruction soit achevée, selon un communiqué du procureur militaire de Blida et «l’audience ne devrait pas aller au-delà de trois jours», affirme cet autre avocat de Mme Hanoune.
Selon l’article 248 du code de la justice militaire sur lequel le procureur s’est appuyé pour les mettre en détention préventive, les quatre mis en cause encourent une peine de 5 à dix ans de prison.
Pour ce qui est du collectif de défense des mis en cause, chacun y va de ses arguments. Pour Me Brahimi par exemple, « les quatre inculpés, comme chacun le sait, sont poursuivis conformément aux articles énoncés par la justice militaire et le Code des procédures pénales. En vérité, j’attendais une autre décision de la part du juge d’instruction, à savoir prononcer le non-lieu parce que nous pensons que ces personnes n’ont pas commis les crimes pour lesquels elles sont poursuivies. Cependant et puisque la date du procès est fixée, nous irons au tribunal militaire de Blida et nous devons nous y préparer», déclarait-il dans un entretien à la presse le 14 septembre dernier.
M. Miloud Brahimi qui est l’avocat du général Toufik, a également fait une autre requête : «Il n’y a aucune raison pour que le procès reste secret. Au contraire, nous voudrions entendre les propos de ceux qui sont jugés. Partant du fait que la justice se prononce au nom du peuple, il (le peuple) est de son droit d’être au courant des péripéties du procès», a-t-il souligné, tout en réclamant que le procès soit retransmis en direct à la télévision. Des propos que le ministre de la Communication porte parole du gouvernement a recadrés lorsque des journalistes l’ont questionné à ce sujet. En effet, celui-ci a estimé que le plus important dans cette affaire, «n’est pas la retransmission en soi, mais que la justice assure un procès juste et équitable concernant toutes ces affaires ou celles liées à la corruption» en ajoutant que tout ce qui concerne la justice «est de propre son ressort», relevant ainsi que «l’État est déterminé à combattre la corruption et tous ceux qui ont contribué à conduire le pays à cette situation difficile ».
En attendant, et au vu de l’annonce sur l’état de santé du général Toufik «qui souffre encore des séquelles d’une chute qui a provoqué une fracture de l’épaule, mal guérie», ses avocats comptent introduire une demande de report du procès à une date ultérieure. «Nous ne savons pas si la demande sera acceptée ou non, mais nous espérons que le tribunal fera preuve d’humanisme et de clémence face une telle situation», souhaite Me Farouk Ksentini dans un entretien accordé à un média de la presse nationale.
Il convient de rappeler que dans le cadre de la même affaire, le même parquet militaire de Blida avait lancé, le 6 août dernier, des mandats d’arrêt internationaux contre l’ex-ministre de la Défense Khaled Nezzar, son fils Lotfi, gérant de la société Smart Link Com (SLC), et le président de la Société algérienne de pharmacie (SAP), Farid Benhamdine. Selon la télévision algérienne. Ces derniers sont accusés de «complo » et de «trouble à l’ordre public». Des faits punis par les articles 77, 78 et 284 du code pénal militaire.
    Salima Ettouahria


 

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