lundi 23 septembre 2019 03:38:03

Mondial-2019 Poule C : deux fauteuils pour trois « gros »

De l'Angleterre, de la France et de l'Argentine, opposés dans la poule C de la Coupe du monde au Japon, dite «de la mort», un de ces gros bras du rugby mondial restera à quai.

PUBLIE LE : 12-09-2019 | 0:00
D.R

De l'Angleterre, de la France et de l'Argentine, opposés dans la poule C de la Coupe du monde au Japon, dite «de la mort», un de ces gros bras du rugby mondial restera à quai. 

Le XV de la Rose semble avoir une longueur d'avance sur ses deux concurrents. Les Anglais, justement, sont abonnés aux tirages compliqués: en 2015, ils avaient déjà hérité du groupe le plus relevé, placés avec l'Australie et le pays de Galles. Résultat: une élimination avant les quarts de finale de «leur» Mondial, une première pour eux et un pays organisateur. Ils paraissent cette fois à l'abri d'un tel fiasco dans une poule qui plus est épicée par la présence des Tonga et des Etats-Unis, difficiles à manoeuvrer bien que plus faibles. Les hommes d'Eddie Jones, appelé à la rescousse après le fiasco de 2015 et avoir fait des miracles à la tête du Japon, débarquent ainsi gonflés de certitudes sur l'archipel. L'Irlande en a fait l'amère expérience, balayée (57-15) le 24 août en match de préparation. Puissance et vitesse: ce XV de la Rose, que Jones veut mener à son deuxième sacre mondial après 2003, pique de nouveau, capable d'alterner les formes de jeu et emmené par des joueurs de classe mondiale dans toutes les lignes (George, Itoje, B. Vunipola, Farrell, Tuilagi, Daly). Le petit passage à vide de 2018 (50% de défaites, 5e place dans le Tournoi) après deux années fastes en 2016 et 2017 semble définitivement derrière. De nouvelles têtes ont émergé, comme le surpuissant ailier d'origine fidjienne Joe Cokanisaga (122 kg) ou les flankers Sam Underhill et Tom Curry. Et le bulldozer Manu Tuilagi (centre) est enfin débarrassé de ses pépins physiques qui lui ont gâché ses quatre dernières années. 
 
 Choc France - Argentine d’entrée 
 
 Le calendrier permet enfin aux Anglais de monter en puissance, puisqu'ils termineront contre l'Argentine (5 octobre) et la France (12). Ces deux grandes puissances abordent au contraire la compétition escortées de doutes et paraissent vouées à se battre pour la deuxième place. Elles seront vite fixées: elles ouvrent le bal, le 21 septembre à Tokyo. Malheur au perdant dans une réédition de l'édition 2007, où les Pumas avaient battu, devant leur public en ouverture, les Bleus. Moins de six mois en arrière, ces derniers terminaient en lambeaux un Tournoi des six nations inquiétant, marqué par deux raclées en Angleterre (44-8) et en Irlande (26-14). Face à la probabilité d'un accident industriel au Japon que constituerait une première élimination avant les quarts des finale, le président de la Fédération Bernard Laporte a décidé de muscler l'encadrement. En adjoignant au sélectionneur Jacques Brunel, arrivé fin 2017, Fabien Galthié... son successeur après le Mondial!  
 
 Doutes 
 
Cette situation particulière est censée permettre au XV de France de rivaliser avec les meilleurs au Japon, quatre ans après avoir été humilié par les All Blacks en quarts de finale (62-13). Les trois matches de préparation ont montré qu'il était en légers progrès, mais que le chantier demeurait important au plan de l'animation offensive, dont on ne sait toujours pas à qui elle sera confiée: le jeune Romain Ntamack ou Camille Lopez, plus expérimenté mais friable face au but? L'Argentine connaît, elle, le nom de son ouvreur titulaire, Nicolas Sanchez, déjà à la baguette en 2015, où les Pumas avaient atteint les demi-finales. Quatre ans plus tard, s'ils peuvent capitaliser sur l'excellente saison des Jaguares en Super Rugby (finale), ils attaquent le Mondial sur une série de neuf défaites. Leur friabilité en mêlée fermée, leur ancien point fort, interroge, alors que le groupe a perdu des éléments d'expérience avec le départ à la retraite de Marcelo Bosch, Juan Martin Hernandez et Juan Martin Fernandez Lobbe. Les Etats-Unis, même en progression, et les Tonga semblent eux réduits à jouer les arbitres. Un rôle qu'avaient tenu, justement, les joueurs du Pacifique en 2011, où ils avaient battu à la surprise générale la France en poules. 
 
Des « Aigles » en plein envol, mais encore jeunes 
 
Pas de chance au tirage: bien qu'en constante progression, les «Eagles» («Aigles») américains auront du mal à tirer leur épingle du jeu à la Coupe du monde au Japon, versés dans la «poule de la mort», où ils semblent condamner à lutter avec les Tonga pour éviter la dernière place. La présence des gros bras anglais, français et argentin ne leur autorise ainsi que peu d'espoirs avant leur «finale» face aux joueurs du Pacifique Sud, le 13 octobre. Mais à défaut de victoire, les Américains voudront confirmer leur progression, réelle, depuis l'édition 2015 qu'ils avaient quittée avec quatre défaites dans les valises et aucun point au compteur.
 Ils ont désormais relégué plusieurs longueurs derrière leur rival canadien, contre qui ils n'ont plus perdu depuis cinq ans (dix victoires et un nul). Surtout, ils ont enfin accroché à leur tableau de chasse une équipe du «Tier 1», l'élite du rugby mondial: l'Ecosse, battue à Houston l'été passé (30-29). Un succès confirmé par deux victoires face aux Samoa, en novembre suivant puis il y a un mois. «Nous avons montré que nous pouvions désormais être compétitifs face aux équipes du Tier 1», souligne le sélectionneur Gary Gold. Le technicien sud-africain attribue principalement cette progression à la création, fin 2017, de la «Major League Rugby», compétition professionnelle qui semble avoir pris son essor. «Nous avons désormais un effectif avec davantage de joueurs évoluant dans un environnement professionnel. Nous allons commencer à en voir les effets», estime Gold, à la tête d'un effectif dont près d'un tiers des joueurs évoluent en Angleterre (1re ou 2e division). Pour l'heure, malgré ces coups d'éclat, les Américains de l'ailier des Cardiff Blues Blaine Scully restent loin des meilleurs, alors que leurs homologues à VII tutoient les sommets mondiaux (2e du circuit mondial en 2019). Ils ont ainsi explosé contre les Irlandais à Dublin en novembre (défaite 57-14), et viennent de perdre assez largement face au Japon en préparation (34-20). 
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