Récupération de 5.800 pièces anciennes de monnaie : Protéger notre riche patrimoine

«L’Algérie est, depuis une dizaine d’années, l’un des pays les plus sécurisés contre le pillage et le trafique de pièces archéologiques antiques», selon les déclarations du directeur de la protection légale des biens culturels et de la valorisation du patrimoine culturel au ministère de la Culture, Chentir Farid.
PUBLIE LE : 03-09-2019 | 0:00

«L’Algérie est, depuis une dizaine d’années, l’un des pays les plus sécurisés contre le pillage et le trafique de pièces archéologiques antiques», selon les déclarations du directeur de la protection légale des biens culturels et de la valorisation du patrimoine culturel au ministère de la Culture, Chentir Farid. 

«Certes il existe des vols perpétués au niveau des sites archéologiques tels que Djemila, Timgad… mais pas au niveau des frontières», a-t-il précisé, en ajoutant que la protection du patrimoine est un droit légal proclamé par la constitution de 2016. «C’est une avancée extrêmement importante en raison que le ministère n’est pas seul dans la prise en charge de la question relative à la protection du patrimoine mais c’est tous les secteurs qui sont concernés. C’est une démarche stratégique de l’état algérien», affirme-t-il, en précisant que la protection du patrimoine culturel est « au même titre » que la protection de la souveraineté nationale. De ce fait, et selon notre interlocuteur, l’Algérie a pu récupérer 5.800 pièces de monnaie antique datant de différentes époques historiques durant la période allant de 2018-2019. 
Selon M. Chentir, un travail permanent se fait quotidiennement  sur le terrain par les spécialistes en archéologie relevant du ministère de la culture, en collaboration avec des officiers de différents corps de sécurité, à savoir la gendarmerie nationale, la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et les services des douanes pour la récupération et la lutte contre le trafic et le pillage des objets antiques et surtout des pièces de monnaie d'une valeur archéologique inestimable qui sont souvent «faciles à voler et à cacher», précise-t-il. Rappelant qu’en 2018, 36 atteintes portées aux sites archéologiques et aux monuments historiques on été enregistrées au niveau de 22 wilayas, dont quatorze ont fait l’objet de l’ouverture d’une procédure judiciaire. Les wilayas concernées sont : Tlemcen (04), Tébessa, Bordj Bou Arréridj, Skikda, Tindouf, Biskra (02), Annaba, Ouargla, Batna (03), Oum El Bouaghi (03), Alger (02), Sétif (03), Mila, Boumerdès, Khenchela, Tipasa, Médéa, Ghardaïa (02), Constantine, Chlef, Illizi (03) et M’Sila.
 
48% du territoire national sont des parcs protégés
 
Au vu de sa grande richesse patrimoniale et de ses sites et parcs archéologiques, il y a lieu de dire que l’Algérie et le «seul pays au monde» qui détient cinq parcs : le parc de Tassili, le parc de l’Ahaggar, le parc de Tindouf inclus à partir de 2009, le parc de Touat Gourara, dans la wilaya d’Adrar, et le parc de l’Atlas Saharien, selon ce qui nous a été révélé par M. Chentir, en indiquant que tout ce qui existe au sein de ces parcs est protégé. «L’algérie est le seul pays à avoir le concept de l’indissociabilité entre la culture et la nature», dira-t-il. « Vu le nombre d’objets récupérés durant la période 2018-2019, on remarque qu’il y a une offensive sur le terrain grâce aux spécialistes du ministère de la culture et des différents corps de sécurité (gendarmerie national, DGSN, douane…). Un grand travail se fait sentir sur le terrain, selon M. Chentir, en relevant, toutefois, que l’intervention sur des biens naturels leur donne l’aspect culturel et c’est ce qui a conduit à la création du concept de l’indissociabilité entre la culture et la nature.
 
 Des conventions bilatérales pour la restitution des biens culturels 
 
Ainsi, et grâce à la nouvelle convention signée récemment avec les états-unis d’Amérique, et qui vient  renforcer celle lancée en 1970 par l’UNESCO, relative à la lutte contre le pillage et le trafic des biens culturels, que l’Algérie à ratifiée en 1974, l’Algérie possède la possibilité de restituer ses biens culturels, et cela constitue une «plaque tournante du trafic d’art. « La protection de notre patrimoine est extrêmement  importante. C’est notre priorité», nous précise M. Chentir, en ajoutant qu’il existe également la collabore avec les services d’interpol.
Par ailleurs, dans le cadre de la sécurisation des biens culturels, le ministère de la Culture, durant l’année 2018, a initié vingt dossiers portant sur la sécurisation des biens culturels au niveau de douze wilayas : Tébessa (03), Constantine (02), Batna (04), Relizane, Sétif (02), M’Sila, Tipasa, Médéa (02), Annaba, Boumerdès, Chlef, Béjaia.
 
Trafic illicite des biens culturels : 37 affaires traitées
 
 Trente-sept affaires ont été traitées durant l’année 2018 au niveau de douze wilayas. Ainsi, la collaboration des services compétents du ministère de la Culture avec ceux des corps constitués a permis la récupération de 5.396 objets archéologiques, dont 4.396 pièces de monnaie.
En matière de contrôle de la circulation des biens culturels (transfert/exportation) à des fins de recherches, d’études, d’exposition et dépôt, le ministère de la Culture a accordé, cette année, quatorze autorisations de transferts temporaires pour 6.257 objets.
 
La formation des corps constitués est une priorité
 
Le ministère de la culture a tracé un programme bien ficelé pour la formation des corps constitués de lutte contre le vole, le pillage et le trafique de biens culturels en collaborations avec les différents services de l’ordre, à savoir la gendarmerie nationale, la direction générale de la sûreté nationale et les services des douanes. 
Chaque année, des officiers spécialisés en la matière reçoivent des formations de lutte contre le trafic. 
A titre d’exemple, nous fait savoir notre interlocuteur, la DGSN possède au niveau des 48 wilayas des cellules anti-trafic et c’est aussi le cas pour la gendarmerie nationale et la douane. «Un exemple concret pour les services de douane du Sud, pour ce qui est  du parc de l’Ahaggar, au niveau de l’aéroport, les spécialistes en archéologie du ministère de la culture accompagnent les douaniers formés au préalable pour l’identification des biens culturels», a-t-il expliqué, en assurant, toutefois, que les aéroports en Algérie sont «extrêmement sécurisés». «Nos aéroports sont bien sécurisés.
 Pratiquement y a pas de vols enregistrés», déclare-t-il, en précisant que c’est aussi le cas pour le contrôle des automobilistes.
Entre autres, et selon M. Chentir, cette formation a été introduite à partir de 2018, même pour les forces navales pour la protection du patrimoine subaquatique. «L’Algérie recèle d’un riche patrimoine subaquatique qui est aussi visé par les trafiquants. Donc, il est important de former les gardes-côtes pour sa protection», souligne-t-il.   
Il y a lieu de dire que le patrimoine matériel et immatériel d’un pays est la mémoire de son peuple, son histoire, son passé, sans lequel aucun présent ni avenir ne peuvent être construits. 
Kafia Ait Allouache 

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