jeudi 19 septembre 2019 21:50:02

Les Saints d’Alger : Le temps d’aimer

Le temps d’aimer intervient avec l’amour qu’on porte en soi, et ensuite partagé avec autrui dans un espace où il fait bon vivre.

PUBLIE LE : 15-08-2019 | 0:00
D.R

Le temps d’aimer intervient avec l’amour qu’on porte en soi, et ensuite partagé avec autrui dans un espace où il fait bon vivre. Le contact avec l’au-delà nous apprend que la dimension spirituelle, libératrice des âmes, quittant temporellement l’enveloppe charnelle, nous fait voyager dans l’immensité cosmique. Dans cet univers enchanteur, l’individu se retrouve enivré par un voyage céleste et découvrir les bienfaits d’un pèlerinage vertical. Dans la passionnante intrusion mystique de notre passé spirituel, il y a toujours matière à prendre langue avec les maîtres des lieux, ou de cérémonies, qui ont rythmé notre culture. Hormis la capitale qui détient le privilège d’abriter les sanctuaires des 7 saints, plus loin à l’Est, dans le très populaire quartier de Belcourt, il y a la colline oubliée où repose un des vénérables Patrons de la cité, Sidi Messaoud. Un oublié de l’histoire qui avait, pourtant, mission de répandre le savoir et le culte sur les hauteurs de la capitale. Aujourd’hui, seulement une niche avec à l’intérieur de cierges calcinés, témoins des derniers voyages initiatiques, marque l’existence du vénéré Cheikh. On y venait jadis pour des ziaras, il y avait même une école coranique pour enfants. Le rôle joué par ce Saint soufi parmi ses disciples fût tel qu’il y laissa trace d’une école qui vit naître Cheikh El Kamel, maître des Aissaoua, et Cheikh Hassan. Le nom de ces Ulamas se retrouve dans le langage courant des citadins. Chaque cérémonie religieuse ou consultation en jurisprudence, Belcourt ne vibrait que par les conseils prodigués par ces maîtres. Sidi M’hamed Bou kabrine, fils de Sidi Abderrahmane Ettaâlibi, avait, lui, la charge de perpétuer le courant qadiri au sein de la population. Dans ce melting pot soufi, riche en enseignements, El Bahdja se targuait d’avoir dans chaque quartier un marabout veillant sur les lieux, d’où son appellation El Mahroussa (la bien gardée). Pas moins d’une centaine d’écoles coraniques attenantes aux sanctuaires des vénérés cheikhs faisaient fonction d’institutions théologiques. La dernière visite de Cheikh Mohamed Abdou à Alger, vers 1912, où il fut accueilli par cheikh Bensmaia avait révélé que le prodigieux théologien d’El Azhar en fut comblé par ce très riche patrimoine. Après s’être recueilli devant le sanctuaire de Sidi Abderrahmane, il eût cette phrase :
« Al Djazair est déjà bénie par la prolifération de ces lieux et le grand hommage rendu à ces érudits ». Plus loin à Kouba, Sidi Garidi, maître de cérémonie des âmes charitables, n’en fut pas moins cité. Le cimetière qui porte aujourd’hui son nom est un legs de son testament.
Ces Saints oubliés de l’histoire reviennent cette semaine pour s’imposer dans la mémoire collective. Les chemins de la mémoire restent ouverts pour dépoussiérer quelques sites enfouis, ou injustement abandonnés. En contrebas de Diar El Mahçoul, un vieux chemin escarpé indique humblement la direction d’une très vieille bâtisse appelée Sidi Messaoud. La vie de l’époque était rythmée par d’innombrables compétitions culturelles où s’adonnaient les meilleurs ténors de la voix souffie. Les meilleures gammes vocales étaient retenues pour le titre de «Muezzin». Dans la lecture du Coran, le lyrisme de la voix obéissant aux multiples paramètres musicaux était maître des vertus. Il y avait même des voix qui transcendaient dans le Chant religieux. Cheikh Messaoud, Bachtarzi, Abderrahmane Aziz, et  Cheikh Hachemi Guerouabi, qui loue les qualités du vénéré cheikh Sidi Messaoud, sont tous des disiciples des Saints patrons de la ville d’El Bahdja.
Mohamed Bentaleb

 

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