Lutte contre la corruption et récupération de l’argent pillé : Renforcer le rôle de la justice

M. Zeghmati : « Le devoir de l’indépendance du juge des pressions externes ne signifie pas son isolement de la société et son retrait total de la vie publique. »
PUBLIE LE : 20-08-2019 | 0:00

- Immunité totale, lors de l’exercice des fonctions judiciaires.
- Le juge reste dépendant de sa conscience et de la loi.
- Installation de procureurs généraux et de présidents de Cour.

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a souligné, hier à Oran,  que l’indépendance du juge n’est pas un privilège, mais une responsabilité qui lui est imposée.

Le ministre a indiqué, lors d’une allocution, à l’occasion de l’installation du procureur général et du président de la Cour d’Oran, que «l’indépendance de la justice n’est pas un privilège offert au juge, mais une responsabilité qui lui est imposée exigeant de lui de rendre justice aux citoyens dans leurs droits et libertés, en toute conscience».
Il a souligné que «cette indépendance l’oblige à juger en toute neutralité, se basant sur la loi et les preuves qui lui sont présentées, sans influence extérieure». M. Zeghmati a ajouté que la responsabilité de la justice «est grande», et que «la non-violation des devoirs du corps de la justice est la garantie pour une justice neutre qui n’est pas touchée à l’ombre d’un système démocratique et un État de justice et de droit, par aucune influence réelle ou supposée». À ce propos, le ministre a indiqué que «le statut de la justice et la charte de déontologie de la profession fournissent, ensemble, l’immunité totale au juge, lors de l’exercice de ses fonctions judiciaires et lui garantissent l’indépendance matérielle et morale», ajoutant que cela permet au juge, dans ces conditions, «de rester dépendant de sa conscience et de la loi». Dans ce contexte, le ministre considère que «le devoir de l’indépendance du juge des pressions externes ne signifie pas son isolement de la société et son retrait total de la vie publique», précisant qu’«il est naturel que la justice sort hors de ses remparts et observe le large horizon social, tout en respectant l’éthique et le devoir de réserve, selon les spécificités de la fonction».  En installant Mohamed Reggaz et Menouar Antar, successivement procureur général et président de la cour de justice d’Oran, en remplacement d’Ahmed Medjani et d’Abdelkader Mostefaoui, le ministre a mis en avant le rôle central et fondamental de l’institution judiciaire et celui du magistrat dans la consolidation de l’État. Il a aussi évoqué la nécessité d’assurer la quiétude et la sérénité de la société et du citoyen, et garantir à ce dernier ses droits.
Lors de la cérémonie d’installation, le ministre a rappelé que la justice est une autorité indépendante qui a pour missions d’appliquer la loi et de protéger les droits et libertés des citoyens. Il a souligné, par ailleurs, que l’indépendance de la justice n’est pas une faveur accordée au magistrat, mais une responsabilité qui lui impose de se prononcer sur les droits et les libertés des citoyens en son âme et conscience. Le ministre a précisé que cette indépendance ne signifie nullement que le juge doit rester isolé de la société. «Afin que la justice puisse accomplir son rôle comme il se doit, et conformément à la Constitution et à la loi, elle doit s’appuyer sur les principes de légitimité, de légalité et de neutralité, non seulement en tant que l’une des institutions constitutionnelles souveraines, mais aussi avec toutes ses composantes humaines et instances, en particulier les juges qui constituent ses véritables piliers», a-t-il affirmé.
Dans le même registre, le ministre de la Justice, garde des Sceaux a par ailleurs souligné que le peuple a crié du plus profond de son âme, la nécessité de combattre la corruption et de lutter contre l’économie de la rente, et ainsi sur les autres fléaux, et a revendiqué la dignité, l’égalité des chances et le respect des droits de l’homme et une justice sociale.
Dans son allocution, à l’occasion de la cérémonie d’installation, M. Zeghmati a indiqué que ces nominations s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement opéré par le chef de l’État, M. Abdelkader Bensalah, afin de renforcer et de consolider le rôle de l’institution judiciaire et ses capacités à relever les défis, et répondre aux aspirations et attentes légitimes du peuple, dans le cadre du respect total des lois de la République. Le nouveau président de la cour d’Oran, en l’occurrence Antar Menaouar, a rejoint le corps de la justice, en 1984. Avant sa nomination à Oran, M. Menaouar a occupé de nombreuses fonctions dans le secteur, dont la dernière au niveau de la wilaya d’Ouargla. Pour ce qui est du nouveau procureur général d’Oran, il a intégré le corps de la magistrature en 1986. Avant de clôturer sa visite, dans la wilaya d’Oran, le ministre de la Justice a inspecté un nombre de projets de son secteur en cours de réalisation.
Le ministre a considéré que la quête de justice est la devise dans laquelle se fondent toutes les revendications. «L'appel à la justice est, à mon sens, le slogan dans lequel fusionnent toutes les revendications et les remplace toutes dans leur diversité et pluralité», a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il y a «des étapes précises dans la vie des sociétés où la justice se transforme, nécessairement, en relais de tous les espoirs et une boussole dont l'aiguille indique l'exactitude de la direction ou sa déviation», soulignant : «Dans notre réalité actuelle, il y a une nécessité absolue à l'instauration du pouvoir de la loi et à la multiplication des efforts pour sa consolidation et son implantation dans la pratique et la réalité.» M. Zeghmati a également indiqué que «si le peuple a crié de ses tréfonds la nécessité de lutter contre la corruption et de faire face à l'économie de la rente et de la tyrannie, il a revendiqué, en revanche, la dignité, l'égalité des chances et le respect des droits de l'homme et de la justice sociale». Il a insisté sur «la nécessité de corriger les effets négatifs des erreurs passées dans l'estimation et la gestion». Le ministre de la Justice a fait part, lors de sa visite sur le terrain, de son mécontentement concernant le retard accusé dans la réalisation de quelques projets relatifs à son secteur, notamment le nouvel établissement de rééducation de Bir El-Djir (est d'Oran) d'une capacité de 1.000 détenus et dont les travaux ont débuté en 2009. Il a insisté sur la nécessité de réceptionner le projet, dont le taux d'avancement a atteint les 85%, au mois de janvier prochain, tout en exprimant ses regrets face à l'absence des arguments expliquant le retard de concrétisation de cette opération, en dépit de la disponibilité des ressources financières qui lui ont été consacrées. Le ministre a eu la même réaction face au projet de réalisation du siège du tribunal d'Es-Sénia, dont la réalisation a commencé en 2008 et qui se trouve en phase d'achèvement des gros travaux.
Amel S.


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