lundi 19 octobre 2020 16:00:47

Ses dirigeants se réunissent à Biarritz : Le G7 à l’épreuve

Du 24 au 26 août courant, la station balnéaire de Biarritz accueillera, le temps d’un week-end, le sommet du G7, «club» qui regroupe les plus grandes puissances économiques mondiales.

PUBLIE LE : 21-08-2019 | 0:00
D.R

Du 24 au 26 août courant, la station balnéaire de Biarritz accueillera, le temps d’un week-end, le sommet du G7, «club» qui regroupe les plus grandes puissances économiques mondiales. Sept pays en font partie: les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, le Canada, le Royaume-Uni et l'Italie. Ses réunions annuelles sont censées permettre aux chefs d'Etat de se retrouver et de discuter des directions communes à mettre en place. Pour cette 45e édition, la présidence française a choisi comme thème directeur : «la lutte contre les inégalités». Mais alors que le pays hôte s’affaire à régler les derniers préparatifs en vue, espère-t-il, d’assurer au moins la réussite de ce sommet, la question récurrente de l’utilité de cette réunion se pose de nouveau. Alexandre Massaux, doctorant en relations internationales et diplômé en droit, a traité hier de la question sur le site «Contrepoints». Le titre de sa publication est du reste sans équivoque. «À quoi sert encore le G7 ? », s’interroge le doctorant pour qui ce groupe «risque de voir sa légitimité de plus en plus remise en question et pas uniquement par les altermondialistes». Selon lui, le G20, qui n’a eu de cesse de prendre de l’essor depuis 2008, est «un outil plus adapté pour empêcher les dérives des grandes puissances voulant imposer leur modèle au monde entier.» Par conséquent, décrète-t-il, «le G7 est de plus en plus un vestige du passé». Et d’ajouter : «Parmi ses membres, seuls les États-Unis restent encore capables de concurrencer les autres puissances émergentes» qui se réunissent dans le cadre du G20, forum qui regroupe tous les membres du G7 mais aussi tous ceux de l’E7 et les BRICS (Afrique du Sud, Brésil, Russie, Inde et Chine). Signe aussi que le G7 a perdu de sa superbe, son incapacité, depuis notamment l’élection de Donald Trump, à présenter face au reste du monde une image unie. Les deux derniers sommets ont révélé l’étendue des divergences qui minent ses membres. Ainsi après un constat de désaccord en 2017 en Italie sur le réchauffement climatique, le G7 d'Ottawa avait été, l'an dernier, le théâtre de déchirements inédits. Le président des Etats-Unis avait même refusé de signer la déclaration commune du sommet. Conscient que le sommet de Biarritz n’était pas à l’abri de nouveaux coups d’éclat, le pays hôte a fait en sorte de prévenir un «clash». Pour cela Paris a même sacrifié la déclaration finale censée sanctionnée les débats. «C’est un exercice rendu trop ardu par les divergences béantes entre les membres sur les questions du climat, de la crise iranienne, de la crise migratoire, du Brexit, etc.», explique-t-on. En fait, cette désagrégation progressive du G7 n’est pas pour surprendre. C’était juste une question de temps. «L'époque où le G7 pouvait présenter un front uni est révolue,  dans un monde qui est aujourd'hui très fragmenté, très volatil, où les cadres de référence n'ont plus forcément l'efficacité qu'ils avaient auparavant», a estimé une source proche de la présidence française. Et à l'ancien Premier ministre italien Enrico Letta, doyen de l'école des Affaires internationales de Sciences Po à Paris, d’expliquer à l’AFP que «c'est le format et l'existence même du G7 qui sont en discussion, parce qu'il était devenu le lieu où l'ancien Occident avait la possibilité de se parler franchement et (...) d'affiner des positions communes qui sont très importantes dans les grands enjeux internationaux, et tout cela est en train de disparaître à cause de cet éparpillement». Autant dire que les participants à ce rendez-vous estival de 2019 risquent d’avoir du mal à surmonter leurs divergences et de montrer la pertinence géopolitique du G7 face aux multiples crises dans le monde. Il est vrai aussi que pour tout un chacun, le plus important est de défendre, avant tout, les intérêts de son pays.                     Nadia K.
 

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