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Tourisme culturel, Virée chez les Algériens de Montréal : La rue Jean-Talon ou le « Petit Maghreb »

Au Canada, on est tout simplement canadien !

PUBLIE LE : 13-08-2019 | 1:00
D.R

Une forte communauté algérienne est installée depuis belle lurette à Montréal, capitale culturelle de la province du Québec et du Canada, tandis qu’Ottawa, la capitale fédérale, et Toronto, la capitale économique — tout en étant celle de la province de l’Ontario —, en abritent aussi, mais en nombre inférieur.

Pour en revenir aux Algériens de Montréal, on a, de prime abord, le sentiment qu’ils sont si bien intégrés au pays d’accueil qu’on se demande, à la limite, si on n’aurait pas à faire à des Québécois, voire à des Canadiens de souche. Tant mieux, dirions-nous, dans la mesure où il s’agit-là, grosso modo, de ressortissants de niveau universitaire pour la plupart d’entre eux ; autrement dit de cadres supérieurs algériens ayant choisi depuis belle lurette, pour diverses raisons, de vivre sous des cieux bien plus cléments que le nôtre, en l’occurrence sous le ciel du pays de l’érable.
Et surtout n’allez pas croire qu’ils ont pour autant oublié le pays natal, voire coupé le cordon ombilical d’avec les entrailles algériennes où se trouve le plus gros de leurs familles. Bien au contraire, le lien demeure d’autant plus fort avec celles-ci qu’il est renforcé depuis peu par des technologies numériques de plus en plus démocratisées. Ce qui permet à ces ressortissants, grâce aux contacts qu’ils entretiennent fréquemment avec le «bled», d’être au courant de toute l’actualité non seulement du village ou de la ville d’origine, mais du pays tout entier.
Cela dit, il y a la praxis quotidienne au pays de l’érable. Celle-là même, nous étions-nous jusque-là imaginé, dont on pourrait à priori penser qu’elle est difficilement praticable par les ressortissants étrangers. Eh bien, figurez-vous que non !  Car cette praxis-là, à bien y regarder, nous semble assumée plutôt de la façon la plus ordinaire qui soit. Entendre par là que parmi les quelques Algériens rencontrés en diverses circonstances et en des endroits divers, la plupart d’entre eux, sans exagérer, présentent des niveaux  intellectuels élevés : ce qui, de toute évidence, leur confère, par la même, des aptitudes à occuper des postes tout aussi élevés au sein de la hiérarchie socioprofessionnelle canadienne.

Au Canada, on est tout simplement canadien !

Pour ne pas avoir à citer trop de monde, disons seulement, pour exemples, que l’un d’entre eux est professeur de lycée à Laval, dans la proche banlieue résidentielle montréalaise, tandis que l’autre — une dame — est tout simplement à la tête d’un autre établissement secondaire  — un lycée aussi — dans la même banlieue. Pour ce qui le concerne, un troisième ressortissant algérien exerce en qualité de chef cuisinier dans un restaurant à spécialités asiatiques, ce qui n’est pas peu, loin s’en faut.
Ceci juste pour vous donner un aperçu, si maigre soit-il, du haut degré d’intégration de la communauté algérienne au Canada en général, au Québec en particulier. Dans ce contexte particulier, il y a sûrement une histoire de langue commune pour partage, en l’occurrence le français ; sinon, l’apprentissage de l’anglais, par nécessité, n’aurait pas été plus difficile que celui de n’importe quelle autre langue, du moment que bon nombre de ressortissants algériens présentent des facultés d’adaptation — d’ordres linguistique et autres — tout à fait remarquables.
Bref, eu égard à la législation du pays d’accueil, il serait très inconvenant, voire répréhensible d’indiquer, ou de dire tout haut la nationalité d’origine du ressortissant établi au Canada, soit-il Algérien, Italien ou Javanais d’origine. Au Canada, on est tout simplement Canadien ! Et gare à celui qui montrerait du doigt un voisin en indiquant sa nationalité d’origine : il se verrait non seulement verbalisé lourdement, mais il risque, à la limite, d’être emmené au poste de police le plus proche où il aurait à répondre de son acte prévu et puni par la loi canadienne. 
C’est dire à quel point le respect de l’autre — en un mot de l’altérité — est non seulement une vertu cardinale au pays de l’érable, mais se trouve, de surcroît, être institutionnalisé par des textes de loi qui garantissent la sécurité pour tous les ressortissants, sans aucune exception.
Ah, si nous autres Algériens pouvions seulement nous en inspirer, à l’avenir…
Non seulement pour nous-mêmes dans notre diversité culturelle, mais pour les ressortissants autres que musulmans, pourquoi pas… Il suffirait juste de bien relire la Proclamation du 1er Novembre 1954, qui non seulement «garantit» ce respect de l’Altérité, mais le consigne  noir sur blanc dans ce document historique fondateur de la République Algérienne Démocratique et Populaire… N’est-ce pas ?
Kamel Bouslama
 

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