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Hausse vertigineuse des prix des fruits et légumes : À pile ou face ?

Les prix des fruits et légumes continuent à bercer entre des flambées exagérées qui charrient avec elles une série d’interrogations.

PUBLIE LE : 10-09-2019 | 0:00
D.R
Les prix des fruits et légumes continuent à bercer entre des flambées exagérées qui charrient avec elles une série d’interrogations. Cette hausse est-elle réellement le corolaire inévitable du déséquilibre entre l’offre et la demande ? Ou c’est à pile au face qu’elle se joue ? Au lendemain de la rentrée sociale et scolaire, les prix des fruits et légumes prennent l’ascenseur. Avec la tomate qui tutoie la barre des 130 dinars le kilo, la pomme de terre à 60, voire 70 DA… et la courgette qui oscille entre 150 et 230 DA, c’est le portefeuille du consommateur, bourses faibles et moyennes, qui, déjà fortement sollicité par les frais de la rentrée scolaire, est mis à rude épreuve. Le même tempo est affiché pour les fruits. Les poires et le raisin, pourtant de saison, sont inabordables pour nombre d’Algériens. Retenez bien le prix : 220 à 260 dinars pour le premier, selon la qualité, et 160 à 200 pour le second. Côté ministère du Commerce, on a beau tenter de trouver une solution à cette équation, sans y parvenir. L’imposition des prix de référence appliqués durant le mois de Ramadhan dernier, censés mettre fin à la spéculation et stabiliser les prix, n’a pas été suffisamment suivie. De leur côté, les experts ont multiplié des propositions qui, pour nombre d’elles, demeurent lettre morte. Des exemples ? L’Association nationale des commerçants et artisans algériens n’a cessé de réclamer la construction de 500 marchés de proximité à travers le pays. Encore, une lettre morte ! Le président de l’ANCAA, M. Boulenouar, a également revendiqué de confier la gestion de ces espaces à des EPIC ou SPA, et non aux APC, qui, dit-il, «pèchent par leur manque de suivi, comme en témoigne l’état délabré d’une quasi-totalité de ces marchés». De son côté, Mustapha Zebdi, président de l'Organisation algérienne pour la protection et l'orientation du consommateur et son environnement, il a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place des mécanismes stratégiques urgents afin de définir les marges bénéficiaires de certains produits, en obligeant les producteurs locaux et les commerçants à les appliquer. D’autre part, il souligne la nécessité de redynamiser le rôle des mécanismes de régulation et de contrôle, outre la redynamisation du décret définissant la chaîne de commercialisation. Sur sa lancée, il relève l’incohérence de voir les services de contrôle au ministère du Commerce ne pas intervenir dans le contrôle des prix des produits non réglementés. D’autres spécialistes qualifient d’aberrant l’absence, à nos jours, d’une politique de prévisions pour maîtriser la balance de l’offre et de la demande, et de facto stabiliser les prix. «Depuis 20 ans, nous n’avons pas reçu de représentants du ministère du Commerce pour faire des études sur la consommation et les récoltes. L’absence d’étude fait que ces périodes creuses se font lourdement sentir par la hausse des prix et une offre assez réduite des différents produits.»
Fouad Irnatene
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