lundi 23 septembre 2019 03:41:36

Bordj Bou-Arréridj : Travail de mémoire l’autre combat

Après l’indépendance, les moudjahidines ont déposé leurs armes mais pas leur intérêt pour l’Algérie. Ils ont été ainsi à l’avant-garde de la bataille pour le développement du pays.

PUBLIE LE : 20-08-2019 | 0:00
D.R

Après l’indépendance, les moudjahidines ont déposé leurs armes mais pas leur intérêt pour l’Algérie. Ils ont été ainsi à l’avant-garde de la bataille pour le développement du pays.
Quand ils ont été gagnés par le poids de l’âge et la maladie pour ceux qui sont restés en vie, ils ont engagé une nouvelle bataille, celle de la mémoire qui représente leur ultime combat.
A travers leur cadre de rencontre qui est l’organisation nationale des moudjahidines, ils ont mené ce dernier avec l’abnégation, le courage et l’esprit de sacrifice qui leur ont permis de libérer le pays des dizaines d’années plutôt.
Il faut rappeler que l’organisation en plus de ses missions politiques ne s’est pas occupée que des problèmes sociaux et médicaux de ses membres. Elle a accordé une attention particulière à l’écriture de l’histoire.
Dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj où le bureau de l’organisation a été très actif sous la direction de son premier responsable, le regretté Saïd Benahmed. Cette action s’est articulée autour de quatre axes même si le plus saillant a été la construction et l’équipement du musée des moudjahidines.
Ce musée qui porte désormais le nom de ce moudjahid de la première heure qui a tout fait pour l’édifier ne renferme pas seulement les objets ramassés durant la révolution armée comme l’armement et l’habillement utilisés par les membres de l’ALN ainsi que le matériel comme les morceaux des avions abattus. Il contient aussi des traces de l’organisation de la Révolution et même les lieux de concentration de l’armée coloniale de même que l’emplacement de ses centres de torture, c’est un retour vers le passé, celui de la Révolution, et doté d’une maquette très explicative. Il est un atout important pour évoquer cette étape importante de l’histoire du pays.
Son emplacement stratégique lui offre la possibilité de recevoir facilement les visites de plusieurs délégations d’Algériens et même des étrangers désireux de connaître profondément cette période.
Il est d’autant plus chargé d’histoire qu’il est situé lui-même sur un lieu symbolique de cet aspect, puisqu’il a été construit sur les ruines de l’ancien 2e bureau dont la seule évocation provoque la peur chez les anciens de la wilaya.
La seconde action sur laquelle a travaillé l’organisation avec les autorités locales bien sûr, a consisté dans la création d’annuaires des martyrs.  Pour faire en sorte que les noms de ces grands hommes et femmes qui ont donné leur vie pour libérer l’Algérie, leurs anciens compagnons d’armes ont gravé leurs noms dans la pierre pour que les aléas du temps ne viennent effacer toutes traces même s’ils sont déjà inscrits dans les pages de l’histoire.
A travers des annuaires propres à chaque commune, les initiateurs de ce travail gigantesque permettent aux enfants de toutes ces régions d’être fiers de leurs proches qui leur ont donné la possibilité d’être ce qu’ils sont. Souvent enterrés ensemble, ils leur rappellent également ce qu’unité et fraternité veulent signifier.
L’autre axe non moins important a été l’édition de livres portant sur les hauts faits d’armes des moudjahidines de la wilaya. Outre l’ouvrage qui retrace toutes les batailles qui ont eu lieu sur le sol de Bordj Bou Arreridj qui pour rappel était divisée entre les wilayas I et III, des livres évoquent la contribution et le sacrifice de plusieurs moudjahidine et chouhada de la région. Un autre a été consacré au centre de détention et de torture à savoir celui de Gasr Tair ou plusieurs moudjahidine ont perdu la vie.
Ils sont un réservoir pour les chercheurs qui peuvent sur la base de cet apport mieux comprendre les mécanismes ayant conduit à la Révolution et les clés de la réussite de cette dernière. Mais les moudjahidine de la wilaya ne se sont pas contentés de cet apport. Ils viennent quotidiennement au musée comme pour veiller sur ce symbole de leur lutte.
Cette présence leur permet de répondre à toutes les sollicitations. Ils sont les témoins vivants de cette page de l’histoire qu’aucun objet ne saurait égaler.
A propos de témoignage, les moudjahidine de la wilaya ont enregistré des milliers d’heures pour raconter ce qu’ils ont vécu.
L’exploitation de leurs récits devra appuyer le travail qui a été engagé pour écrire l’histoire du pays en général et celui de la révolution en particulier.
En accomplissant cette mission, les moudjahidine montrent encore une fois qu’ils sont au rendez vous de l’histoire. A charge pour les nouvelles générations de faire de même.
Fouad Daoud

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