mercredi 16 octobre 2019 13:27:51

31e vendredi des marches populaires : Concrétiser la volonté du peuple

Le 31e vendredi, la dynamique citoyenne a encore une fois affiché sa détermination à poursuivre un mouvement désormais ancré dans la tradition hebdomadaire de la capitale.

PUBLIE LE : 21-09-2019 | 0:00
Ph. : Billel
Alger
Une Algérie indivisible
 
Le 31e vendredi, la dynamique citoyenne a encore une fois affiché sa détermination à poursuivre un mouvement désormais ancré dans la tradition hebdomadaire de la capitale.
 
Les manifestants ont tenu leur engagement, en affichant sur leurs pancartes, des slogans appelant au départ des  «symboles  du régime» et à la poursuite de la lutte contre «les résidus  de la corruption». 
Les manifestants ont exprimé leur volonté de parvenir à l’éradication de la corruption et à en finir avec l’ancien système.
Aussitôt la prière terminée, les manifestants ont entamé la marche, à la sortie des mosquées de la capitale, avec les cris d’«Allah Akbar», «Vive l’Algérie indépendante». Une gigantesque marée humaine s’est formée rapidement dès 14h. Les manifestants ont  sillonné les rues d’Alger pour répéter ensemble «Le peuple ne s'arrêtera pas».
 
À la place Audin, à la Grande- Poste, aux rues Abdelkrim-Khettabi et rue Hassiba-Benboulaïd, les manifestants ont dessiné les belles images d’un hirak pacifique et ont  formé cette mosaïque d’initiatives citoyennes pour construire «une Algérie de la liberté, de la justice sociale et de la démocratie». C’est une «Révolution extraordinaire», lit-on sur cette banderole brandie par une dame qui ne cessait de scander en harmonie avec les autres manifestants : «Partez tous !» Hier, les manifestants ont scandé : «Algérie une et indivisible», «Alger capitale de tous les Algériens.» Cela illustre la solidarité populaire qui ne cesse de se réaffirmer chaque mardi et vendredi, réaffirmant également la détermination du peuple à ne pas céder tout en rejetant l’organisation des élections dans les conditions actuelles. «Pas d’élection sans une justice libre et indépendante.» 
Le peuple ne cesse, depuis maintenant plus de sept mois, de donner des leçons de patriotisme, de nationalisme et de détermination pour son épanouissement. 
 
Le sujet qui revient dans les discussions des manifestants était celui en lien avec les «manières d’agir» dans la situation actuelle.
Sur les visages des manifestants une lueur d'espoir est apparue : «Nous sommes proches d'une Algérie libre et démocratique.» 
«Pour notre une Algérie unie, nous nous battrons et nous n'abandonnerons pas. Que faut-il de plus pour les bandes ?» s’interrogent-ils. 
Les manifestants ont brandi les mêmes slogans et les mêmes mots d'ordre, pour réaffirmer leur attachement à l'unité nationale et au «changement du système», à même d'édifier un État de droit basé sur la justice et la démocratie. Encadrés par un dispositif sécuritaire imposant, les manifestants ont scandé les slogans habituels à travers lesquels ils ont réaffirmé leur «refus de participer à une élection présidentielle organisée par les symboles de l'ancien système politique», tout en réitérant leurs appels à «la libération des personnes arrêtées en relation avec les manifestations». Ils ont également revendiqué le départ de l'actuel gouvernement et «la dissolution des partis de l'ancienne alliance présidentielle», à savoir le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND), Tajamou’e Amel El-Jazaïr (TAJ) et le Mouvement populaire algérien (MPA), dont les leaders sont en détention provisoire à la prison d'El-Harrach. D'autres slogans ont été brandis par les manifestants, entre autres «Djeich chaâb khawa khawa» (l'Armée et le peuple sont des frères), alors que sur d'autres banderoles, les manifestants ont appelé à «la préservation de l'unité nationale», «la consécration de la justice et de la démocratie», ainsi que «la lutte contre la corruption» et «le jugement de tous ceux qui ont été impliqués dans la dilapidation des deniers publics». 
 
