Production céréalière : Assurer la sécurité alimentaire

Booster la production nationale, un grand chantier
PUBLIE LE : 18-09-2019 | 1:00

Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Chérif Omari, a indiqué, hier à Alger, que la production nationale des céréales, réalisée durant la campagne 2018-2019, a atteint un niveau record de plus de 60 millions de quintaux.

Lors de son intervention à l’occasion de la rencontre sur «l’établissement de la feuille de route pour l’optimisation des procédures de mise en œuvre de la campagne céréalière 2019-2020» organisée à l'Institut national de la recherche agronomique d'Algérie (INRAA) (El-Harrach), le ministre s’est félicité des résultats réalisés, notamment par la filière des céréales. Une filière «qui a fait gagner à la caisse d’Etat plus de un milliard de dollars, par la réduction de l’importation du blé tendre, et l’arrêt définitif de l’importation de blé dur».
«Bien sûr, cela est à porter au crédit des agricultures et aux efforts des encadreurs» dit le ministre, en expliquant qu’«à la fin de la saison de la moisson-battage, nous avons constaté que la production ne cesse d’augmenter jusqu’à réaliser des chiffres records, soit plus de 60 millions de quintaux», et d’affirmer «cela nous encourage à dire que le secteur est caractérisé, grâce à la synergie de différents intervenant, par une dynamique progressive».
Ces résultats, fort positifs, ont encouragé le ministre à déclarer que «l’Algérie a les moyens d’assurer sa sécurité alimentaire». Mieux, «elle est sécurisée c’est l’autonomie que l’on cherche actuellement», affirme le ministre.
M. Omari a saisi l’occasion pour mettre en avant les ingrédients essentiels de cette réussite : «Nous nous sommes concentrés cette année, beaucoup plus sur l’amélioration des mesures et procédures de collecte et de stockage».
Aussi, comme il le soulignera : «Avec l’intervention du Conseil professionnel, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et l’ensemble des autres intervenants nous avons atteint une capacité de stockage d’orge et de blé dur qui nous laisse à l’aise par rapport à la consommation locale sans le recours à l’importation», mieux, «cela laisse présager une opportunité par rapport à l’exportation de notre surplus», a-t-il expliqué.
Derrière cet optimisme affiché, le ministre se veut réaliste. Il ne cache pas «les insuffisance» en admettant l’existence d’«un problème de productivité et de rendement» dans la filière. Mais il relativise encore en expliquant que la filière a «une marge de progression» qui reste à exploiter. Il s’agit pour le responsable en charge du secteur, d’œuvrer non seulement de l’amélioration substantielle de l’offre, mais également, «de revoir nos modes et approches d’intervention par rapport à nos moyens matériels, nos ressources humaines et notre potentiel climatique», a-t-il avancé.
Les céréales occupent une place considérable dans l’agriculture algérienne, elles couvrent annuellement 3.5 millions d’hectares, soit plus de 40% de la superficie agricole utile, mais la production demeure insuffisante par rapport aux besoins.

Booster la production nationale, un grand chantier

Dans l’esprit du premier responsable du secteur, l’équation est très simple. Il résume la démarche dans «la régulation, la rationalisation et l’optimisation». Afin de mettre en œuvre une stratégie fructueuse, M. Omari, préfère parler de «logiques d’ensemble» de «système» et d’«intégration» au lieu de secteur ou filière. Autrement dit «la synergie, la coordination et la coopération avec les autres départements notamment celui du transport et celui de l’enseignement supérieur est nécessaire».
 Pour le ministre une stratégie, qui se projette en un ensemble d’objectifs cohérents et de ressources destinées à promouvoir, est une nécessité : «Il est impératif de mutualiser les moyens et fédérer les efforts et les synergies pour renforcer nos capacités nationales et réduire les charges liées à l’importation», a-t-il également souligné.
Se projetant sur l’avenir, le ministre avance «nous avons un grand chantier à ouvrir». Evidemment, ce n’est pas au secteur de l’agriculture tout seul à entreprendre cette démarche, car les insuffisances et difficultés à surmonter sont le résultat d’un problème de régulation, rationalisation des importations, et d’un problème de modèle de consommation», a-t-il tenu à affirmer, ajoutant qu’il s’agit aussi, de booster la production nationale, notamment en étendant la culture de ces céréales au Sud, et de revoir le mode de consommation des citoyens par la rationalisation de la consommation de blé tendre et l’encouragement de la consommation de l’orge et du blé dur.
C’est par le biais de la recherche scientifique et de l’innovation que le ministre veut initier une nouvelle démarche pour son secteur.
Lorsqu’il s’adresse aux participants à cette rencontre, pour la plupart des universitaires et experts renommés, il leur fera cette requête : «Nous avons besoin de nous appuyer sur ces acquis, exploiter les projets innovants et adopter les mesures et les méthodes scientifiques qui nous permettent de nous libérer de la dépendance».
A noter que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’atelier national de mise en œuvre des recommandations issues de la conférence nationale sur le développement de la filière céréales, tenu le 27 juillet dernier.
    Tahar Kaïdi


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