lundi 23 septembre 2019 03:40:12

Ali Mebroukine, professeur de droit : « Les Algériens iront voter en décembre »

Plusieurs enquêtes d’opinion réalisées, ici et là, donnent à penser qu’une majorité d’Algériens est disposée à aller voter à la présidentielle de décembre 2019, dès l’instant que l’Instance chargée du scrutin est réellement indépendante.

PUBLIE LE : 12-09-2019 | 0:00
D.R
Plusieurs enquêtes d’opinion réalisées, ici et là, donnent à penser qu’une majorité d’Algériens est disposée à aller voter à la présidentielle de décembre 2019, dès l’instant que l’Instance chargée du scrutin est réellement indépendante. 
 
« Nos compatriotes ont pris conscience, depuis quelques semaines, d’une double nécessité : celle de se donner un président légitime, capable de prendre à bras-le-corps les redoutables problèmes du pays et celle de voir la crise économique connaître un début de résolution tandis que grandissent les défis sur le plan financier en raison de la baisse régulière de nos réserves de changes», c’est ce qu’a indiqué, dans une contribution adressée à notre rédaction, le professeur de droit à l'Ecole supérieure algérienne des affaires et à l'Ecole supérieure de la magistrature, Ali Mebroukine.
Il appartiendra au président élu d’entreprendre les réformes politiques et institutionnelles visant le passage à l’Etat de droit et notamment l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives, ajoute-t-il avant de noter que les Algériens sont attachés à la liberté d’expression, de réunion, de manifestation, d’association. Il estime que la prochaine Constitution devra les consacrer.
Les Algériens tiennent à être tous égaux devant la justice ; celle-ci devra être indépendante de tous les pouvoirs et pas seulement des pouvoirs publics, mais aussi de celui de l’argent qui a régné en maître quasi absolu 20 ans durant. Ils attendent de l’exécutif, comme cela est le cas aujourd’hui, qu’il combatte sans relâche le fléau de la corruption, même si celle-ci n’est pas et n’a jamais été l’apanage d’une institution ou d’une catégorie particulière. Ceci dit, l’exemple doit venir du sommet pour faire des émules. 
C’est la première fois, non pas seulement en Algérie, mais dans le monde, qu’un scrutin électoral se déroule sans le support de l’administration. C’est une situation inédite qui servira certainement de cas d’école aux spécialistes de la sociologie politique. Ni le ministère de la Défense, ni celui de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, ni celui de la Justice n’interféreront, si peu que ce soit, dans le processus électoral depuis son commencement jusqu’à la proclamation des résultats provisoires par la Haute autorité nationale indépendante des élections (HANIE), les résultats définitifs étant prononcés par le Conseil constitutionnel qui pourra statuer sur d’éventuels recours des candidats. 
Les projets de lois que le Parlement adoptera portent sur divers amendements du Code électoral et la création de la Haute Autorité. S’agissant de ce second texte, toutes les garanties d’indépendance des membres qui la composent ainsi que la souveraineté absolue de cette entité à l’égard de tous les pouvoirs, quels qu’ils soient, sont prévues et assorties de  garde-fous, tels qu’il sera impossible pour l’Administration, à supposer qu’elle le veuille, de truquer le scrutin. Au demeurant, le pouvoir n’ignore nullement les conséquences susceptibles de résulter d’un scrutin dont la régularité aurait été majoritairement contestée. Un tel scénario porterait en germe le chaos de tout le pays. 
 
Le chef d’état-major  a tenu tous ses engagements 
 
Dans au moins trois domaines, force est d’admettre que le chef d’état-major a respecté sa parole. 
1. Respect des articles de la Constitution relatifs à la souveraineté populaire et à la souveraineté nationale. Seule une élection présidentielle peut en garantir l’effectivité d’autant qu’elle sera suivie de l’organisation d’élections législatives, au moment qui sera jugé le plus opportun.
2. Retrait total de l’Administration du processus électoral.
3. Lutte opiniâtre et déterminée contre la corruption et la criminalité organisée. 
«A ce propos, nous avions noté dans une contribution précédente, que le travail de fond mené par le ministre de la Justice avait déjà donné des résultats appréciables en seulement un mois. Reculent un peu partout la corruption active, les conflits d’intérêt, le blanchiment du produit du crime, le trafic d’influence ou encore la prise illégale d’intérêts. En outre, les lois et règlements font l’objet d’une application plus stricte qui laisse une place réduite à leur interprétation par l’Administration, surtout lorsqu’il s’agit des droits des usagers et administrés», écrit-il.
 Naturellement rien n’est parfait, car les intérêts en jeu sont colossaux et les clientèles du régime précédent n’ont pas toutes déclaré forfait, d’où la nécessité de poursuivre le combat en faveur de la moralisation de la vie des affaires ; c’est ce à quoi s’emploie le ministre de la Justice qui s’appuie sur une magistrature en voie d’indépendance.
 
L’Algérie traverse  des turbulences graves 
 
«Notre pays est en pleine tempête, laquelle est à la fois politique et économique. Beaucoup de nos compatriotes sont démobilisés et découragés. N’étaient les restrictions à la liberté de circulation des personnes, en dehors du territoire national, dues à la délivrance parcimonieuse des visas (et pas seulement de la part des consulats des pays occidentaux), des centaines de milliers de jeunes auraient déjà quitté l’Algérie sans esprit de retour. 
Par ailleurs, les ressources financières de l’Algérie diminuent comme dit plus haut, les ressources en énergie fossile déclinent dangereusement, les investisseurs étrangers boycottent l’Algérie depuis sept mois, le chômage a significativement augmenté depuis un an (il frappe 18% de la population active, ce qui est considérable). C’est en ayant égard à tous ces défis que le chef d’état-major et les membres du Haut Commandement militaire qui forment un ensemble parfaitement uni et homogène, ont décidé de mettre un terme à la dérive qui menace nos institutions et notre Etat et porte en germe la déstabilisation de toute l’Algérie. 
S’agissant de celles et de ceux qui prônent le harcèlement continu de l’Institution militaire, préconisent telle ou telle forme de désobéissance civile dont seule la population aurait à pâtir, plaident pour une période de transition qui ne réglera aucun des problèmes fondamentaux du pays (comme le démontrent les expériences étrangères) ou pis encore, ceux qui depuis l’étranger poussent à la scission de l’Etat central pour faire émerger un fédéralisme qui portera le coup de grâce à l’unité du pays, il reviendra au peuple, en décembre 2019, de leur infliger le plus cruel démenti en élisant le futur président de la République. 
Et alors l’Algérie sera sauvée, a-t-il conclu. 
 
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