Le 31e vendredi des marches pacifiques a également coïncidé avec une multitude d’événements majeurs ayant marqué la scène politique nationale, notamment la poursuite du jugement et la mise en détention provisoire d'anciens hauts responsables et hommes d'affaires, impliqués dans des affaires de corruption et d'abus de fonction, ainsi que la convocation du corps électoral, dimanche dernier, par le chef de l'État, Abdelkader Bensalah, qui a fixé la date de la présidentielle pour le 12 décembre 2019. Dans un discours à la nation prononcé à cette occasion, M. Bensalah a appelé à «la mobilisation pour faire de ce rendez-vous le point de départ du processus de renouveau de notre Nation, et à œuvrer, massivement et fortement, à la réussite de cette échéance électorale qui permettra à notre peuple d’élire un nouveau Président qui aura toute la légitimité pour présider aux destinées de notre pays et concrétiser les aspirations de notre peuple». Dans ce sillage, l'ancien ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Charfi, a été installé à la tête de l’Autorité nationale indépendante des élections. Il a affirmé, dans sa première déclaration à la presse, qu'il «œuvrera pour rendre la parole au peuple afin de décider de son avenir et parachever l'édification de l'État». Pour sa part, le Général de Corps d'Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a assuré que toutes les conditions «propices» à la tenue de l'élection présidentielle dans «un climat de confiance et de transparence ont été réunies, à travers la mise en place de l’Autorité nationale indépendante des élections, l’élection de son président et son installation avec ses 50 membres, qui comptent parmi les compétences nationales connues pour leur intégrité et leur loyauté». 
Tahar Kaidi et APS
Bordj Bou-Arréridj
L’Algérie au-dessus de toute autre considération 
 
 
Les contestataires qui ont choisi de battre le pavé comme ils le font depuis près de 7 mois insistent pour parachever le changement profond du système politique national avant d’aller vers le vote.
Ils ont sillonné les principales artères du chef-lieu de wilaya, pour réclamer justement ce changement qui passe, d’après eux, par le départ de tous ces qui sont responsables de la crise dans laquelle le pays se débat.
Les marcheurs, qui étaient drapés de l’emblème national, ont appelé au renforcement des libertés individuelles et collectives, soulignant la nécessité d’aller vers un véritable régime démocratique. Ils n’ont pas manqué d’apporter leur solidarité pour tous ceux qui luttent pour la satisfaction de ces revendications.
La marche, qui a réuni les représentants de plusieurs catégories sociales comme les femmes, les jeunes et les moins jeunes,  était encadrée par les services de sécurité qui réglaient la circulation pour faciliter son déroulement. Ceux qui ont choisi de soutenir les élections ont opté pour d’autres espaces. L’idéal serait que les deux avis soient opposés dans un seul cadre. 
Peut-être qu’ils vont se rejoindre pour une seule voie qui prendrait en considération les propositions des uns et des autres pour mieux servir la cause nationale. L’amour de l’Algérie qui anime les tenants des deux visions saurait les réunir une nouvelle fois comme le Hirak l’a fait au début du mouvement pour réaliser le changement tant attendu. La réponse des opposants au vote ne s’est pas fait attendre.
Ces opposants sont sortis hier dans la rue ont exprimer leur refus de cette option qui consacre, selon eux, la poursuite du système politique actuel.
F. D.
 

Annaba
changement radical du système 
 
 
Le 31e vendredi du mouvement populaire du 22 février a vu, hier à Annaba, une forte mobilisation par rapport aux précédents. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes ont commencé à se rassembler après la prière du vendredi devant le Théâtre régional Azzedine-Medjoubi, face à l’esplanade du cour de la Révolution, pour scander les slogans habituels appelant au changement radical du système politique et au départ de ses symboles. Brandissant l’emblème  national, des banderoles et des pancartes, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au système, rejetant le dialogue. 
Entonnant le chant «Djazaïr Hora Dimoqratia» et l’hymne national, les marcheurs, parmi lesquels il a été remarqué une forte présence de femmes et de jeunes filles, ont battu le pavé, tout au long du cour de la Révolution en passant par le siège de la wilaya, réclamant la libération des détenus  et l’instauration d’un État de droit et des libertés. Un groupe de femmes formant un carré se distinguaient par rapport aux autres marcheurs avec leurs bouches barrées par une croix exprimant l’absence de liberté d’expression. La manifestation s’est déroulée pacifiquement sous l’œil vigilant des services de sécurité.           B. G.
 

BéjaÏa
Les avocats mobilisés
 
Les avocats affiliés à l’ordre régional des avocats de Béjaïa ont organisé, jeudi, un sit-in à l’intérieur de la cour, suivi d’une marche, pour appeler à la «libération de la justice», à «la libération des personnes arrêtées lors des marches populaires» et à «la levée des restrictions sur les libertés» en rapport avec le mouvement citoyen, a-t-on constaté. 
Drapés de leurs robes noires et massés sur le perron de la cour, les manifestants ont scandé et entonné des mots d’ordre, appelant à un «changement radical du système politique» et au «départ de toutes ses figures de proue». 
Après une longue prise de parole, les avocats contestataires ont improvisé une marche pacifique à travers les rues adjacente et mitoyenne à leur lieu de travail. Des citoyens se sont mêlés à leur cortège qui s’est déroulé dans le calme.  
 
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