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IDE : Le système financier en question

Le rôle des investissements directs étrangers (IDE) dans la croissance des pays, notamment ceux en développement, est bien établi.

PUBLIE LE : 14-08-2019 | 0:00
D.R

Le rôle des investissements directs étrangers (IDE) dans la croissance des pays,  notamment ceux en développement, est bien établi.

Aussi, l’intérêt accordé aux investissements directs étrangers s’explique par les avantages qu’ils génèrent aux plans de la croissance, de la production de la valeur ajoutée à l’économie, mais aussi au niveau de l’emploi et du transfert de savoir-faire. Dans la conjoncture actuelle, en ce qui concerne l’évolution des marchés financiers mondiaux, toute l’attention va, par conséquent, à la fiabilité des systèmes financiers de par leur interférence et leur influence en matière d’attractivité des IDE. En fait, la performance d’un système financier se mesure, entre autres, à travers la qualité et la diversité des services offerts, et le degré d’ouverture sur les investissements extérieurs, au titre des procédures et de l’accompagnement. « Dans ce contexte, le développement d’un système financier contribue favorablement à la multiplication des IDE, puisqu’il représente le support indispensable de la réalisation des activités », souligne Mohamed Abdelaziz Benkamla, professeur d'économie. Et de préciser qu’ «en Algérie, où le besoin d’IDE pour le développement de l’économie est évident, la stabilité financière s’avère ainsi un élément primordial ». Dans cette optique,
« une volonté maîtrisée des engagements financiers est affichée par les décideurs algériens pour assurer une garantie de stabilité du secteur bancaire », note-t-il. Toutefois, « les autorités publiques ont encore de grands efforts à faire pour mettre à niveau un système bancaire qui demeure archaïque et fragile ». Une suggestion justifiée par le fait que
« ce secteur reste dominé par la forte présence de l'État ». Selon le professeur  Benkamla,  « depuis le processus de réforme bancaire de 2000, l'environnement bancaire et financier s'est certes amélioré du point de vue des investisseurs étrangers, mais il ne répond toujours pas aux besoins de ces derniers et il risque également d’accroître la volatilité ». Un constat apporté sur la base de conclusions d’un rapport de la CNUCED sur l'examen de la politique de l'investissement en Algérie, selon lequel, « le secteur bancaire a connu des mutations, mais reste marqué par des archaïsmes à la fois dans les méthodes de gestion et dans la gamme des produits offerts aux opérateurs économiques ». Il explique, dans le même contexte, que la tendance baissière des IDE en Algérie ne constitue pas un cas spécifique, mais elle « suit la tendance mondiale qui est liée à la planification et à la maturité des projets d’investissements, voire à l’attentisme des investisseurs dans le contexte de crise économique mondiale ». Il souligne également que «le financement de l'économie algérienne est actuellement assuré par le recours au Trésor public et le secteur bancaire correspondant à une économie d'endettement, sachant que les mécanismes de financement en place sont le fait exclusif des banques publiques». En conséquence, ce financement, tel que structuré, «est pour une très grande part assuré sous forme de distribution directe de crédits par les banques de la place, et non par le recours aux marchés internationaux de capitaux». Il conclut, à ce titre, que «le financement intérieur des agents économiques non financiers a été assuré pour 97,9 % par le secteur bancaire et pour seulement 2,1 % par le marché financier». Le professeur Benkamla précise que «le secteur bancaire algérien ne dépend des marchés internationaux de capitaux que de manière très limitée, et ce, au travers des besoins éventuels de financement à court terme des banques étrangères opérant en Algérie pour souscrire à la réglementation prudentielle relative aux ratios de solvabilité en vigueur». Dans son analyse, il met en évidence, toutefois, «la stabilité et la solidité du secteur bancaire et financier algérien» qui «traduit une volonté de respecter ses engagements internationaux pour couvrir une hausse éventuelle des risques qui résulterait des variations du cycle économique».    
D. Akila
 

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