lundi 23 septembre 2019 03:44:20

29e marche des étudiants à travers le pays : Une présidentielle transparente

Des groupes d’étudiants rejoints par des citoyens ont manifesté, hier, dans plusieurs wilayas du pays pour revendiquer le départ des figures de proue de l’ancien système politique et l’organisation d’élections présidentielles «transparentes».

PUBLIE LE : 11-09-2019 | 0:00
Ph. : Billel

Des groupes d’étudiants rejoints par des citoyens ont manifesté, hier, dans plusieurs wilayas du pays pour revendiquer le départ des figures de proue de l’ancien système politique et l’organisation d’élections présidentielles «transparentes». 

Des étudiants ont organisé une nouvelle marche à Oran, Mostaganem et Tlemcen, pour exprimer leur attachement aux revendications du Hirak et renouveler leur appel à la tenue d’élections présidentielles, «sans les figures de l’ancien système politique».
A Oran, les marcheurs se sont donné rendez-vous à la place du 1er Novembre avant de s’ébranler en direction du siège de la wilaya en traversant l’itinéraire emprunté habituellement à chacune de leur sortie hebdomadaire. Brandissant l’emblème national et des banderoles et autres pancartes portant leurs revendications, les étudiants ont scandé des slogans appelant au départ des symboles de l’ancien système et au respect de la souveraineté du peuple. A Mostaganem, des étudiants, accompagnés d’universitaires et d’activistes du Hirak, se sont contentés d’un rassemblement à la place de l’indépendance, au centre-ville du chef-lieu de wilaya. Les participants ont notamment scandé des slogans appelant à la poursuite de la lutte contre la corruption et à la libération des personnes arrêtées durant les manifestations. 
A Tlemcen, des dizaines d’étudiants ont également marché, du siège du tribunal jusqu’au siège de la wilaya, réitérant les principales revendications du Hirak. Aucune marche n’a été organisée dans les autres wilayas de l’Ouest du pays. Des groupes d’étudiants ont aussi manifesté dans plusieurs villes de l’Est du pays réitérant les revendications de changement des symboles de l’ancien système et le départ du Gouvernement. A Constantine, environ 150 personnes, entre étudiants et d’autres groupes, ont battu le pavé de l’avenue Abane-Ramdane avant de s’arrêter devant le siège de la Cour de justice scandant notamment «Algérie, libre démocratique», en encore «presse libre, justice indépendante». Les manifestants ont également revendiqué «le départ» de l’actuel Gouvernement avant de tenir un débat ouvert au centre-ville. Dans la ville de Sétif, les manifestants, une centaine dont des étudiants et de citoyens, se sont dirigés vers le monument érigé à la mémoire du chahid Saâl Bouzid puis la fontaine Ain El-Fouara. Ils ont fait une halte devant les bureaux du FLN et du RND réclamant leur retrait de la scène politique. Arrivés devant le siège de la wilaya, les marcheurs ont revendiqué le départ de symboles de l’ancien système. Dans les wilayas du centre, les marches ont eu lieu notamment à Tizi-Ouzou et Bejaia. Les manifestants qui ont marché à Tizi-Ouzou et qui étaient environ 200, ont déployé à la tête de la procession l’emblème national et une banderole sur laquelle était écrit «Non aux élections sans transition». A Bejaïa, les étudiants ont exprimé de nouveau leur rejet des prochaines élections présidentielles. Durant leur procession, ils ont appelé à la libération des détenus arrêtés lors des précédentes marches. 

