samedi 21 septembre 2019 20:14:46

Mohamed Bakli expose : Dame nature célébrée

Signées Mohamed Bakli, une trentaine de toiles garnissent les murs de la galerie de la villa Dar Abdeltif, et ce jusqu’au 5 septembre prochain. À travers ses travaux exposés, Mohammed Bakli, dit Klimo pour les intimes, nous fait part d’un seul pan de ses arts multiples.

PUBLIE LE : 22-08-2019 | 0:00
Ph : A. Asselah

Signées Mohamed Bakli, une trentaine de toiles garnissent les murs de la galerie de la villa Dar Abdeltif, et ce jusqu’au 5 septembre prochain.  À travers ses travaux exposés, Mohammed Bakli, dit Klimo pour les intimes, nous fait part d’un seul pan de ses arts multiples.

Célébrant les grands espaces et la nature brute avec une vision abstraite qui dégage une poésie muette et explore l’énergie des éléments, cette exposition, tenue depuis le 15 du mois en cours à la villa Dar Abdeltif par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), est ouverte au grand public jusqu’au 5 du mois prochain. A travers cette exposition de peintures abstraites où la nature et l’énergie vitale restent les principaux thèmes, les visiteurs sont projetés dans un voyage spirituel riche en couleurs. Des œuvres qui se traduisent par la mer —mer de sable, de verdure ou océan, la perspective d’ouverture—  très souvent présente dans des huiles sur toiles comme "A travers sables et continent", "Mer mouvante", "Fond marin" ou encore "Béatitude". «Le thème abordé en cette nouvelle édition est relatif aux corps lumière», nous dira Mohammed Bakli, qui souligne que «le thème a déjà été exposé dans une galerie mais que je viens de reconduire avec plus de tableaux et dans un plus grand espace». Avec ses différentes techniques, Klimo joue avec les textures, il les maîtrise pour les rendre siennes... redoutable compositeur. Il juxtapose avec les formes, les virgules immenses, les calligraphies improbables, laissant souvent la part belle à des asymétries flamboyantes, qui demeurent les supports et laissent l’ambiguïté émerger dans les compositions farouches, éloquentes emplies de couleurs orageuses qui tempêtent sur les supports comme de fortes ondées agitées. Dans une déclaration à El Moudjahid, Mohammed Bakli affirme : «Depuis les premiers croquis et aquarelles de l’école communale,  de l’oasis de Tafilelt ou la salle des métiers à tisser de la maison paternelle, d’où montaient des chants,  puis les écoles d’art du nord, l’influence de l’impressionniste Claude Monet, l’enseignement de Choukri Mesli, les encouragements à exposer prodigués par Denis Martinez,  les orientations de Salah Malek, la découverte de Pierre Soulages, ainsi que la force cosmique de ZaowouKi, c’est tout cela qui m’a progressivement amené à me dépouiller des illusions et fioritures pour me consacrer à l’essentiel… Je porte également un intérêt particulier au mouvement, à l’évolution des corps, à la transformation de la matière et à la transcendance.» Il dira, cependant, que «ses tableaux appellent à la sphère spirituelle qui n’est pas uniquement sur le volet religieux». Et d’ajouter que «la spiritualité peut aussi s'inscrire dans l’art et la philosophie, c’est pourquoi il faut la pratiquer dans un  sens global pour atteindre l’équilibre ». Répondant à une question relative aux techniques qu’il utilise, il indique : « j’emploie souvent des techniques mixtes… l’espace se traduit dans mes œuvres par la mer —mer de sable, de verdure ou océan la perspective d'ouverture—très souvent présente dans des huiles sur toiles. Cela explique l’usage des bleus et des ocres». En effet, cet artiste plasticien scénographe et formateur adopte des techniques expressionnistes en premier lieu par les arêtes, la contradiction voulue de ses formes quelques peu acérées qui peuvent être jugées agressives, mais qui adoptent des tons chauds pour nous balancer au visage quelques abruptes vérités. «Je suis passé à l’expressionnisme en passant par la géométrie qui permet l’organisation de l’espace. Je suis à ma cinquième participation personnelle à Alger depuis 1981», s’est-il exprimé. «Je laisse souvent la part belle aux asymétries flamboyantes, qui laissent l’interrogation émerger dans les compositions farouches, éloquentes emplies de couleurs orageuses qui tempêtent  sur les supports comme de fortes ondées agitées», a-t-il dit. L’étendue est également le parfait prétexte pour explorer cette énergie souvent sous forme d’ondes perturbant la platitude dans des toiles comme «Connexion nerveuse», «Résonance à des fréquences». Elle offre un alibi pour exprimer une sorte de lutte pour prendre l’ascendant entre deux couleurs sur une seule œuvre,  comme dans «Rouge sur blanc» ou «Abstraction pure». L’artiste porte également un intérêt particulier au mouvement, à l’évolution des corps et à la transformation de la matière, traduits dans des peintures intitulées «Au clair de lune», Descente vers l'état ondulatoire» et autre «Transition». Né en 1957 à Ghardaïa, Mohammed Bakli a décroché le diplômé de l'Ecole des Beaux-arts de Constantine, avant de poursuivre ses études à Alger puis à l'Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles (Belgique). Il expose ses œuvres en Algérie à partir de 1981 et prend part à plusieurs expositions en France, en Italie, ou encore en Tunisie. Il a également travaillé en tant que scénographe, enseignant et formateur.
Sihem Oubraham

 

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