lundi 16 septembre 2019 04:22:46

Pyongyang tire deux nouveaux projectiles en mer : La fin d’une utopie ?

Une région en ébullition

PUBLIE LE : 25-08-2019 | 0:00
D.R

Pyongyang a procédé hier au tir de deux nouveaux projectiles qui pourraient être des missiles de courte portée, peu après avoir affirmé être la plus grande "menace" pour les Etats-Unis, en qualifiant au passage de "toxine" le secrétaire d'Etat Mike Pompeo. La Corée du Nord a multiplié ces dernières semaines les essais d'armes pour protester contre les manœuvres militaires américano-sud-coréennes, qu'elle considère comme la répétition d'une invasion de son territoire. Le dernier test remontait à mardi. "L'armée a détecté deux projectiles non identifiés soupçonnés d’être des missiles balistiques de courte portée", a annoncé hier dans un communiqué l'état-major interarmes sud-coréen. Les missiles ont parcouru environ 380 kilomètres et atteint une altitude de 97 km à une vitesse maximale de Mach 6,5 avant de s'abîmer en mer du Japon, connue en Corée sous le nom de mer de l'Est. "Nos militaires suivent les mouvements du Nord en cas de lancement supplémentaire, et se tiennent prêts à toute éventualité", a ajouté l'état-major de la Corée du Sud dans un communiqué. Cette nouvelle démonstration de force intervient juste au moment de l’annonce par Washington d’une série inédite de manœuvres navales le 2 septembre avec 10 pays d'Asie du Sud-est. Le renforcement de la présence américaine dans cette zone intervient au moment où la guerre commerciale entre Washington et Pékin connaît une nouvelle escalade. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a participé courant août à un sommet régional avec les 10 pays membres de l'Association des nations d'Asie du Sud-est (Asean), afin de promouvoir la stratégie "indo- pacifique" du président Donald Trump. Washington et Pékin, engagés dans une guerre commerciale depuis 2018, sont à couteaux tirés sur la mer de Chine méridionale, dont le géant asiatique revendique la quasi-totalité des îles et récifs au nom de raisons historiques. Le géant asiatique appuie ses prétentions de souveraineté sur cette zone maritime vitale pour le commerce mondial en renforçant artificiellement des îlots qu'il contrôle et en y installant des armements. Les Etats-Unis jugent que ces actions menacent la sécurité dans la région. L'US Navy conduit ainsi régulièrement des opérations baptisées "liberté de navigation" pour tenir tête à Pékin. Mais malgré les différends de souveraineté avec quatre membres de l'Asean (Malaisie, Vietnam, Philippines, Brunei), la Chine a organisé l'an passé des exercices navals conjoints avec l'organisation régionale asiatique.

Une région en ébullition

La présidence sud-coréenne a rassemblé son Conseil de sécurité national (NSC) à la suite de ces essais d'armes et fait part de ses "profondes préoccupations" dans un communiqué, en observant que ces tirs intervenaient alors que les manœuvres conjointes entre Washington et Séoul étaient achevées. "Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques pour ramener le Nord à la table des négociations avec les Etats-Unis pour atteindre l'objectif d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", a dit le Conseil. Le ministre japonais de la Défense Takeshi Iwaya a également indiqué aux journalistes que Tokyo pensait que la Corée du Nord avait tiré "des missiles balistiques" en violation des résolutions de l'ONU. "On ne peut les ignorer, quelles que soient leur taille et la distance parcourue", a-t-il dit. Les Etats-Unis, de leur côté, surveillent la situation, selon un haut responsable américain. "Nous consultons étroitement nos alliés japonais et sud-coréens", a-t-il dit. Ces nouveaux tirs interviennent au moment où les relations entre Tokyo et Séoul n'en finissent pas de se détériorer en raison des vieux contentieux hérités du passé colonial japonais dans la péninsule coréenne (1910-1945). La Corée du Sud avait annoncé jeudi qu'elle allait rompre un accord de partage direct de renseignements militaires avec le Japon, conclu en 2016 sous l'égide de Washington, dans le contexte de la montée en puissance des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. Séoul a finalement indiqué qu'il poursuivrait ce partage d'informations avec le Japon, mais via les Etats-Unis. Les pourparlers bilatéraux entre Washington et Pyongyang sont dans l'impasse depuis l'échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong Un, à Hanoï en février. Les deux dirigeants s'étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53). La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après le premier sommet Trump-Kim de Singapour. Cependant, ces discussions n'ont pas encore repris. En visite cette semaine à Séoul, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a affirmé que les Etats-Unis étaient "prêts à entamer des discussions" dès qu'ils auraient "des nouvelles" de Pyongyang. Mais le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que son pays resterait "la plus grande “menace” pour les Etats-Unis pour longtemps". Il s'est aussi fendu d'une attaque frontale contre M. Pompeo qu'il a qualifié de "toxine irréductible". Le chef de la diplomatie américaine avait auparavant déclaré, au journal The Washington Examiner, que si le leader nord-coréen Kim Jong Un ne décide pas de dénucléariser, les Etats-Unis "maintiendront les sanctions qui sont les plus dures de toute l'histoire". Est-ce la fin de la lune de miel ?
M. T.

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