mardi 20 aot 2019 15:08:32

Aïd-el-Adha, Abattage anarchique : Décharges à ciel ouvert

Des actions collectives et quotidiennes à entreprendre.

PUBLIE LE : 14-08-2019 | 0:00
Ph : Wafa

Les Algériens ont célébré, dimanche, à l’instar de tous les musulmans à travers le monde, la fête de l’Aïd-el-Adha, en procédant au rituel du sacrifice du mouton dans une ambiance de piété, de communion et de joie. Or, cette ambiance est souvent gâchée par la prolifération  de déchets de mouton.

Un scénario désolant qui revient à chaque fête religieuse du sacrifice. Les cités et quartiers se transforment  en abattoirs collectifs ne respectant que rarement les règles sanitaires et d’hygiène, et ce malgré les différentes campagnes de sensibilisation menées par les médias (radio, télévision et journaux, réseaux sociaux… ) et les ministères (santé et environnement)… Avant le jour J et durant une semaine ou plus, ces cités se transforment en écuries. Des bottes de foin mêlées à de la gadoue jonchent les trottoirs, l’entrée des immeubles, et même les cages d’escaliers et les balcons se sont transformés en bergeries pour ovins. Le constat des lieux laisse à dire que ces cités deviennent «des étables et que tout le monde s’incline devant les nuisances des mauvaises odeurs. Il est aussi important de dire que le problème du manque d’hygiène existe tout au long de l’année. Nos quartiers et nos cités « souffrent » du jet anarchique des détritus, des bacs à ordures qui débordent suite à l’insuffisance de leurs nombre par rapport au nombre d’habitants, des sacs de poubelles jetés par-ci  par-là, le non-respect des heures de ramassage… Ainsi, l’après midi du jour du sacrifice, il suffit de faire un tour dans les cités de la capitale pour constater cet « état grave et désolant » du manque d’hygiène et d’insalubrité. Constat des lieux, la majorité des algériens « ne respectent » pas les prescriptions d’hygiène et recourent à un abattage anarchique. Cette situation alarmante peut être inversée si on pense à aménager des espaces pour l’hébergement et l’abattage du mouton. La tâche ne concerne pas seulement les hautes autorités qui construisent ces cités, mais elle touche aussi le citoyen et le mouvement associatif, et par le biais de ces derniers, les comités de quartiers. Ces derniers, « normalement », jouent un rôle important dans le renforcement du lient social entre les habitants, surtout, et d’une manière particulière dans les cités qui enregistrent « des difficultés » et connaissent notamment des problèmes sociaux récurents, à l’instar de l’échec scolaire, la violence, le taux de chômage élevé, le manque d’hygiène et des opérations de sensibilisation… ces comités sont souvent créés ou animés par des associations de quartiers, qui ont aussi un rôle prédominant, celui de représenter les habitants de ces cités au niveau des institutions de la tutelle (APC, daïras, wilayas, ministères…). Malheureusement,  on enregistre une grande absence du mouvement associatif et des comités de quartiers. Rares d’entre eux ceux qui travaillent sérieusement pour le bien-être de leurs quartiers. Sachant que dans le cas de cette fête religieuse, le mouvement associatif, par le biais des comités de quartiers, joue un rôle « clé » dans l’éveil du sens du civisme chez ces habitants en s’organisant à mettre en place un dispositif d’abattage, des équipes qui se chargent du ramassage et la gestion des déchets avant et après l’Aïd. Des équipes qui se chargent de nettoyer les lieux au bonheur des habitants qui pourront profiter pleinement de cette occasion sans contraintes et dans un climat sein. Il faut bien noter que seul le civisme des citoyens peut inverser la situation en faisant régner la propreté pendant cette fête, une fois le sacrifice accompli, pour atteindre le degré de la joie complète.
Kafia Ait Allouache

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