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Le Dr Mekidèche à propos des financements structurants et des arbitrages du secteur énergétique : « Mettre à jour la stratégie »

Un pas en avant, un pas en arrière : sur l’Energie, ce n’est pas la première fois que le gouvernement donne à voir cette chorégraphie. Un nouveau mix énergétique basé essentiellement sur les EnR semble être tué dans l’œuf.

PUBLIE LE : 22-09-2019 | 0:00
D.R

Un pas en avant, un pas en arrière : sur l’Energie, ce n’est pas la première fois que le gouvernement donne à voir cette chorégraphie. Un nouveau mix énergétique basé essentiellement sur les EnR semble être tué dans l’œuf. Une efficacité énergétique non atteinte, en dépit du cortège de discours et de promesses. Raté ? Sollicité par nos soins, Mustapha Mekideche, vice-président du Conseil national économique et social (CNES) souligne que l’Algérie est dans une «situation très préoccupante, mais qui peut être transformée en opportunité avec des stratégies adaptées et conquérantes». Ce n’est pas une sinécure. En témoignent des chiffres révélateurs annonçant la diminution de 17% des quantités d’hydrocarbures produites entre 2007 et 2017, accentuée par une consommation locale explosive et un contexte énergétique mondial incertain. D’où l’urgence, commente le Dr Mekideche, de «mettre à jour la stratégie du secteur en termes notamment de financements structurants et d’arbitrages en la matière». Ces difficultés de fixer le cap, enchaîne-t-il, «sont repérables aussi bien dans les longs délais pris pour la révision de la loi sur les hydrocarbures que dans l’étroitesse des marges de manœuvre pour implanter la stratégie de développement de la Sonatrach dans l’amont mais aussi dans la pétrochimie». Dans son analyse, le fondateur du cabinet de stratégie 2MC relève une autre difficulté d’ordre plus structurel, «celle des inerties sur la révision d’un modèle énergétique obsolète et gaspilleur, pour le volet consommation et conservateur et timoré pour le volet production». Et indique «la déplétion des gisements et leur vieillissement rendent problématique le maintien des niveaux de production atteints dans les hydrocarbures conventionnels face à une demande qui explose». Aux yeux du Dr  Mekideche, le fonctionnement du modèle relatif à la consommation tarifaire «devient de plus en plus problématique car les subventions financées par le canal budgétaire arrivent à leur limite par incapacité budgétaire du fait de la récurrence des déficits non financés classiquement». Et pour relever l’ampleur du phénomène, le vice-président du CNES indique qu’«il faut savoir que les remboursements des préfinancements des subventions du gaz naturel, carburants et électricité par la Sonatrach et la Sonelgaz ont représenté 29,8% des 1.549 milliards DA de ressources émises en financement non conventionnel à fin décembre 2018». Même tempo pour les EnR. «Les retards sont importants», s’indigne l’expert. Et de rebondir sur le programme lancé en 2011 par les pouvoirs publics, lequel «n’a toujours pas été mis en œuvre de façon significative, en dépit de la volonté politique affichée et réitérée régulièrement». Des solutions, explique-t-il, «peuvent être trouvées en limitant par exemple les gaspillages du modèle de consommation et en transférer les économies à un fonds des EnR, d’autant que les coûts dans l’électro-solaire, à technologie photovoltaïque, ont considérablement baissé». Les systèmes décentralisés (zones montagneuses, zones sahariennes isolées, collectivités regroupées, infrastructures de vie et d’activités, etc.) peuvent en bénéficier. Des perspectives ? «Le modèle de production et de consommation énergétique doit être élaboré formellement et légitimé politiquement pour arrêter les incertitudes et les fausses interrogations dans sa mise en œuvre et, in fine, assurer l’efficacité du programme de notre basket énergétique dans tous ses volets», conclura-t-il.
    Fouad Irnatene
 

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