jeudi 19 septembre 2019 21:50:38

Sidi Bel-Abbès : La force de l’organisation urbaine

Pour une région qui, au vu de ses caractéristiques géographiques, fut choisie pour servir de bastion de la légion étrangère, la stratégie des anciens militants ne pouvait se limiter ou se résumer à prendre le maquis, envahir ces massifs forestiers et mener la lutte à la suite du déclenchement de la Révolution, mais bel et bien entreprendre des actes de résistance à l’intérieur du tissu urbain pour perturber cette puissance et force de frappe coloniales et semer le doute au sein de ses rangs.

PUBLIE LE : 20-08-2019 | 0:00
D.R

Pour une région qui, au vu de ses caractéristiques géographiques, fut choisie pour servir de bastion de la légion étrangère, la stratégie des anciens militants ne pouvait se limiter ou se résumer  à prendre le maquis, envahir ces massifs forestiers et mener la lutte à la suite du déclenchement de la Révolution, mais bel et bien entreprendre des actes de résistance à l’intérieur du tissu urbain pour perturber cette puissance et force de frappe  coloniales et semer le doute au sein de ses rangs. « Au lendemain de la Révolution, des jeunes et des femmes ont rejoint les rangs de l’ALN pour fonder  des assises à cette future zone 5 de la Wilaya 5 et organiser surtout ses structures.
 Une telle initiative s’avérait insuffisante à nos yeux sans une concentration de cette lutte interne, c’est-à-dire au sein de la ville pour soutenir un élan de mobilisation et motiver une population.
Ainsi, il fut créé le premier noyau de l’OC-FLN sous la houlette du Chahid Boumlik… », nous raconte un survivant du groupe, le nommé Abdelkader Boukabrine dit Dillinger…
Absolument, grand était l’apport de cette organisation dans la dynamisation d’une résistance au gré de ses actes réguliers perturbant les forces d’occupation et ravivant un sentiment d’espoir au sein de la population locale, plus que jamais à l’écoute de ses mouvements.
Ancien syndicaliste pour avoir été un ouvrier d’une briqueterie et militant du mouvement nationaliste, Abdelkader Boumlik s’est d’abord initié à la fabrication des bombes artisanales grâce à l’aide d’anciens moudjahidine tels que Dallaa Kaddour, Bouda Abderrahmene et Nedjadi Mohamed pour passer à l’action à l’aide d’autres compagnons et semer la terreur dans le milieu colonial. Son nom résonnait tellement qu’il était recherché activement par les services de l’occupation. Arrêté un certain moins de mai de l’année 1956, il fut exécuté d’ailleurs quelques temps âpres, soit le 4 décembre de la même année. Le dossier ficelé par les éléments de la police française ne laisse effectivement pas le lecteur indifférent compte tenu du travail gigantesque entamé par ce militant de la première heure.
Vivement ressentie sa liquidation ne pouvait que stimuler son groupe pour se redéployer et se régénérer amplifiant une résistance urbaine… Une résistance urbaine en soutien à l’action armée menée dans les massifs de la région.
Les forêts de Moksi, Bouyetas, Tessala et les monts de Dhaya évoquent encore les souvenirs lancinants d’une époque où le peuple a décidé de prendre sa destinée en mains pour se révolter et se libérer au prix de mille et un sacrifices du joug colonial… La bravoure et l’esprit de sacrifice de cette organisation furent entretenus par la contribution et le soutien de la masse qui se rencontrait tous les jours au quartier populaire El Graba, ce grand foyer du nationalisme pour avoir des nouvelles de l’organisation et exprimer avec un si rare spontanéité et une foi inébranlable sa disponibilité à aider par de différentes formes  le mouvement de révolte et de résistance. Les cafés servaient de lieux d’écoute pour le contrôle d’un mouvement des forces de l’occupation et de rendez-vous pour les messagers de la révolution.
Un ordre révolutionnaire était instauré pour la maîtrise de la situation et le soutien aussi aux familles des combattants. La solidarité et l’union guidaient en fait le comportement des uns et des autres pour se soumettre exclusivement aux règles définies par le Front de libération nationale.
En fait, la force  de cette Révolution résidait dans son caractère populaire pour lui assurer la pérennité et le succès…
Abbès Bellaha

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