Alger 
La souveraineté au peuple
 
   En cette journée de fête religieuse de l’Achoura, la foule était peu nombreuse dans les rues d’Alger, ce qui n’a pas empêché les étudiants d’être au rendez-vous de leur marche hebdomadaire. C’est aux environs de 10h que la procession, qui n’a pas rassemblé encore une fois que des étudiants mais une foule assez hétéroclite composée de différentes franges de la population, a entamé la marche depuis la place des Martyrs en direction de l’avenue Pasteur. 
Tout au long du parcours, la foule qui n’a pas drainé grand monde, a entonné l’hymne national et des chants patriotiques tels que Djazairouna. Profitant d’une halte non loin de l’avenue Pasteur, les manifestants ont appelé à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution afin de pouvoir renforcer la souveraineté du peuple et ce, conformément aux valeurs du 1er Novembre 1954.
En cette journée où le mercure était, faut-il le dire, particulièrement élevé, la foule a exhorté la justice de poursuivre sa lutte implacable contre la corruption, les corrompus ainsi que contre l’ensemble des personnes impliquées dans des affaires de dilapidation de deniers publics, jusqu’à la récupération total de l’argent dans les caisses de l’Etat. 
Des chants patriotiques entonnés à tue tête, ponctués de youyous ont marqué cette 29e marche des étudiants. Le cortège composé de jeunes, vieux, mères de familles, a, par la suite, repris la marche en empruntant traversant l’avenue Pasteur, à quelques mètres de la faculté centrale. 
Les manifestants ont mis à profit cette opportunité pour afficher leur unité avec les services de sécurité tels que l’ANP et la DGSN et ce, en scandant des slogans tels que «Armée et peuple : khawa khawa»,  et «l’Algérie est forte de son peuple et sûre par son armée».
Rejoignant vers 12h30, le boulevard Didouche-Mourad, les marcheurs drapés pour la plupart, de l’emblème national ont, d’autre part, chanté «Les Algériens sont tous des frères». A la jonction de l’avenue Didouche-Mourad et du boulevard Mohamed-Khemisti, la foule a aussi marqué une brève halte pour faire part du souhait de voir les générations futures vivre dans leur pays avec fierté. 
Arrivant enfin, à quelques mètres de la Grande Poste, lieu de ralliement hebdomadaire, les marcheurs ont exprimé leur souhait de mettre fin rapidement à la crise par le biais de la tenue d’une élection présidentielle représentative, tandis que d’autres ont rejeté carrément cette perspective, en appelant à une période de transition.  
Non loin de l’imposante bâtisse de la Grande Poste,  Houria, professeure d’université qui regardait la foule passer, confie que chaque semaine, elle descend de chez elle pour voir passer les manifestants et voir l’évolution de leur marche suivant les slogans. Une manière pour elle, de prendre le pouls de la société.  « Et c’est à partir de là », nous dit elle «que je me suis rendu compte que le mouvement populaire n’est plus ce qu’il était au cours des premières semaines des manifestations. Il a beaucoup changé. Il était assez populaire en son début, mais malheureusement il a été récupéré au fil des marches par les partisans du rejet de toute solution de sortie de crise. Et cela est clairement observable par la teneur de certains slogans», a-t-elle tenu à signaler. Un constat qui a vite été partagé par de jeunes badauds qui étaient en train de regarder la procession sur le boulevard Khemisti. Une procession qui a commencé à se disperser dans le calme, vers 13h, sous l’œil vigilant des forces de l’ordre venues assurer la sécurité des manifestants.
Sami Kaïdi
 
Tizi Ouzou  
Un état démocratique   
 
Les étudiants de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO) ont réinvesti hier la rue de la ville des Genêts pour réitérer leur engagement au coté du mouvement populaire revendiquant depuis le 22 février dernier le changement radical du système politique, le départ de toutes ses figures et l’établissement d’un Etat démocratique. La marche des étudiants de l’UMMTO auxquels se sont joints des enseignants universitaires et d’autres citoyens s’est ébranlée comme de tradition depuis le campus universitaire Hasnaoua, nouvelle ville, pour sillonner les principales artères de la ville des Genêts et aboutir enfin à la placette de l’olivier, entrée ouest de la même ville.  Des pancartes et banderoles sur lesquels étaient transcrites les principales revendications de la dynamique populaire ont été déployées par les marcheurs qui ont aussi scandés à gorge déployée des slogans hostiles à la tenue des élections présidentielles sans une période de transition et au dialogue mené par le panel. Les étudiants ont également scandé des slogans revendiquant la dissolution des deux principaux partis de la défunte Alliance présidentielle, à savoir le FLN et le RND, le départ de toutes les figures de l’ancien système qualifié et l’arrestation de toutes les personnes reconnues responsables de dilapidation des deniers du peuple, de détournement et d’atteinte à l’économie nationale.
 La marche de la communauté universitaire organisée à l’appel de la coordination des étudiants de l’UMMTO (CLE) s’est déroulée et dispersée pacifiquement. Initiées en plein mouvement populaire, les marches qu’organisent tous les mardis les étudiants de Tizi-Ouzou ont été suspendues pendant plus d’un mois en raison des vacances et la saison estivale, faut-il rappeler. Et le retour de leur manifestation hebdomadaire est intervenu à la faveur de l’ouverture de l’année universitaire.
Bel. Adrar
 
Annaba  
« Djazaïr houra dimoqratia » 
 
Plusieurs dizaines de citoyens de divers horizons se sont joints hier aux étudiants de l’université Badji-Mokhtar pour battre le pavé à Annaba réitérant ainsi les revendications formulées par le mouvement populaire du 22 février dernier. Regroupés comme à l’accoutumée sur le parvis du théâtre régional Azzedine-Medjoubi, en face du Cours de la révolution d’Annaba, les manifestants, munis de haut-parleurs, scandaient des slogans hostiles au pouvoir en place. Ce vingt-neuvième mardi de contestation, qui a coïncidé avec la fête de l’Achoura, a vu une foule nombreuse qui a marché tout le long du Cours de la révolution, refusant tout dialogue et négociation, ce qui est revenu souvent à travers les mots d’ordre repris par les marcheurs.  Brandissant l’emblème national, des pancartes et le portrait du valeureux martyr de la révolution du 1er Novembre 1954, en l’occurrence Zighoud Youcef, ont scandé « Djazair houra dimocratia ». Un dispositif sécuritaire était visible sur le Cours de la révolution et autour du théâtre régional lors de cette marche pacifique.
B. G. 
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